L'Argentalet
C'est un petit ruisseau qui court dans le sous-bois
A l'abri du regard des passants ordinaires
Qui préfèrent les fleuves, les grandes rivières.
Ici, dans la pénombre, le silence est roi.
Il se peut qu'en hiver, lorsque le vent du nord
Fait craquer le grand chêne et tordre le foyard
La neige y vole tant qu'on dirait du brouillard,
Et la glace le prend, et le fige et le mord.
Au printemps quand enfin on entend le coucou
Ses rives par endroits se couvrent de jonquilles
De primevères blanches et de tapis de scilles.
Qu'il y fait bon, ma mie, courir le guilledou!
A l'été il s'endort et l'eau s'y fait plus rare.
Lorsqu'un orage éclate au versant du coteau
La furie le reprend et il fait le costaud;
Mais c'est juste pour rire, et redevient avare.
Las! les jours diminuent, les feuilles abandonnent
Leur perchoir tout là-haut et viennent se poser
Sur ses rives humides gorgées de rosée.
Ça sent le champignon, et ça sent bon l'automne.
Ainsi l'Argentalet, au cours si capricieux,
Voit lui aussi passer les saisons de la vie.
Incognito parfait, mon dieu, que je l'envie,
Changeant au gré du temps et souriant aux cieux!
A l'abri du regard des passants ordinaires
Qui préfèrent les fleuves, les grandes rivières.
Ici, dans la pénombre, le silence est roi.
Il se peut qu'en hiver, lorsque le vent du nord
Fait craquer le grand chêne et tordre le foyard
La neige y vole tant qu'on dirait du brouillard,
Et la glace le prend, et le fige et le mord.
Au printemps quand enfin on entend le coucou
Ses rives par endroits se couvrent de jonquilles
De primevères blanches et de tapis de scilles.
Qu'il y fait bon, ma mie, courir le guilledou!
A l'été il s'endort et l'eau s'y fait plus rare.
Lorsqu'un orage éclate au versant du coteau
La furie le reprend et il fait le costaud;
Mais c'est juste pour rire, et redevient avare.
Las! les jours diminuent, les feuilles abandonnent
Leur perchoir tout là-haut et viennent se poser
Sur ses rives humides gorgées de rosée.
Ça sent le champignon, et ça sent bon l'automne.
Ainsi l'Argentalet, au cours si capricieux,
Voit lui aussi passer les saisons de la vie.
Incognito parfait, mon dieu, que je l'envie,
Changeant au gré du temps et souriant aux cieux!
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12 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 27 novembre 2014 à 09:02
Argentalet · le jeudi 27 novembre 2014 à 21:16
domidom · le jeudi 27 novembre 2014 à 21:51
C'est tellement bien écrit, que l'on s'invite malgré soi à t'emboîter le pas...
De très beaux vers que j'ai lu et relu avec bonheur...
Amicalement, Domie...
Argentalet · le jeudi 27 novembre 2014 à 22:30
Guy · le vendredi 28 novembre 2014 à 07:58
Amicalement
Argentalet · le vendredi 28 novembre 2014 à 10:11
Merci pour ta visite.
Ivy · le samedi 29 novembre 2014 à 19:30
Amitiés
Argentalet · le samedi 29 novembre 2014 à 20:17
rivaudais · le dimanche 30 novembre 2014 à 21:43
Argentalet · le dimanche 30 novembre 2014 à 22:10
Enfin, non, c'était juste pour le plaisir de allitération.
L'Argentalet est pourtant un ruisseau bien quelconque, comme des milliers d'autres, inconnus, qui courent dans les sous-bois.
Lucille · le mardi 23 décembre 2014 à 22:15
Argentalet · le mardi 23 décembre 2014 à 22:19
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