Je deviendrai
A force de regarder passer la vie
Comme on marque une pause sur le bord du chemin
Comme on cesse de nager au cœur de l’océan
Tout étonné de voir des poissons plus véloces
A force de dormir dans un lit de prudence
Et de me faire amant de la fragilité
A force de pleurer trop souvent
Et de rire trop peu
Trop oublier de rire
A force d’avoir peur
De toutes mes envies
Autant que d’envier jusqu’au suc de la peur
A force d’avancer à petits pas menus
Comme on touche du feu
Ou qu’on pétrit du froid
A force de n’avoir ni rimes ni raisons
Dans le poème idiot
Que compose ma vie
Je suis devenu pierre
De ces galets si ronds
Qu’ils roulent sous les doigts
De ces cailloux si doux
Que les gosses balancent
En lisière de l’eau
Pour les faire bondir
Je suis devenu vent
Bizarre blizzard blanc
Simoun ou sirocco
De ces vents insensés
Qu’on invente en vivant
A mesure tombés
Qu’ils s’en étaient levés
Je suis devenu l’eau
Des larmes de la source
A la douleur des mers
Je suis devenu l’eau
Qui se prend à pleuvoir
Sans même s’en douter
Qui se plaît à rouler
Sur la vitre du temps
Et quand j’achèverai
Ma mue d’être vivant
Et quand sonnera l’heure
De ne plus avoir peur
Je deviendrai la terre
Qu’on tasse avec le pied
Au fond du cimetière
Décembre 2017
Comme on marque une pause sur le bord du chemin
Comme on cesse de nager au cœur de l’océan
Tout étonné de voir des poissons plus véloces
A force de dormir dans un lit de prudence
Et de me faire amant de la fragilité
A force de pleurer trop souvent
Et de rire trop peu
Trop oublier de rire
A force d’avoir peur
De toutes mes envies
Autant que d’envier jusqu’au suc de la peur
A force d’avancer à petits pas menus
Comme on touche du feu
Ou qu’on pétrit du froid
A force de n’avoir ni rimes ni raisons
Dans le poème idiot
Que compose ma vie
Je suis devenu pierre
De ces galets si ronds
Qu’ils roulent sous les doigts
De ces cailloux si doux
Que les gosses balancent
En lisière de l’eau
Pour les faire bondir
Je suis devenu vent
Bizarre blizzard blanc
Simoun ou sirocco
De ces vents insensés
Qu’on invente en vivant
A mesure tombés
Qu’ils s’en étaient levés
Je suis devenu l’eau
Des larmes de la source
A la douleur des mers
Je suis devenu l’eau
Qui se prend à pleuvoir
Sans même s’en douter
Qui se plaît à rouler
Sur la vitre du temps
Et quand j’achèverai
Ma mue d’être vivant
Et quand sonnera l’heure
De ne plus avoir peur
Je deviendrai la terre
Qu’on tasse avec le pied
Au fond du cimetière
Décembre 2017
2 commentaires
aurorefloreale · le vendredi 29 décembre 2017 à 20:09
Martine (mots doux,mots d'Où ) · le samedi 30 décembre 2017 à 09:07
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