L'ennui
je suis seul avec l’ennui qui ne veut plus sortir
qu’on enferme en soi pour le meilleur et le pire
et qui se propage dans ma chambre blafarde
et qui me colle à la peau et à mon l’âme malade
le temps passe et repasse dans ma tête vide
chaque seconde s’attarde à ma porte livide
je remplis le vacuum de l’instant trop bête
en cherchant le bruit sot de quelque fête
le silence de l’ennui est celui du néant noir
la nuit où plus rien ne vient et plus rien ne va
c’est le calme plat le calme du désespoir
l’ennui me colle à la peau et je suis à plat
l’ombre de la mort pénètre ma chair et mes os
mon dos frissonne c’est le chaos et je suis k.o.
qu’on enferme en soi pour le meilleur et le pire
et qui se propage dans ma chambre blafarde
et qui me colle à la peau et à mon l’âme malade
le temps passe et repasse dans ma tête vide
chaque seconde s’attarde à ma porte livide
je remplis le vacuum de l’instant trop bête
en cherchant le bruit sot de quelque fête
le silence de l’ennui est celui du néant noir
la nuit où plus rien ne vient et plus rien ne va
c’est le calme plat le calme du désespoir
l’ennui me colle à la peau et je suis à plat
l’ombre de la mort pénètre ma chair et mes os
mon dos frissonne c’est le chaos et je suis k.o.
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3 commentaires
oliverjane1950 · le vendredi 17 février 2012 à 08:57
AU LECTEUR
La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.
Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.
Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.
C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent.
Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.
Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.
Serré, fourmillant comme un million d'helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons,
Et quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.
Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.
Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,
Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes, ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde.
C'est l'Ennui!- L'oeil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère!
Charles Baudelaire
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
myosotis · le samedi 18 février 2012 à 16:48
http://www.mespoemes.net/myosotis
marcek · le mercredi 22 février 2012 à 00:51
Je ne m'ennuie jamais, mais me suis beaucoup ennuyée dans mon enfance : et je me rends compte que mon imaginaire en a été nourri...alors ennuyons-nous joyeusement ! LOL!
http://www.mespoemes.net/marcek
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