En un couplage obscur.
…..Au butoir du Pensable et quand les mots viennent tourner sur les Limites,
Je songe en vain et les mains vides, à ce couplage obscur qui nous traverse et
Nous déchire, tout Temps sans doute et tout Espace, je songe aux ultimes
Instances qui fondent et qui emportent et s’enfoncent au Sans Fond, Formes
Étranges de Vies, quand les mots tournent aux lisières dans l’impuissance du
Nommer, je songe au couple étrange de la Passivité et du Possible, je songe
Au legs du Corps, aux cartographies intérieures de la Chair dont nous portons
Et le texte et le poids, ossatures et pulpes, veinures, respiration, je songe aux
Premières Membranes, un Dedans, un Dehors, et aux Métamorphoses dans le
Combat pour Être…..Un Vieillir de toujours qui permet et retire…..
Venez et voyez, ce Regard à perte de vue, ce Sol à perdre pied, où trébucher,
Cette Eau aporétique où nous eûmes Naissance, cet Ombilic qui nous est
Cicatrice et marque de blessure, l’œuvre du Temps à ne pouvoir saisir, cette
Terre que nous n’habitons pas vraiment, néotènes et nomades d’une Nature
Perdue, une Chose absentée que nous cherchons sans cesse comme une Joie
Sans fin, comme une Exactitude…..Et les Peurs archaïques qui ne nous
Quittent pas, la Décomposition et l’horreur de l’Inerte qui nous circonviendra,
Voyez la Frénésie des sens à se combler et la Faim et la Soif, ces vertiges du
Corps qui ne nous laissent pas, le marais des Passions où tournent le Rêve et
La Folie, les Interdits. Voyez les Dominances, les Soumissions et l’invention
Des Dieux pour conjurer l’Enigme, les Techniques et les Ruses pour les
Tiédeurs, les Gratifications…..
Corps consumés d’un beau feu noir, ni les Soifs ne seront apaisées ni les Faims
Assouvies, Ô animaux inexacts habités d’appétences et de désirs illimités, en
Vérité, il faut des Liturgies, des Œuvres, pour la Passivité et le Possible et des
Adorations perpétuelles pour la Merveille d’Être et les Merveilles du Hasard,
Pour la Chance des sens et la Rencontre, pour le Change et l’Eternité de la Mort,
Pour la Trace et l’Echo, l’infinité de la Parole d’âge en âge, pour l’Insu et
L’Etrange qui hantent et trouent l’opacité des Choses, pour l’Orient du
Connaître que nous ne connaîtrons jamais et pour l’Imperfection qui permet le
Vivant et accroît le Désir, pour l’Attente et l’Oubli, le Souvenir qui multiplient
Les Signes, l’Epaisseur du Silence qu’il nous est donné d’écouter, pour le Oui
Et le Non qui s’enlacent et s’entraiment, labyrinthe absolu, se nouent et se
Dénouent depuis les Origines, pour les Jours et les Nuits qui rythment le Sensible,
Ne reviendront jamais les mêmes, Adorations, Œuvres et Liturgies pour le Temps
Imparti que nous savons trop bien, pour les langues nombreuses qui murmurent
En Absence, en Affabulations et en Reviviscences, et des Implorations contre la
Cécité du Sort, la Cruauté, des Suppliques secrètes au fond de chaque Soi, la
Retenue et la Tendresse, une Nature seconde, la Paix comme une impossible
Promesse……
Ô Passivité, Possible!……
Je songe en vain et les mains vides, à ce couplage obscur qui nous traverse et
Nous déchire, tout Temps sans doute et tout Espace, je songe aux ultimes
Instances qui fondent et qui emportent et s’enfoncent au Sans Fond, Formes
Étranges de Vies, quand les mots tournent aux lisières dans l’impuissance du
Nommer, je songe au couple étrange de la Passivité et du Possible, je songe
Au legs du Corps, aux cartographies intérieures de la Chair dont nous portons
Et le texte et le poids, ossatures et pulpes, veinures, respiration, je songe aux
Premières Membranes, un Dedans, un Dehors, et aux Métamorphoses dans le
Combat pour Être…..Un Vieillir de toujours qui permet et retire…..
Venez et voyez, ce Regard à perte de vue, ce Sol à perdre pied, où trébucher,
Cette Eau aporétique où nous eûmes Naissance, cet Ombilic qui nous est
Cicatrice et marque de blessure, l’œuvre du Temps à ne pouvoir saisir, cette
Terre que nous n’habitons pas vraiment, néotènes et nomades d’une Nature
Perdue, une Chose absentée que nous cherchons sans cesse comme une Joie
Sans fin, comme une Exactitude…..Et les Peurs archaïques qui ne nous
Quittent pas, la Décomposition et l’horreur de l’Inerte qui nous circonviendra,
Voyez la Frénésie des sens à se combler et la Faim et la Soif, ces vertiges du
Corps qui ne nous laissent pas, le marais des Passions où tournent le Rêve et
La Folie, les Interdits. Voyez les Dominances, les Soumissions et l’invention
Des Dieux pour conjurer l’Enigme, les Techniques et les Ruses pour les
Tiédeurs, les Gratifications…..
Corps consumés d’un beau feu noir, ni les Soifs ne seront apaisées ni les Faims
Assouvies, Ô animaux inexacts habités d’appétences et de désirs illimités, en
Vérité, il faut des Liturgies, des Œuvres, pour la Passivité et le Possible et des
Adorations perpétuelles pour la Merveille d’Être et les Merveilles du Hasard,
Pour la Chance des sens et la Rencontre, pour le Change et l’Eternité de la Mort,
Pour la Trace et l’Echo, l’infinité de la Parole d’âge en âge, pour l’Insu et
L’Etrange qui hantent et trouent l’opacité des Choses, pour l’Orient du
Connaître que nous ne connaîtrons jamais et pour l’Imperfection qui permet le
Vivant et accroît le Désir, pour l’Attente et l’Oubli, le Souvenir qui multiplient
Les Signes, l’Epaisseur du Silence qu’il nous est donné d’écouter, pour le Oui
Et le Non qui s’enlacent et s’entraiment, labyrinthe absolu, se nouent et se
Dénouent depuis les Origines, pour les Jours et les Nuits qui rythment le Sensible,
Ne reviendront jamais les mêmes, Adorations, Œuvres et Liturgies pour le Temps
Imparti que nous savons trop bien, pour les langues nombreuses qui murmurent
En Absence, en Affabulations et en Reviviscences, et des Implorations contre la
Cécité du Sort, la Cruauté, des Suppliques secrètes au fond de chaque Soi, la
Retenue et la Tendresse, une Nature seconde, la Paix comme une impossible
Promesse……
Ô Passivité, Possible!……
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8 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 28 janvier 2013 à 10:22
A l'issue de ce long poème, pérégrination de l'âme dans un long voyage où l'on fait des rencontres....avec soi-même, finalement, la "chose absentée" n'est-elle pas cette partie de nous-même que nous n'avons jamais réussi à rencontrer ? Tu évoque en effet ce/ces SOI à la fin de ton long chemin/poème.
Tu le sais sans doute, en psychanalyse, le SOI serait le lieu virtuel où s'unifient le conscient et l' inconscient. Il parait que cette rencontre est des plus bénéfiques ?????
Tu évoques la triade "Désir-attente-oubli". Le désir, dans toutes ses acceptions possibles, puisque le "désir" n'est pas défini qu'avec une seule co-notation charnelle et ne serait rien d'autre qu'un MANQUE. Un...."manque à être" comme le définissait presque poétiquement et très lucidement Lacan. Tu termine ton écrit en évoquant/invoquant les champs du Possible. Ce possible est toujours....possible ! Dans la passivité ? Dans ce voyage immobile où le Temps n'existe plus pour nous, figé dans une immobilité statufiante alors qu'autour de nous, le temps de Vie continue à dérouler son tapis, inexorablement ?
Voici quelques réflexions, bien incomplètes, sur le mode de ton riche écrit. Les butoirs du Pensable ? Je ne pense pas qu'il en ait.
Tu connais simplement ma conception : la seule chose nécessaire (pour évoluer ?) c'est qu'il nous faut un pensable qui donne à penser. Amitiés, Jacques. Philip.
Domidom · le lundi 28 janvier 2013 à 15:09
Comment connaître l'épaisseur du silence, un question que souvent je me suis posée, mais qu'importe la réponse, pour moi, c'est dans le silence que souvent l'on parvient à découvrir une multitude de choses, c'est aussi au travers du silence que l'on se retrouve soi-même.
Peut-être que plus jamais nous ne connaîtrons les cérémonials d'antan, de toutes façons, je crois que ça ne servirait à rien, car malgré la course du temps qui balaie encore et encore, toutes ces imperfections, l'homme ne change pas.....
Ne nous leurrons pas, depuis le début des temps, la PAIX reste et demeure une impossibilité....
Au plaisir de te lire....
Amitiés....Domie....
larose · le lundi 28 janvier 2013 à 15:45
Je suis de même avis que Domie, l'homme ne changera jamais, on a des moments de doutes, comme le yin et le yang qui trônent notre vie!!! Merci pour ce partage!!! Bonne journée!!! Amitiés
avenance · le lundi 28 janvier 2013 à 16:12
Serait-ce en termes de psychanalyse, la tension entre les pulsions et la sublimation, entre le ça et le Surmoi, entre les forces pulsionnelles dont nous ne sommes pas les maîtres (passivité) et la canalisation de ces forces par la Loi, par la culture (les Possibles)?
Toujours est-il qu'il y a, comme tu le dis, du manque-à-être dans tout désir même sublimé, de la béance et du conflit car tout désir veut peut-être son illimitation, une expansion infinie voire sa déification ( Tout homme, écrivait Sartre, désire être Dieu.) Autrement dit, nous serions pris entre les poussées d'une Chair que nous n'avons pas choisie, dans laquelle nous sommes littéralement "jetés" et l'Illimité d'un Désir qui se voudrait et voudrait Tout.....Conflit, combat entre le Fini et l'Infini.....
Et cela donne à penser, donne infiniment à penser, infiniment à dire et à parler, à traverser, à transformer la langue et les langues, à faire l'expérience des Limites (en deçà et au-delà.).
Merci encore et à bientôt. Amitiés. Jacques.
lilo · le lundi 28 janvier 2013 à 22:12
avenance · le mardi 29 janvier 2013 à 21:24
Ravi que ces trois phrases vous aient plu..... Amitiés Avenance.
PS. Je ne connais pas vos propres textes mais je vais commencer à les lire dès ce soir.
avenance · le mardi 29 janvier 2013 à 21:42
Reste à trouver la plus haute sagesse, le plus difficile: l'équilibre entre ces deux instances dans le temps qui nous est imparti. Lorsque l'on y arrive, le plus souvent, il est déjà trop tard!
Merci encore. Amitiés. Avenance.
avenance · le mardi 29 janvier 2013 à 22:19
Même chose, me semble-t-il, pour le labyrinthe que tu évoques: il me paraît sans issue mais la recherche de l'issue peut être riche en découvertes et en rencontres et beau le labyrinthe pour peu que nous l'aménagions grâce à l'art et à la poésie!
Quant au Silence, c'est peut-être par la Parole méditante et l'exercice patient de la Pensée que nous y avons accès pour se retrouver comme tu le dis si bien.....
Merci, Domie. Amitiés. Jacques.
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