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Poésie et Pensée

Le Corps, les Signes et le Tombeau.

Le lundi 17 octobre 2011 à 01:34, posté par Avenance · 562 lectures

Le Corps, les Signes et le Tombeau.





…..A l’Ouvert sans mesure ouverts et couturés, ouverts et dessillés,
Qu’éblouit la Puissance solaire, ouverts demi-ensommeillés, Béance
Bleue et noire, une Lumière d’ombres et de clairière nous montre un
Monde à déchiffrer et à nous-mêmes des Signes difficiles, ouverts et
Séparés, ouverts et divisés, Chose et Silence perdus, un Paradis, une Eau,
Un Ventre intemporels, un Nid d’obscure souvenance et le Terrier sans
Nom d’avant les Origines, l’Enveloppe et la Bogue, un éternel Abri…..

Un Naître nous échoit à la Merveille du Dehors, à sa blessure, un Falloir,
Un Devoir dans la Contrainte et les Possibles, nous nous cherchons des
Personnages et des Refuges pour nous tenir et soutenir et charpenter le
Cartilage frêle de nos Moi, l’inconsistance des frontières, l’assaut nombreux
De Forces et Contre-Forces, du disloqué, du morcelé qui attendent leurs
Formes, des mosaïques de Visages, des cortèges de Mères et de Pères
Mêlés, terreurs, caresses, grimaces et menaces, empreintes, Voix d’anges
Et de sirènes dans la caverne de la Peau, Interdictions, Initiation. Dans la
Forêt mentale veillent les Ogres et les Bêtes…..

Histoires communes et singulières, Histoires, Légendes Ô Millénaires,
Le Corps, les Signes et le Tombeau, une langue se lève tissant les traces,
Rythmant les Marques et les Figures, récitant malgré soi l’Archaïque, les
Puissances sonores, les Fictions visuelles, les contes et les Fables que la
Raison recouvrira de sables et de voiles légers, oubli de tous commencements,
Pourtant mémoire sensible à jamais imprégnée, Ecrits, Visions, Musique….
Expérience de Soi, expérience étrangère, sur l’échiquier mental, fleurissent
L’algèbre des passions, l’immensité du Nombre, la royauté des Lois, le
Cavalier tragique, la dame tentatrice et le rire du Fou, victoires et défaites…..

Et que je n’oublie pas les fêlures des statues intérieures en miroir, figurines
D’argile et de plâtre qui peuplent les théâtres intimes, les sédiments charrués
De souffrances réelles , de plaisirs fugitifs, les drames minuscules et
Terrifiants du Dedans et du Dehors, les fleurs équivoques d’Amour et de Haine,
Le masque des Vieillesses au sablier de bronze, et que je n’oublie pas cette
Douceur pourtant toujours éperdument cherchée, fourrure des corps aimés,
Caresses infinies à jamais interdites, à jamais éloignées, cette Tiédeur divine
Comme une Idée du Cœur, comme une épaule nue infiniment humaine…….
La Loi, les Rêves et la Distance, des Voix étranges et familières naissent et
Meurent, vont et viennent tournant et récitant les histoires écrites entre le
Corps, les Signes et le Tombeau……
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6 commentaires

domidom · le lundi 17 octobre 2011 à 13:01

Pourquoi ne pas appeler ce long texte,(La vie, l'esprit et la mort), chacun de ces mots peuvent être traduit de différentes façons, c'est toutefois mon propre ressenti, te lire nécessite toujours une profonde réflexion, tout ce texte renferme un flot de vérité, mais démontre aussi un immense chaos pour l'esprit, pour trouver le concret, il faut lire et relire afin d’imprégner son cerveau d'images quelquefois immatérielles...
(Le masque de vieillesse au sablier de bronze) une très belle image d'une fin de vie...
A bientôt de te lire...
Domie...
Un texte qui exige une profonde recherche, comme tous ceux que tu écris d'ailleurs....

larose · le lundi 17 octobre 2011 à 16:36

Bonjour Avenance, encore un poème tout en douceur, merci pour ce beau partage
Bonne journée à toi
Amitiés

avenance · le lundi 17 octobre 2011 à 20:44

Bonsoir, Domie, merci de reprendre le dialogue longtemps interrompu! Tes remarques sont toujours très judicieuses et profondément perspicaces: tu vas à l'essentiel; ainsi, à propos du titre, on pourrait effectivement le traduire comme tu le fais par "La vie, l'esprit et la mort" ou bien encore par "La chair, la parole et la mort" ou "Le vivant, parlant, mourant", titres qui caractérisent tous la condition qui nous est faite. Mais j'ai voulu ici suivre au plus près la traduction des mots grecs qui ont entre eux une ressemblance curieuse: "soma: le corps qui a donné somatique, seméia: le signe qui a donné sémantique et sema: le tombeau".
L'aspect chaotique et foisonnant du texte, je m'en rends compte, j'ai la mauvaise habitude de vouloir tout dire et il est difficile de savoir s'arrêter et de savoir élaguer tant la réalité me semble complexe, enchevêtrée, inextricable comme le sont l'existence, la parole et la mort! De ce fait, le poème semble contenir plusieurs autres poèmes et se présente comme un flot souvent désordonné ou une tresse d'images difficilement lisible! On ne se refait pas facilement et s'il y a parfois des bonheurs d'écriture, il y a aussi malheureusement des manies invétérées dont on ne peut se débarrasser.
Je te promets pour la prochaine fois un poème court et aéré, ce qui ne veut pas dire forcément plus facile! "On pourrait dire, écrivait Kant, de certains textes qu'ils seraient plus courts s'ils étaient moins courts"! Je termine sur cette devinette. Merci encore pour ta lecture et tes appréciations. Amitiés. Avenance.

Avenance · le lundi 17 octobre 2011 à 20:59

Bonsoir, larose, merci pour la gentillesse de ton appréciation.Quoi de plus beau en effet que la douceur et de plus mystérieux mais aussi de plus difficile à atteindre? Amitiés. Avenance.

domidom · le lundi 17 octobre 2011 à 21:40

Dialogue interrompu, non, pas du tout!!!
Sur le dernier ou peut avant dernier texte que tu as posté, je n'ai pas eu de réponse à mon commentaire, alors, j'ai pensé que peut être j'étais complètement à coté de la plaque, le temps à passé, et je ne suis pas retourné voir, j'ai trouvé étrange ton silence, et je me suis dit, c'est bizarre, ce n'est pas l'habitude de ce cher Avenance de ne pas répondre, il est beaucoup trop respectueux pour cela, bref, ne crois pas que ton silence m'a blessé, pas du tout, mais bon, tes écrits sont ce qu'ils sont, il faut surtout ne pas hésiter à te lire et te relire, il fait fouiller , approfondir, et j'aime ça, j'aime ce que tu écris, car tes poèmes ont une âme, un sens profond, et pour pouvoir décrire son ressenti, il faudrait quelquefois faire des pages de commentaires...
Les clichés que tu décris ne sont pas de simples images, ils ont tous un petit quelque chose qui sort de l'ordinaire et il faut chercher, décrypter, et c'est ce qui fait toute la valeur et la richesse de tes textes...
Surtout ne change rien....
Mes amitiés...Domie...

avenance · le lundi 24 octobre 2011 à 21:46

Bonsoir, Domie, heureux de savoir que le dialogue n'est pas interrompu! J'avais tout simplement oublié de répondre à ton commentaire, ayant cru l'avoir déjà fait. Heureux également de savoir que tu aimes mes textes malgré leur difficulté. Je reconnais qu'ils sont parfois un peu hermétiques et qu'ils demandent une lecture et une relecture lentes et attentives. J'espère ne pas chercher la difficulté pour la difficulté, ce qui serait ridicule mais c'est le Réel lui-même qui m'apparaît ainsi: difficile, enchevêtré, compact, dense, complexe, non-évident! Et je pense qu'il convient de lui correspondre dans la parole et la pensée pour en dire la teneur et la densité. D'innombrables perspectives se présentent sans cesse, d'innombrables images se suivent ou se superposent un peu comme dans un tableau cubiste ou un collage surréaliste. Et voilà qu'il faut accueillir puis combiner cette masse de mots et de phrases pour en extraire la signification ou plutôt les significations multiples. J'ai toujours aimé en poésie cette autre langue dans la langue habituelle et qui demande traduction, déchiffrement......A bientôt. Amitiés. Avenance.

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