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POIDS PLUMES

Et, tardivement...

Le mercredi 26 janvier 2005 à 19:17, posté par Béatrice

Illustration du poème « Et, tardivement... »
Jardins et dépendances remplis de senteurs,
Très vieillle maison aux odeurs incertaines,
Tuiles moussues, évier en pierre, granges écroulées,
vieille grand-mère en son domaine...

Une poule et ses petits sous le treillis de fer,
Troupeau d'oies agressives, petite fille peureuse,
Boulanger qui klaxonne chaque mardi, chaque vendredi,
Grands pains de campagne, éternelle brioche.

De grandes pièces où le froid règne,
Chauds édredons sous lesquels on transpire,
Noire cuisinière à bois
Sur laquelle mijote, ô horreur ! un lapin au sang !
Cheminées abandonnées, quoique toujours béantes,
Pour une modernité laquée !
Ma vieille grand-mère est là !

Rasée la maison, la grange, le puits profond,
Disparues les oies, rôties, bouillies, vendues,
Lapins et poules perdus dans le souvenir
D'une petite fille d'il y a cinquante ans !

La maison se dressait en retrait de la route,
Au fond d'un petit pré qui nous en protégeait,
Un vieux et rond puits de pierre nous était interdit,
Pourtant, que de fois le seau est descendu : écoutez sa poulie !

Rasée la maison, pour qu'y pousse de l'herbe,
Trouée d'un a-plat de verdure,
Béance dans l'intimité du souvenir,
Aboli le paysage des sentiments d'antan,
Grand-Mère a disparu, sa maison a suivi !

Mais les odeurs, les arbres, le chat qui rôde, le jard perfide,
Le puits profond de ce coin de Champagne,
Pouilleuse, la champagne, pas celle des "dom" quelquechose..
sont gravés à jamais au fond ma mémoire !

Grand-Père, Grand-Mère, je vous cherche,

Et, tardivement, je me surprends à penser que je vous ai aimés.



:59:





13-07-2002

histoire d'une incompréhension...

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