Le dernier poème
Ne me secouez pas :
Je suis plein de larmes
Henri Calet
I
Je suis mort
Mais je suis pour l’instant le seul à le savoir
Je suis mort en poésie
Pourtant le monde a des couleurs
Je sais bien Je sais bien
Et les filles sont belles Et les enfants sourient
Je le sais Je le sais
Mais moi je suis mort
Décapité d’amour
Tombé au champ d’horreur
Médaille du souvenir et légion d’ailleurs
Je ne toucherai plus
De la pulpe des doigts
L’intérêt des étoiles
Et mon œil plus jamais
Enivré de plaisir
Ne tournera vers l’astre
L’heure est venue pour moi
De m’asseoir dans un coin
Pour vous regarder vivre
Je compresse à deux mains
La blessure grande ouverte
Attendant que se referme
Le trou dedans mon cœur
Et que sortent de moi les pustules d’aimer
J’attends d’être à nouveau
Capable de marcher
Je suis mort Et bien mort
Je bouge encore bien sûr Je bouge encore
Les cadavres vous ont d’agaçantes manières
Ils miment les vivants
On dirait qu’ils en sont
Jamais plus je n’irai
Dans ce coin de miracle
Où la terre et le ciel ne se distinguent plus
Jamais plus je n’irai
Dans les pays d’or pur
Ce sont trop de folies
Je fermerai ma vie
Comme on ferme un journal
Le pliant dans la poche
Les nouvelles étaient fraîches
Elles ont dû l’être un jour
Et maintenant qu’importe
Je suis mort en poésie
II
Apprendre
Tout est toujours apprendre
Apprendre à accueillir en soi
L’air glacé du matin qu’on respire
Ne plus tant penser à soi
Que penser à se connaître
Attendre
C’est aussi attendre
Attendre le jour enfin où l’on s’éveillera
Réconcilié
Avec soi
Ne plus désormais dépendre de la chair de l’autre
Pour exister
Apprendre Attendre
Prendre bien sûr quelques résolutions
Celle d’enfermer son cœur malade
Dans la cage de la prose
Celle de ne s’écouter qu’à moitié
Comme on écoute un pleur d’enfant
Mais garder le rythme de l’animal
Et ré-apprendre
Ré-apprendre à sourire petit à petit
Comme on se jette à l’eau Comme on se prend au jeu
Ré-apprendre à sourire
Millimètre par millimètre
Et juste garder en soi l’idée
L’idée folle mais honnête
Qu’un jour on pourra
Rire à nouveau
Mais sans elle
27 octobre 2010
Je suis plein de larmes
Henri Calet
I
Je suis mort
Mais je suis pour l’instant le seul à le savoir
Je suis mort en poésie
Pourtant le monde a des couleurs
Je sais bien Je sais bien
Et les filles sont belles Et les enfants sourient
Je le sais Je le sais
Mais moi je suis mort
Décapité d’amour
Tombé au champ d’horreur
Médaille du souvenir et légion d’ailleurs
Je ne toucherai plus
De la pulpe des doigts
L’intérêt des étoiles
Et mon œil plus jamais
Enivré de plaisir
Ne tournera vers l’astre
L’heure est venue pour moi
De m’asseoir dans un coin
Pour vous regarder vivre
Je compresse à deux mains
La blessure grande ouverte
Attendant que se referme
Le trou dedans mon cœur
Et que sortent de moi les pustules d’aimer
J’attends d’être à nouveau
Capable de marcher
Je suis mort Et bien mort
Je bouge encore bien sûr Je bouge encore
Les cadavres vous ont d’agaçantes manières
Ils miment les vivants
On dirait qu’ils en sont
Jamais plus je n’irai
Dans ce coin de miracle
Où la terre et le ciel ne se distinguent plus
Jamais plus je n’irai
Dans les pays d’or pur
Ce sont trop de folies
Je fermerai ma vie
Comme on ferme un journal
Le pliant dans la poche
Les nouvelles étaient fraîches
Elles ont dû l’être un jour
Et maintenant qu’importe
Je suis mort en poésie
II
Apprendre
Tout est toujours apprendre
Apprendre à accueillir en soi
L’air glacé du matin qu’on respire
Ne plus tant penser à soi
Que penser à se connaître
Attendre
C’est aussi attendre
Attendre le jour enfin où l’on s’éveillera
Réconcilié
Avec soi
Ne plus désormais dépendre de la chair de l’autre
Pour exister
Apprendre Attendre
Prendre bien sûr quelques résolutions
Celle d’enfermer son cœur malade
Dans la cage de la prose
Celle de ne s’écouter qu’à moitié
Comme on écoute un pleur d’enfant
Mais garder le rythme de l’animal
Et ré-apprendre
Ré-apprendre à sourire petit à petit
Comme on se jette à l’eau Comme on se prend au jeu
Ré-apprendre à sourire
Millimètre par millimètre
Et juste garder en soi l’idée
L’idée folle mais honnête
Qu’un jour on pourra
Rire à nouveau
Mais sans elle
27 octobre 2010
6 commentaires
domidom · le jeudi 28 octobre 2010 à 09:51
Amitiés
dagolaborel · le jeudi 28 octobre 2010 à 10:00
http://www.mespoemes.net/dagolaborel
alto · le jeudi 28 octobre 2010 à 10:08
textes,élégants !Un peu longs pour un seul dessert ! salut !
http://www.mespoemes.net/alto
Rosytta · le jeudi 28 octobre 2010 à 11:33
Bien amicalement
Rosa
http://www.mespoemes.net/rosytta/
Wymn · le mercredi 15 décembre 2010 à 10:19
alaingirodet · le jeudi 16 décembre 2010 à 19:07
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http://www.mespoemes.net/alaingirodet
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