Le village abandonné
Oublié, déserté au flanc de la montagne,
J’ai perdu jusqu’au droit de posséder un nom.
Je laisse aller le temps comme un vieillard au bagne,
J’ai cessé de compter les sources en amont.
Je sens se corroder ce qu’il me reste d’âme,
Je ne suis plus qu’un bout, une moitié d’énigme
Et toute la journée, les vipères se pâment
Sur mes pierres chauffées par le soleil des cimes.
Sur mes murs lézardés, les guêpes font leurs nids
Et l’araignée étend sa toile en cheveux d’ange.
Moi, j’assiste impuissant à la lente agonie
Des papillons cendrés et des bêtes étranges.
Je n’ai jamais été qu’un hameau sans église,
Reflet de l’âpre espoir de gens qui ne rêvaient
Ni de havre de paix ni de terre promise
Et ont bâti des toits que l’eau du ciel lavait.
A tous les horizons, je confie ma misère
Quand le vent se fait plainte en soufflant au travers
De mes pièces sans feu, mes fenêtres sans verre,
Glacées comme la mort en été, en hiver.
Parfois, j’envie tous ceux que je n’ai pas pu suivre,
Qui sont partis là-bas où tout n’est que poussière,
Ceux qui n’ont qu’une vie finalement à vivre
Tandis que j’ai pour moi l’éternité des pierres.
J’ai perdu jusqu’au droit de posséder un nom.
Je laisse aller le temps comme un vieillard au bagne,
J’ai cessé de compter les sources en amont.
Je sens se corroder ce qu’il me reste d’âme,
Je ne suis plus qu’un bout, une moitié d’énigme
Et toute la journée, les vipères se pâment
Sur mes pierres chauffées par le soleil des cimes.
Sur mes murs lézardés, les guêpes font leurs nids
Et l’araignée étend sa toile en cheveux d’ange.
Moi, j’assiste impuissant à la lente agonie
Des papillons cendrés et des bêtes étranges.
Je n’ai jamais été qu’un hameau sans église,
Reflet de l’âpre espoir de gens qui ne rêvaient
Ni de havre de paix ni de terre promise
Et ont bâti des toits que l’eau du ciel lavait.
A tous les horizons, je confie ma misère
Quand le vent se fait plainte en soufflant au travers
De mes pièces sans feu, mes fenêtres sans verre,
Glacées comme la mort en été, en hiver.
Parfois, j’envie tous ceux que je n’ai pas pu suivre,
Qui sont partis là-bas où tout n’est que poussière,
Ceux qui n’ont qu’une vie finalement à vivre
Tandis que j’ai pour moi l’éternité des pierres.
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5 commentaires
Aquaura · le mercredi 27 août 2008 à 22:43
Dago Laborel · le jeudi 28 août 2008 à 00:50
Naeja · le jeudi 28 août 2008 à 09:19
LOU · le vendredi 29 août 2008 à 00:17
smr · le vendredi 29 août 2008 à 07:31
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