C'est une vie que l'on assassine
Des vieillards repus et unanimes
Ont pris la décision anonyme
D’alléger les charges de l’entreprise
Même si le profit est en reprise ;
Des quidams imbus d’eux-mêmes, caciques,
Ont pris la résolution inique
Qu’il fallait sabrer les postes de travail
Sans pitié, dans un très large éventail
Afin de satisfaire les gens
Qui ne jurent que par l’argent.
Ils déléguèrent cette ignoble besogne
A ceux qui provoquent le malheur sans vergogne.
Assis derrière son spacieux bureau,
Il se sentait fort ce godelureau ;
Son titre prestigieux
Le rendait prétentieux ;
Les œillères du parvenu
Obstruaient grandement sa vue.
Il avait congédié hier une employée
Qui n’était pas seulement une salariée.
Ponctuelle, assidue dans son travail,
Son labeur ne présentait aucune faille ;
Souvent on la commettait d’office
Aux besoins urgents d’autres services.
Élancé, la démarche empesée,
Notre homme s’était spécialisé
Dans le licenciement sans état d’âme
De certains messieurs et certaines dames
Quelques années avant une retraite
Qu’ils préparaient depuis belle lurette.
Se rendaient-ils compte ces âpres au gain,
S’apercevait-il cet insolent gandin,
Que leur décision allait ponctionner
Le revenu de ceux qui ont tant donné.
Que savaient-ils ces capitalistes ?
Appréhendait-il, cet arriviste,
Le désarroi des quinquagénaires,
Employés émérites, lunaires,
Pensant qu’ils seraient récompensés
De tous les gros efforts dispensés ;
Sondaient-ils les pauvres vies intérieures
De ces sexagénaires travailleurs,
Jetés sans mauvaise conscience au rebut
Car l’économie encourage ces abus ?
Aujourd’hui encore,
Je leur donne tort
Car certaines interrogations
Me mettent en ébullition :
Quand la vie de l’entreprise n’est pas en jeu,
Comment peut-on jeter à la rue tous ces vieux ?
Que vaut une fortune économisée
Face à des personnes déshumanisées ?
Toi, cadre supérieur, imagine
Que c’est une vie qu’on assassine
Lorsqu’une lettre de congé
Va dans la douleur les plonger.
Une certaine suffisance
Met l’égoïsme en présence
Des associés commanditaires
Qui t’ont ordonné de te taire.
Patrons, actionnaires,
Vassaux ordinaires
Virus envahisseurs, pourfendeurs de vies,
Vos existence ne me font point envie ;
Car vous vous développez aux dépens d’autrui
Mais vous ignorez que le ver est dans le fruit.
Ont pris la décision anonyme
D’alléger les charges de l’entreprise
Même si le profit est en reprise ;
Des quidams imbus d’eux-mêmes, caciques,
Ont pris la résolution inique
Qu’il fallait sabrer les postes de travail
Sans pitié, dans un très large éventail
Afin de satisfaire les gens
Qui ne jurent que par l’argent.
Ils déléguèrent cette ignoble besogne
A ceux qui provoquent le malheur sans vergogne.
Assis derrière son spacieux bureau,
Il se sentait fort ce godelureau ;
Son titre prestigieux
Le rendait prétentieux ;
Les œillères du parvenu
Obstruaient grandement sa vue.
Il avait congédié hier une employée
Qui n’était pas seulement une salariée.
Ponctuelle, assidue dans son travail,
Son labeur ne présentait aucune faille ;
Souvent on la commettait d’office
Aux besoins urgents d’autres services.
Élancé, la démarche empesée,
Notre homme s’était spécialisé
Dans le licenciement sans état d’âme
De certains messieurs et certaines dames
Quelques années avant une retraite
Qu’ils préparaient depuis belle lurette.
Se rendaient-ils compte ces âpres au gain,
S’apercevait-il cet insolent gandin,
Que leur décision allait ponctionner
Le revenu de ceux qui ont tant donné.
Que savaient-ils ces capitalistes ?
Appréhendait-il, cet arriviste,
Le désarroi des quinquagénaires,
Employés émérites, lunaires,
Pensant qu’ils seraient récompensés
De tous les gros efforts dispensés ;
Sondaient-ils les pauvres vies intérieures
De ces sexagénaires travailleurs,
Jetés sans mauvaise conscience au rebut
Car l’économie encourage ces abus ?
Aujourd’hui encore,
Je leur donne tort
Car certaines interrogations
Me mettent en ébullition :
Quand la vie de l’entreprise n’est pas en jeu,
Comment peut-on jeter à la rue tous ces vieux ?
Que vaut une fortune économisée
Face à des personnes déshumanisées ?
Toi, cadre supérieur, imagine
Que c’est une vie qu’on assassine
Lorsqu’une lettre de congé
Va dans la douleur les plonger.
Une certaine suffisance
Met l’égoïsme en présence
Des associés commanditaires
Qui t’ont ordonné de te taire.
Patrons, actionnaires,
Vassaux ordinaires
Virus envahisseurs, pourfendeurs de vies,
Vos existence ne me font point envie ;
Car vous vous développez aux dépens d’autrui
Mais vous ignorez que le ver est dans le fruit.
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