Printemps arabe:
Révolution, tiendras-tu tes promesses?
Car, je me souviens du temps où l’aube était mère des gynécées; qui annonçait
l’envolée des criquets vers des terres stériles et lointaines. Que non! Le Bonheur
n’était pas l’appel des esprits aux plaisirs blonds!
Le bonheur pesait son poids de pain noir. Le bonheur n’était alors qu’un ruisseau au
cœur d’un Sahara aride.
Car j’étais pâtre sans émirats sous la tente, sous mon manteau de chamelle.
C’était o ! dulcinée, o ! Révolution, le sourire plus vieux que sa mère de l’enfant sous
le couvert; une tonte sur une cuisse obèse !
C’était alors nos plaisirs numides que susurraient des cœurs nomades par des mots
insensés.
Les lunes alors étaient des déesses qui dévoilaient ce qu’on croyait des roses nues sur
les dos des dunes.
Et nous mangions notre pain noir à l’ombre de dattiers, au rythme des cuirs excités des
Tabalas.
Mais voilà désormais, sous le décret de vos exigences, le tyran déchu passé au coupe
gorge; un pan au soldat bon mais vaincu.
Les lunes ne sont plus des déesses, leurs horloges fêlées disent des temps faux.
Les alouettes pas plus poétesses, car les rires charmeurs des hyènes ont conquis nos
cœurs.
Voilà le tyran déchu ! Mais, voilà mon peuple élu !
Et les mers têtues qui disent et qui disent d’amères berceuses aux âmes perdues des bateliers !
Leurs bras, ah ! Leurs bras tremblant sous des aurores sans or ; qui sont des horreurs
miroités des soleils sans sciences. Et mon cœur qui chancèle et ma foi qui vacille !
Dis- moi dulcinée (point tu- ne me mentiras!): laisseras-tu encore une fois chanter les
Colombes? Ignores-tu leurs avirons qui portent un soir pressé à nos âmes errants?
Révolution, tiendras-tu tes promesses?
Les soulèvements populaires qui ont envahi l’Afrique du Nord dès février 2011 et une partie du sud de l’Arabie (plus tard en mars) m’ont donné l’idée de ce poème. C’est une interrogation sur la nature de toute révolution. Une interrogation sur l’avenir de l’Afrique et l’avenir de sa démocratie.
copyrights mamadou sene
Car, je me souviens du temps où l’aube était mère des gynécées; qui annonçait
l’envolée des criquets vers des terres stériles et lointaines. Que non! Le Bonheur
n’était pas l’appel des esprits aux plaisirs blonds!
Le bonheur pesait son poids de pain noir. Le bonheur n’était alors qu’un ruisseau au
cœur d’un Sahara aride.
Car j’étais pâtre sans émirats sous la tente, sous mon manteau de chamelle.
C’était o ! dulcinée, o ! Révolution, le sourire plus vieux que sa mère de l’enfant sous
le couvert; une tonte sur une cuisse obèse !
C’était alors nos plaisirs numides que susurraient des cœurs nomades par des mots
insensés.
Les lunes alors étaient des déesses qui dévoilaient ce qu’on croyait des roses nues sur
les dos des dunes.
Et nous mangions notre pain noir à l’ombre de dattiers, au rythme des cuirs excités des
Tabalas.
Mais voilà désormais, sous le décret de vos exigences, le tyran déchu passé au coupe
gorge; un pan au soldat bon mais vaincu.
Les lunes ne sont plus des déesses, leurs horloges fêlées disent des temps faux.
Les alouettes pas plus poétesses, car les rires charmeurs des hyènes ont conquis nos
cœurs.
Voilà le tyran déchu ! Mais, voilà mon peuple élu !
Et les mers têtues qui disent et qui disent d’amères berceuses aux âmes perdues des bateliers !
Leurs bras, ah ! Leurs bras tremblant sous des aurores sans or ; qui sont des horreurs
miroités des soleils sans sciences. Et mon cœur qui chancèle et ma foi qui vacille !
Dis- moi dulcinée (point tu- ne me mentiras!): laisseras-tu encore une fois chanter les
Colombes? Ignores-tu leurs avirons qui portent un soir pressé à nos âmes errants?
Révolution, tiendras-tu tes promesses?
Les soulèvements populaires qui ont envahi l’Afrique du Nord dès février 2011 et une partie du sud de l’Arabie (plus tard en mars) m’ont donné l’idée de ce poème. C’est une interrogation sur la nature de toute révolution. Une interrogation sur l’avenir de l’Afrique et l’avenir de sa démocratie.
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