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Sans vent ni marrée, en tremblements, les feux de Bengale dans le golf sont éteints.
En larmes innocentes, errent les ombres des âmes que les parents cherchent en vain.
L’odeur des cadavres jonche la douceur disparue sous la vague qui répand la faim.
Dans la fange, la détresse s’ébranle ; lubrique, la mort à tout engloutie, prenant soin
De laisser là quelques témoins, déboussolés, en cohortes anarchiques et désordonnées…
De l’Inde à l’Asie en Indonésie, s’éventrent les rirent des pleures de vie déchirée.
La guerre d’à côté se tait un instant, muette, peut être jalouse d’un massacre dérobé,
Où bourreaux et victimes émondent l’actualité, scrutent le ciel en pensées déroutées...
O terres sacrées des dieux anciens, O terres nouvelles aux dieux modernes, O céans,
Qui est ce maître qui scelle nos destins ? Quelle est celui qui parle à ma plume ?
Aimons--nous sans rancune, aidons-nous sans fortune, Apprivoisons cette brume…
La voix blanche de la raison trébuche dans l’espace sans fond de ces mœurs troublantes.
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Suis-je morte ? J’entends pourtant le vivant de la vie qui supplie, s’épouvante et frisonne !
Ange
(1er jet- 01/01/05)
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