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Les fruits de la nuit

La rechute

Le mercredi 20 décembre 2006 à 22:36, posté par Bachir · 346 lectures

Illustration du poème « La rechute » Tel un champ
Au printemps
Je m’étendais toute verdure
Je dégustais l’éclat de la nature
Quand
Au levant
Vis une fée poindre

Elle s’amusait
Tantôt à étaler
Son tapis magique
Pour s’envoler
Tantôt à le plier
Et l’enfouir
Après avoir atterri

Arrivée prés de moi
Elle me tendit la main
Que je tins
En détournant le visage


Je n’avais pas le courage
De la fixer
Il était insupportable
Son charme

Je ne me sentais pas conçu
Pour la contempler
Sa beauté

Je ne pouvais pas
Lui faire face
Sans que rien n’éclatât en moi
Sans que je ne sombrasse dans la déraison

Mais ma curiosité
Mon désir de trop savoir
Mon vouloir entêté
A savourer le charme de la créature
Me forcèrent à supporter
Son angélique regard

Au moment où ma langue se dénoua
Pour laisser couler ma passion
La fée se rallongea sur son tapis
Me fit un geste d’adieu
Elle disparut
En un clin d’œil

Je sentis alors la flamme
Qu’elle avait déposée
Dans le creux de ma main
Me parcourir
S’emparer de chaque cellule
De ma peau
S’enfoncer puis s’installer
Douloureuse
Dans mes tréfonds
Là où naissent les sentiments
Pénétrer puis se blottir
Dans chaque recoin de mon esprit
Là où naissent les pensées

Je sentis que la flamme
Me consumait

Je devins peu après un désert
Dont les voyageurs craignent l’aventure
Dont nul être n’ose traverser

Esseulé
Je levais les mains tous les jours
J’adressais à dieu ma prière
O mon Dieu veuille me recouvrir
De ma verdure perdue

Après des années de brûlures
Sur moi des pluies s’abattirent
Eteignirent le feu féerique
Sur mon sol des herbes repoussèrent
Timidement
Dans la crainte
Puis me trouvant fertile
Et docile
Enfoncèrent leurs racines
Impitoyablement
Dans ma chair
Atteignirent mon cœur
Eveillèrent la flamme
Qui somnolait à l’endroit

Elle ressortit de son hibernation
Dévora les racines
Voluptueusement
A grandes bouchées
En écoutant la mélodie de l’amour
Qui de mon abîme
Grondait.

2 commentaires

Marie * · le jeudi 21 décembre 2006 à 05:54

Sentimentalement très beau. Bisous

bachirr · le jeudi 21 décembre 2006 à 18:51

Bisous! Merci Marie!

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