le tableau
Le tableau,
On y entrait par une porte vitrée ;
Le pas glissait sur le sol lustré.
Dans la grande pièce nue,
Seule, une longue table boisée,
Etalait des pots de toutes les couleurs,
Le blanc au centre,
L'amande avec le bistre,
L'azur non loin de l'ambre,
Le vermeil à l'opposé de l'ébène,
Et toutes les nuances sur la palette,
Un arc-en-ciel luminescent
Pointant les pinceaux vers le haut.
Dans la salle, pas de meuble,
Un grand chevalet, tourné vers la lumière,
Masquait la toile aux yeux du curieux.
L’Artiste peint sous le soleil.
Le Modèle prend la pose.
Debout, drapée d'or fin,
Dans un attitude d'une infinie douceur,
Elle déroule sa chevelure
En de longues boucles sages.
Le peintre observe la déesse, immobile.
Il prend un fuseau fin et noirci,
Il dessine les contours célestes
Que l'astre du jour sublime.
Un bras albâtre retient le pan
De la toge aux plis dentelés ;
L'autre, indolent, pend ;
La taille fine enserre la corolle
Abritant deux seins légers
Qui flottent sous le satin.
Le pinceau s'enduit d'ocre ;
La toile frémit et se colore.
La jeune éphèbe secoue sa crinière,
D'un geste félin, elle délie ses ongles fins.
L'artiste serein ne sens rien,
Il admire la parfaite image
Il la couche sur la tableau,
Il la caresse de son pinceau,
Il cherche à travers la beauté
Qui s'offre à la lumière,
A saisir l'âme splendide de la femme.
L'art se nourrit de parfums
Que sécrète la peinture.
Mouvance passionnelle
Qui fait danser l'Artiste et l'Oeuvre
Sous les yeux charmés
Du modèle aérien.
Soudain, griffant l’asphalte,
Un doigt acéré s'échappe
entre les épines des roses fragiles
Qu'il déposa à ses pieds graciles.
L'amant s'indigna de l'Achille fendu.
Satanique tâche rougeâtre
Avilissant l'étoffe virginale !
L'ultime Graal déchoit le Prince.
Fils de Médée, il immola la toile,
Le modèle et le Peintre aux yeux noirs.
Un bûcher maléfique embrassa la tanière.
Nul ne vit le tableau.
L’Histoire oublia le Maître ;
L'homme pleura la femme.
Seul, l'Art persiste à imiter
La déesse qui, de ses amants, a dérobé
Les cœurs, jalouse de l'Amour éternel
Qu'ils vouèrent à leurs précieux modèles.
ATTAL JOYCE
05/12/2011
On y entrait par une porte vitrée ;
Le pas glissait sur le sol lustré.
Dans la grande pièce nue,
Seule, une longue table boisée,
Etalait des pots de toutes les couleurs,
Le blanc au centre,
L'amande avec le bistre,
L'azur non loin de l'ambre,
Le vermeil à l'opposé de l'ébène,
Et toutes les nuances sur la palette,
Un arc-en-ciel luminescent
Pointant les pinceaux vers le haut.
Dans la salle, pas de meuble,
Un grand chevalet, tourné vers la lumière,
Masquait la toile aux yeux du curieux.
L’Artiste peint sous le soleil.
Le Modèle prend la pose.
Debout, drapée d'or fin,
Dans un attitude d'une infinie douceur,
Elle déroule sa chevelure
En de longues boucles sages.
Le peintre observe la déesse, immobile.
Il prend un fuseau fin et noirci,
Il dessine les contours célestes
Que l'astre du jour sublime.
Un bras albâtre retient le pan
De la toge aux plis dentelés ;
L'autre, indolent, pend ;
La taille fine enserre la corolle
Abritant deux seins légers
Qui flottent sous le satin.
Le pinceau s'enduit d'ocre ;
La toile frémit et se colore.
La jeune éphèbe secoue sa crinière,
D'un geste félin, elle délie ses ongles fins.
L'artiste serein ne sens rien,
Il admire la parfaite image
Il la couche sur la tableau,
Il la caresse de son pinceau,
Il cherche à travers la beauté
Qui s'offre à la lumière,
A saisir l'âme splendide de la femme.
L'art se nourrit de parfums
Que sécrète la peinture.
Mouvance passionnelle
Qui fait danser l'Artiste et l'Oeuvre
Sous les yeux charmés
Du modèle aérien.
Soudain, griffant l’asphalte,
Un doigt acéré s'échappe
entre les épines des roses fragiles
Qu'il déposa à ses pieds graciles.
L'amant s'indigna de l'Achille fendu.
Satanique tâche rougeâtre
Avilissant l'étoffe virginale !
L'ultime Graal déchoit le Prince.
Fils de Médée, il immola la toile,
Le modèle et le Peintre aux yeux noirs.
Un bûcher maléfique embrassa la tanière.
Nul ne vit le tableau.
L’Histoire oublia le Maître ;
L'homme pleura la femme.
Seul, l'Art persiste à imiter
La déesse qui, de ses amants, a dérobé
Les cœurs, jalouse de l'Amour éternel
Qu'ils vouèrent à leurs précieux modèles.
ATTAL JOYCE
05/12/2011
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3 commentaires
Loïc (administrateur) · le mercredi 21 décembre 2011 à 22:25
Afin de mieux connaître les rouages techniques et surtout humains de notre communauté, je conseille vivement la lecture de la page "Fonctionnement" sur http://www.mespoemes.net/avisdesmembres . Et pour toute question, je suis joignable sur [email protected].
Bonne continuation !
----
http://www.mespoemes.net/avisdesmembres
Lilo · le mardi 3 janvier 2012 à 00:14
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire votre "tableau". Il y a une belle fluidité dans votre poème. On a l'impression de glisser sur les vers jusqu’à la "chute". Votre récit, et surtout votre peinture des détails est faite en petite touche légère et délicieuse que j'ai savouré. Merci pour ce partage. Et bienvenue sur "mespoèmes". Amitiés Lilo
attaljoyce · le samedi 28 janvier 2012 à 19:12
http://www.mespoemes.net/attaljoyce
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