Livre vide
Nuit d'Avril à Paris
Nuit trop lourde, nuit trop lisse
Nuit si douce où tout glisse
Livre vide, rien d'écrit
Nuit d'Avril, invincible torpeur, indolence
Support insensible des heures qui s'écoulent
Soutien immobile des leurres qui nous soûlent
Rempart indestructible, illusion de silence
Nuit d'Avril, si fragile, désespoir, inconscience
Nuit d'Avril, si stérile, étrange indifférence
Nuit d'Avril, si futile, encerclée d'évidences
Manteau noir, songe puéril, masque, décor, apparence
Nuit d'Avril inutile, noyée dans un brouillard dense
Nuit d'Avril trop tranquille, où seules quelques ombres dansent
Encre épaisse invisible qui imprime avec innocence
Les signes imperceptibles d'une étrange souffrance
Oeil ouvert, impassible, indicible insolence
Nuit d'Avril si habile à masquer la violence
Rêve qui file, impossible, idéal trop immense
Qui désigna la mort comme ma seconde chance
Fièvre avide, rire acide, puis ironie glaciale
La fin des mots se fond avec les initiales
Larmes rouges, j'ai jeté toute ma haine sur le sol pâle
J'ai traîné toute ma peine, maintenant je n'ai plus mal
J'ai recouvert la scène, pour ne pas qu'elle soit sale
D'un tissu de paroles et de poussière d'étoiles
Lettres molles, détresse folle, et pourtant si banale
Dont le sens se dérobe mais lentement s'étale
Fièvre livide, lèvres arides, mes fières pensées vacillent
Libre et vide, je m'évade de cette froide coquille
Etranges noces, qui lient un mensonge éhonté
A un temps imaginaire jamais décompté
Nuit d'Avril, ce décor qui défile et s'enfuit
Tout ne tient qu'à un fil, je décide, ça me grise
Un dernier battement de cil, tout se voile, tout se brise
Je m'en fiche, je m'ennivre, je m'enlise, c'est fini
Nuit d'Avril, ce néant abyssal qui s'ensuit
Nuit d'Avril, tout m'est tellement égal, tout s'essuie
sueur et suie, sang, ennui, échecs, peurs et envies
Tout y passe, je m'éclipse, je m'efface, sans un bruit
Nuit d'Avril, bientôt l'aube, combien de temps suis-je partie ?
Toi, Manu, tes mains nues sur mes poignets humides
Serrant fort mes blessures et mes espoirs trahis
Vois, ma rage ingénue à présent se débride
Ame menue qui se meurt, déçue, presque humiliée
De n'avoir connu le dénouement escompté
Nuit d'Avril, je voulais faire de toi mon alliée
Ma sinistre douleur je te voyais dompter
Nuit d'Avril, livre vide, je n'ai rien raconté
Trop facile de maudire ce geste dit "insensé"
Trop facile de médire face aux sombres pensées
Que tous croyaient combattre de leur feinte bonté
Nuit d'Avril insipide, j'ai treize ans, je suis stupide
Nuit d'Avril, les mots flanchent mais reviennent, perfides
Nuit d'Avril, livre vide, viendras- tu me hanter
Tes pages blanches parviendrai-je un jour à compléter ?
Nuit d'Avril, livre vide, lourd calice renversé
Manu pourquoi m'avoir de tant d'amour bercée ?
Manu pourquoi ne t'ai-je point à mon tour sauvé
Lorsque sept ans plus tard...livre vide...inachevé...
Manu pardon, ma place était à ton chevet
Mais qui eût cru que tu ne faisais que passer
Que tes rires insouciants devaient un jour cesser
Nuit d'Avril, laisse maintenant le jour se lever
Livre vide, laisse-moi maintenant te refermer...
Nuit d'Avril à Paris, J'ai vingt ans ans et je vis
Quelquefois mon coeur court, quelquefois mon corps crie
Quelque chose en moi hurle et me brûle, mais j'en ris
Je suis là, nuit d'Avril, je suis là, j'ai choisi
Nuit trop lourde, nuit trop lisse
Nuit si douce où tout glisse
Livre vide, rien d'écrit
Nuit d'Avril, invincible torpeur, indolence
Support insensible des heures qui s'écoulent
Soutien immobile des leurres qui nous soûlent
Rempart indestructible, illusion de silence
Nuit d'Avril, si fragile, désespoir, inconscience
Nuit d'Avril, si stérile, étrange indifférence
Nuit d'Avril, si futile, encerclée d'évidences
Manteau noir, songe puéril, masque, décor, apparence
Nuit d'Avril inutile, noyée dans un brouillard dense
Nuit d'Avril trop tranquille, où seules quelques ombres dansent
Encre épaisse invisible qui imprime avec innocence
Les signes imperceptibles d'une étrange souffrance
Oeil ouvert, impassible, indicible insolence
Nuit d'Avril si habile à masquer la violence
Rêve qui file, impossible, idéal trop immense
Qui désigna la mort comme ma seconde chance
Fièvre avide, rire acide, puis ironie glaciale
La fin des mots se fond avec les initiales
Larmes rouges, j'ai jeté toute ma haine sur le sol pâle
J'ai traîné toute ma peine, maintenant je n'ai plus mal
J'ai recouvert la scène, pour ne pas qu'elle soit sale
D'un tissu de paroles et de poussière d'étoiles
Lettres molles, détresse folle, et pourtant si banale
Dont le sens se dérobe mais lentement s'étale
Fièvre livide, lèvres arides, mes fières pensées vacillent
Libre et vide, je m'évade de cette froide coquille
Etranges noces, qui lient un mensonge éhonté
A un temps imaginaire jamais décompté
Nuit d'Avril, ce décor qui défile et s'enfuit
Tout ne tient qu'à un fil, je décide, ça me grise
Un dernier battement de cil, tout se voile, tout se brise
Je m'en fiche, je m'ennivre, je m'enlise, c'est fini
Nuit d'Avril, ce néant abyssal qui s'ensuit
Nuit d'Avril, tout m'est tellement égal, tout s'essuie
sueur et suie, sang, ennui, échecs, peurs et envies
Tout y passe, je m'éclipse, je m'efface, sans un bruit
Nuit d'Avril, bientôt l'aube, combien de temps suis-je partie ?
Toi, Manu, tes mains nues sur mes poignets humides
Serrant fort mes blessures et mes espoirs trahis
Vois, ma rage ingénue à présent se débride
Ame menue qui se meurt, déçue, presque humiliée
De n'avoir connu le dénouement escompté
Nuit d'Avril, je voulais faire de toi mon alliée
Ma sinistre douleur je te voyais dompter
Nuit d'Avril, livre vide, je n'ai rien raconté
Trop facile de maudire ce geste dit "insensé"
Trop facile de médire face aux sombres pensées
Que tous croyaient combattre de leur feinte bonté
Nuit d'Avril insipide, j'ai treize ans, je suis stupide
Nuit d'Avril, les mots flanchent mais reviennent, perfides
Nuit d'Avril, livre vide, viendras- tu me hanter
Tes pages blanches parviendrai-je un jour à compléter ?
Nuit d'Avril, livre vide, lourd calice renversé
Manu pourquoi m'avoir de tant d'amour bercée ?
Manu pourquoi ne t'ai-je point à mon tour sauvé
Lorsque sept ans plus tard...livre vide...inachevé...
Manu pardon, ma place était à ton chevet
Mais qui eût cru que tu ne faisais que passer
Que tes rires insouciants devaient un jour cesser
Nuit d'Avril, laisse maintenant le jour se lever
Livre vide, laisse-moi maintenant te refermer...
Nuit d'Avril à Paris, J'ai vingt ans ans et je vis
Quelquefois mon coeur court, quelquefois mon corps crie
Quelque chose en moi hurle et me brûle, mais j'en ris
Je suis là, nuit d'Avril, je suis là, j'ai choisi
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