Le vieux passant

Nous passions anonymes
Au marché, les cœurs meurtris,
Par les prix des produits mis
Sur les rudes étalages;
Lorsque, sur un des virages,
Un vieux passant, nous héla;
Et puis, nous importuna;
Route ! Bagage ! Bagage !
C'était un vieux du village;
Sans canne, presque courbé,
Il était beau, mais penché,
Du même âge que mon père,
Avait une voix sévère,
Qui disait << un fardeau, un...>>
Reprenait << un fardeau, un...>>
Pour se frayer le passage,
Il relançait son message.
Aucun colis, il n'avait ;
Ô, vieux sage qui savait
Que l'âge mur est bagage ;
Métaphores du langage !
Du berceau, jusqu'au tombeau;
Heureux, qui porte son fardeau ;
Et passe, sans flétrissure,
Sans colère, ni injure ;
Heureux; son grand âge au dos;
Porté comme un sac à dos.
C'est plus tard que nous comprîmes,
Ô, vieux sage que nous vîmes !
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2 commentaires
Rêveuse · le mardi 13 novembre 2018 à 10:04
Quelle belle métaphore que celle ci !
Nous portons tous notre "fardeau"
et pour cet homme, ce vieux sage.... c'est tout simplement son "âge"
Merci à vous et bonne journée!
amitiés
barrymoussa180 · le mardi 13 novembre 2018 à 13:51
impresionné, car malgré qu'il criait fardeau,
fardeau ! Il ne portait aucun colis ! Et fendait la
Foule, pour se frayer le passage.
Il marchait courbé, on a tout de suite pensé à son âge.
Merci Rêveuse, bonne journée à vous,
Mes amitiés.
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