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J'ai connu des poètes qui sont morts célèbres,
Et savaient en mourant qu'ils seraient oubliés
Aussitôt terminé le service funèbre,
Et les talons tournés du dernier ouvrier...
Je sais que le Destin est une obscure algèbre ;
Qu'à la raison le sort ne s'est jamais plié.
Que l'avenir humain finit dans les ténèbres,
Qu'à la mort en naissant nous sommes tous liés...
Nos seuls instants heureux, le temps va les reprendre.
On nous fera payer d'avoir été trop tendres,
Trop aimants, trop joyeux, trop épris de beauté...
Mais qu'importe après tout de savoir si ma tombe
Verra des pèlerins venir la visiter
Ou seulement les pas hésitants des colombes ?
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