Le deuil du sens.

Le vent porte les grands vaisseaux fiers
Qui affleurent l'épaisseur de l'eau et du ciel,
Au loin, si loin où nul secours ni repaire
Pourraient les relier aux mondes artificiels.
Une brise sur les voiles que la vie retient
Lisse la profondeur de l'empire du possible,
Miracle insaisissable qui s'en va et revient,
Pour se fondre aux univers inaccessibles.
Comme message ultime, confiné dans l'écrin
D'une missive oubliée en perte de sens,
Comme cette fébrile prière pour celui qui craint
De faire renaître l'étincelle d'une évanescence.
Alors gronde la houle des combats stériles
Et la lame qui me traverse de part en part,
De ces larmes versées si souvent inutiles
Tellement bouleversées qu'il est déjà tard ;
S'il était prévisible que le sable des dunes
Où mon corps fut enfouit et enfin consumé,
Est le même qui jadis recouvrait la lune
De cet océan où mon navire s'est abimé,
Dès lors peu importe l'enjeu des retards,
Les croyances, les humeurs éphémères,
Qui décide de quoi et pour quel départ
Puisque tout s'unit au bleu de la mer.
Qui affleurent l'épaisseur de l'eau et du ciel,
Au loin, si loin où nul secours ni repaire
Pourraient les relier aux mondes artificiels.
Une brise sur les voiles que la vie retient
Lisse la profondeur de l'empire du possible,
Miracle insaisissable qui s'en va et revient,
Pour se fondre aux univers inaccessibles.
Comme message ultime, confiné dans l'écrin
D'une missive oubliée en perte de sens,
Comme cette fébrile prière pour celui qui craint
De faire renaître l'étincelle d'une évanescence.
Alors gronde la houle des combats stériles
Et la lame qui me traverse de part en part,
De ces larmes versées si souvent inutiles
Tellement bouleversées qu'il est déjà tard ;
S'il était prévisible que le sable des dunes
Où mon corps fut enfouit et enfin consumé,
Est le même qui jadis recouvrait la lune
De cet océan où mon navire s'est abimé,
Dès lors peu importe l'enjeu des retards,
Les croyances, les humeurs éphémères,
Qui décide de quoi et pour quel départ
Puisque tout s'unit au bleu de la mer.
12 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 18 octobre 2014 à 04:37
nisti · le samedi 18 octobre 2014 à 10:10
bluegirl · le samedi 18 octobre 2014 à 15:36
Les mots ont le sens qu'on leur prête, qu'on oublie même parfois, et chacun les vit de façon plus ou moins subliminales, à force de les façonner, de les comprendre, les interpréter...les déjouer !
Ce que tu as perçu en terme de travail n'est donc pas issu de l'urgence, mais d'une réflexion de plusieurs jours dans la forme, et autant d'années dans le fond !
Pourtant si mon écriture reflète des incidents de parcours, elle évoque surtout la lassitude qui en résulte, surtout en terme de combat stérile.
...Et nous y voilou à ce deuil du sens, qui est une ébauche d'acceptation que tout ne va pas dans UN sens !
Sinon tu ne m'avances guère en terme de critique sur la forme :
la perfection que tu évoques ne représente pour moi qu'une approche du "suffisamment bien pour l'instant"...C'est donc prévu de faire mieux, comme me diversifier. Aussi, j'ai commencé à écrire une nouvelle de science fiction. (Mais il faudrait que je songe à la fin de l'histoire, sinon il y a de fortes chances qu'elle reste en suspend, comme d'hab !)
En tout cas, merci pour ton com, mais lol pour "amitié sincère" : )
que vaut une amitié si elle ne l'est pas ?
Très bon week end ensoleillé !
Salam, Lola.
NISTI,
Merci de ton passage et ton appréciation.
Lola.
Guy · le dimanche 19 octobre 2014 à 10:50
Même si la "houle des combats stériles" te submerge,chaque goutte a eu son importance propre, son sens propre, et rien n'est à renier.
Je t'envoie une douce bise.
(parce que c'est le week-end, mais il ne faudrait pas abuser non plus ! sourire !)
Amitiés. Guy
bluegirl · le dimanche 19 octobre 2014 à 15:10
Plonger et être libre d'explorer est une force dès lors où on sait préserver un équilibre avec l'enracinement, même si ça peut paraitre paradoxal.
Un peu comme le rêve, la distance, l'évasion : autant qu'il n'existe pas au détriment de la droiture, le respect de soi et d'autrui.
J'entends ce que tu évoques dans l'acceptation, et justement j'y chemine. C'est pour cela que je m'efforce à ne plus combattre inutilement, et Dieu sait l'effort fourni pour abandonner certains concepts parfois.
Des concepts qui peuvent avoir été choisis pour le bien être qu'ils procurent, et finissent pourtant par parasiter !
Bise du cœur, Lola.
Cerise · le lundi 20 octobre 2014 à 08:31
Tes vers, tes évoquations sont magnifiques.
Comme souvent en te lisant, j'ai reçu ton poème à plusieurs niveaux...sourire...naviguant de l'un à l'autre des sens que je lui accordais.
Merci et belle journée à toi.
Béatrice
lilo · le lundi 20 octobre 2014 à 21:24
Ton poème est beau, plein de tristesse et de délicatesse. J’ai eu un coup de cœur pour « Le vent porte les grands vaisseaux fiers Qui affleurent l'épaisseur de l'eau et du ciel » et « Une brise sur les voiles que la vie retient, Lisse la profondeur de l'empire du possible, Miracle insaisissable qui s'en va et revient, ».
En te lisant je me demande si l’inlassable quête qui nous pousse à trouver un sens à toute chose est vraiment vaine ? N’est-ce pas elle qui donne « sens » finalement à nos vies, même si tous fini par disparaitre dans la « mer » ?
Plein de bisous et de douces et chaleureuses pensées. Lilo
Philip · le mardi 21 octobre 2014 à 11:57
Alors, donc....."amitié"....tout court ! Lol ! Quand au "salam" même pas besoin de rajouter quoi que ce soit. Prends soin de toi, Lola et à bientôt de lire ton prochain poème. Philip.
domidom · le mardi 21 octobre 2014 à 21:55
Ce poème est un petit chef -d'oeuvre, il s'en dégage une grande douceur, beaucoup de délicatesse, des mots profonds qui touchent l'âme et le cœur.....
Digne d'un grand maître...
J'ai adoré....
Gros bisous, Domie...
bluegirl · le mardi 21 octobre 2014 à 22:47
Navigation gratuite !...et sans supplément, je reçois avec plaisir un ou plusieurs des niveaux que tu accordes à mon écriture.
Il va sans dire que ça n'a pas d'importance si ça ne correspond pas à mon propre ressenti : ça peut être des aspects qui m'ont échappés !
LILO,
Nous avons ce but d'amour fraternel et/ou pour Dieu qui nous relie, comme des millions de gens. Pourtant chacun y met le sens qu'il entend, et à bien y regarder, une trop grande quête de sens ne mène pas forcément à se retrouver. Ni avec nous même, ni avec/pour, autrui (ou Dieu).
Non que le cheminement soit inutile (j'y ai prit gout), simplement je pense qu'il y a des voies auxquelles il vaut mieux renoncer, dans toute forme d'attachement.
Ce n'est pas abandonner la résistance, celle qui nous est utile, mais juste considérer qu'elle ne l'est pas forcément ; donc on aurait rien à perdre de s'en détacher.
Le titre de ce poème est une formule employée dans le contexte d'une conférence de psychanalyse, qui évoque le souhait du sujet à mettre fin à son analyse. Ca intervient souvent lorsqu'il peut considérer qu'il est allé assez loin dans sa quête de sens (ou contre-sens, non sens...).
Ce qui reviendrait à faire le deuil du sens est d'accepter que certaines questions restent sans réponse.
Bref, je me suis appropriée l'expression pour en faire un titre que j'ai ensuite développé.
DOMIE,
Desfois j'ai envie d'écrire sur un mode plus léger, ça m'arrive pas si souvent !
Et puis je suis pas inspirée bien longtemps pour la déconnade et ça tourne à la dérision !
Mais bon c'est plaisant de voir que je suis lue, et un grand merci à ceux qui viennent en témoigner.
...
Merci à vous 3 les filles, et à bientôt de se lire.
Mes amitiés et bises.
: )
Lola.
Micheline 1940 · le jeudi 23 octobre 2014 à 02:17
Amitiés de Micheline
bluegirl · le jeudi 23 octobre 2014 à 23:52
Un voyage ? pas vraiment car on ne connait pas le début...et encore moins la fin !
Amitiés chère Micheline.
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