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Hélène

L'attente (gerardine)

Le mardi 3 mai 2016 à 09:16, posté par Hélène · 267 lectures

Illustration du poème « L'attente (gerardine) »
Mon front contre la vitre, un jour dure cent ans.
L’automne est arrivé, le noroît éparpille
Les amours, comme l’aube évapore le temps
Des splendeurs de la rose, à l’heure où la charmille
Essaime les rumeurs de ses bois crépitants.

La maison sent la cire et le vieux plancher brille.
Sur la table, un couvert est dressé mainte fois ;
Du vin, une omelette, un fumet de morille,
Le parfum des marrons grillés au feu de bois.

Les femmes du village, en toute confidence,
Me disent d’épouser le fils du vieux François
Car nul ne reviendrait d’une si longue absence.

Elles ne savent rien ! Chaque soir je t’attends,
Le regard de ton chien me rassure en silence.

Mon front contre la vitre, un jour dure cent ans.
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10 commentaires

Micheline 1940 · le mardi 3 mai 2016 à 10:18

Le tempo est donné à l'Attente, de tout ce temps perdu dans la contemplation... J'ai connu de ces heures, jours et mois, aussi longues années... Je souhaite que vite traverserez la vitre ! J'ai beaucoup aimé votre poème, Hélène, et j'espère vous lire bientôt !
Mes bonnes salutations,
Micheline.

rivaudais · le mardi 3 mai 2016 à 11:47

Que c'est beau ! Votre poème -on dirait un sonnet, s'il n'y avait cette ligne supplémentaire au premier quatrain- ce sonnet -si on considère qu'il peu s'agit de l'estrambotte (qui fut jadis beaucoup plus souvent usité) habituellement en dernière ligne- est extrêmement touchant et remarquablement écrit. Il rappel un peuu , mais est tout à fait comparble au niveau e la qualité, quelques unes des oeuvres de René -Guy Cadou, de Marcelline Desbordes-Valmore, Renée Vivien, d'Andrée Bourçois -Macé ou de "la Dame d'Auxerre". (Rappelez-vous : "Quand il est entré dans mon logis clos/J'ourlais un drap lourd près de la fenêtre/L'hiver sur les doigts, l'ombre dans le dos/ Sais-je depuis quand j'étais là ans être ?.. etc) Amour touchant, tenace, silencieux, fidèle, inaltérable. L'attente infinie ou le coeur silencieux. Quel moment de tendre mélancolie je viens de vivre grâce à vous. Merci Hélène. Je suis un peu jaloux, j'aurais aimé écrire ce poème.Je vais me contenter de l'inclure (avec votre permission) dans le répertoire de mes poèmes préférés.

rivaudais · le mardi 3 mai 2016 à 11:54

Pardon Hélène pour toutes ces fautes. De frappe uniquement je vous l'assure. Mon clavier est extrêmement sensible et depuis mon intervention chirurgicale trop tardive (canal carpien) aux deux mains elles ont perdu 90% de leur sensibilité. Et comme j'avais l'habitude de taper assez vite, souvent le mal est fait, l'écrit parti sans que j'aie pu le réparer

Hélène · le mardi 3 mai 2016 à 14:18

La "gérardine" ou "quinzain décroissant" est une forme inventée par le poète contemporain Gérard Laglenne.
Le poème est composé comme ceci :
1 quintil - 1 quatrain - 1 tercet - 1 distique -1 monostiche
Le mètre utilisé est l'alexandrin, la structure prosodique est :
A-B-A-B-A / B-C-B-C / D-C-D / A-D / A
Le 15ème vers reprend tout ou une partie du 1er vers, il résume l'ensemble du poème. L'alternance des rimes M/F doit être respectée.

Hélène · le mardi 3 mai 2016 à 14:37

@Micheline
La contemplation, je le pense et le souhaite, engendre la création en ouvrant l'esprit sur des paysages insondés.
Merci d'avoir apprécié aussi chaleureusement ce poème.
Au plaisir de découvrir vos pages.
Hélène
P.S.;(je ne sais encore pas où trouver les liens des commentateurs pour découvrir leur site :)

Hélène · le mardi 3 mai 2016 à 14:54

@rivaudais
Vos appréciations me touchent beaucoup, quant aux références que vous citez, j'en rougirais presque.
Soyez sans inquiétudes concernant la frappe de vos commentaires, j'ai bien compris qu'il s'agissait d'un petit problème technique qui ne gêne en rien la lecture, donc peu importe, je fais moi-même des fautes d'inattention à vouloir frapper et envoyer plus vite que la pensée... L'essentiel est que vous retrouviez très vite l'usage de vos doigts et, justement, le clavier est un excellent outil de rééducation fonctionnelle.
Vous pouvez, bien sûr, inclure mon poème dans votre répertoire, si le plaisir est pour vous, l'honneur que vous me faites est pour moi.
J'ai ajouté, plus haut sur cette page, une petite explication concernant la forme de ce quinzain décroissant.
Comme je l'ai écrit dans le précédent commentaire, je ne sais pas où trouver les liens m'ouvrant les pages des commentateurs/auteurs.
Au plaisir de vous lire très bientôt.
Hélène

rivaudais · le mardi 3 mai 2016 à 18:41

Je ne connais de visu Gérard Laglenne mais j'ai été en correspondance avec lui. Il a même reçu un prix (le 1er je crois)lors d'un concours que j'avais organisé. Prix qu'il n'a jamais reçu parce qu'à ce moments j'ai vécu des années extrêmement difficiles.Avec en point d'orgue la maladie et la mort de mon épouse.Et j'ai eu bien du mal à faire face. Si par hasard il est toujours vivant (je crois qu'il était plus âgé que moi) et que vous êtes en contact avec lui, voulez-vous lui transmettre mon bon souvenir et le regret que j'ai eu, que j'ai encore, de n'avoir pu lui faire parvenir son prix ô combien mérité ? Quant à la gérardine, j'ignorais jusqu'à son existence. C'est une forme intéressante dont j'aurais dû remarquer le système décroissant : 5/4/3/2/1. J'aurais pu l'employer au moins une fois. pour un poème qui figure d'ailleurs sur le site.Mais je compte bien le faire par la suite. Merci Hélène. Et Gérard. (Ceci dit,c'est vrai que vous écrivez bien.. Très bien même).Avec mon amitié si vous l'acceptez.

rivaudais · le mardi 3 mai 2016 à 18:46

Sur l esite il faut pour me trourver aller sur rivaudais PoéVie.net

Hélène · le mardi 3 mai 2016 à 19:54

Je ne connais pas personnellement le poète mais je peux vous en donner de bonnes nouvelles puisqu'il est toujours parmi nous à ce jour et a reçu des honneurs bien mérités, voyez ceci :
http://www.ladepeche.fr/article/2016/01/20/2259335-gerard-laglenne-officier.html
Votre amitié m'honore et je vous en remercie sincèrement.
Bonne soirée à vous,
bien amicalement,
Hélène

Philip (JARDIN DE LUNE · le mercredi 4 mai 2016 à 13:46

Re-bonjour, Hélène. Me voici sur ton deuxième poème. Comme l'ami Rivaudais, avec qui nous sommes souvent en osmose poétique, j'ai tout de suite pensé à Marcelline Desbordes-Valmore. Une douce nonchalance un peu rêveuse, c'est ce que je ressens à la lecture de ces vers. Alors, pour y mettre une touche de couleurs, à tes mots se rajoutent des pastels. Et ce sont des aquarelles et portraits de Marie Laurencin qui me viennent à l'esprit, se superposent aux mots, sans les effacer nullement. Oui, c'est bien cela, je le redis, douceur, rêverie et nonchalance.
Oh, ce pourrait être offense de penser qu'il y a de petites touches familières de nos poètes et écrivains préférés dans ces vers. Je sais qu'il n'est nul plagiat. Simplement la vibrance de l'émotion poétique qui s'incruste et ne s'en va, à chacun de tes vers. Alors, au détour d'une rime, Proust n'est pas loin, Colette non plus. Mais c'est bien du Hélène ! Cette façon de décompte le temps, par exemple, de l'arrêter pour mieux rêver (du "mille et cent" de ton dernier poème, je retrouve ici un "jour qui dure cent ans" ! Petite mention spéciale pour l"illustration qui sied parfaitement au premier vers "le front contre la vitre". Eh bien il ne me reste plus qu'à découvrir, à rebours ton tout premier poème qui marque ton arrivée sur le site. Bien amicalement, Hélène. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

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