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Lorsque je parle en moi
J’ai vu l’ombre du temps étreindre les pénombres
Aux visages des peurs où l’on va ses détours,
Accueilli simplement à la ruelle sombre
Le pas que je posais à certains alentours ;
Il ne me reste rien que l’éphémère urgence
Où le deuil a brouillé la croix de mon destin,
Je m’agenouille ici à mes propres offenses
Dont l’univers entier ne connaît les matins ;
Qu’importe le secret posé là sur mon cœur
Lorsque à ne plus savoir l’autre jour exister
Celui qui eut, par-là, quelque endroit de tiédeur
Où je ne vis des yeux l’aube des libertés ;
L’incessante promesse, hébétée que j’implore
Là-même où le savoir est un chemin d’oubli,
Etouffe l’irraison des éclipses en or
Où j’aurais quelquefois pu éviter la pluie ;
Je ne sais ni de moi, ni de l’autre… personne
Ne peut plus implorer là-même où je deviens
Comme entre ces vallons ces échos qui résonnent
Lorsque je parle en moi, là, où je me souviens.
Alain Girard
Avril 2005 Copryright Tous droits réservés
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