L'aliénation du choix.

Un drap blanc flotte dans le ciel comme un feu follet,
Quelques flocons de glace perlent aux portes du printemps,
Figeant des sentinelles sur le grand lacet
De l'onde prisonnière depuis si longtemps.
Vois-tu au dessus des plaines, le souffle
Recouvrir la terre, repoussant l'univers, ne gardant
De certaines empreintes que l'hiver camoufle,
Qu'un monde d'illusions, l'esprit regardant
S'effondrer le doute et les vastes devises,
Ce que tu ignores quand tu interprètes,
L'incontournable détail qui concrétise
Mon abandon dans un coin de ta tête.
Sur le fil de mes nuits se bousculent les saisons,
L'aliénation de mes choix qui engloutit l'aurore,
Laissant l'antidote gagner sur le poison,
Ce que la conscience délivre à la mort.
J'aimerais alors composer pour toujours
Avec l'étourdissement dans lequel je m"échappe,
Une harmonie éternelle, un bel amour
Conjurant ta vision qui me rattrape.
Illustration : M. Paule Deville Chabrolle - sculpture -
Lien musical (cliquable) : https://www.youtube.com/watch?v=P-3j2P1_jGE
Byzantium underground - Jesse Cook -
Quelques flocons de glace perlent aux portes du printemps,
Figeant des sentinelles sur le grand lacet
De l'onde prisonnière depuis si longtemps.
Vois-tu au dessus des plaines, le souffle
Recouvrir la terre, repoussant l'univers, ne gardant
De certaines empreintes que l'hiver camoufle,
Qu'un monde d'illusions, l'esprit regardant
S'effondrer le doute et les vastes devises,
Ce que tu ignores quand tu interprètes,
L'incontournable détail qui concrétise
Mon abandon dans un coin de ta tête.
Sur le fil de mes nuits se bousculent les saisons,
L'aliénation de mes choix qui engloutit l'aurore,
Laissant l'antidote gagner sur le poison,
Ce que la conscience délivre à la mort.
J'aimerais alors composer pour toujours
Avec l'étourdissement dans lequel je m"échappe,
Une harmonie éternelle, un bel amour
Conjurant ta vision qui me rattrape.
Illustration : M. Paule Deville Chabrolle - sculpture -
Lien musical (cliquable) : https://www.youtube.com/watch?v=P-3j2P1_jGE
Byzantium underground - Jesse Cook -
14 commentaires
rainbow · le dimanche 3 avril 2016 à 13:18
nés d'une grande beauté ! Le 1er qua
train est écrit dans le cristal de la gla
ce hivernale ! J'adore "Sur le fil de mes nuits se bousculent les saisons" !
Des images fabuleuses : "repoussant
l'univers", "qui engloutit l'aurore" ...
Et le lien musical est superbe ! Wow !
Amitiés, Pierre ( DreamPoems )
mespoemes.net/bluegirl · le dimanche 3 avril 2016 à 16:06
Merci beaucoup pour ton engouement.
Le cristal de mon hiver pour un dialogue intérieur où se bousculent les saisons, oui.
Et comme il se doit dans ce contexte, beaucoup de paradoxes, dont ceux que tu as relevé.
Amitiés Pierre,
Lola.
Loïc · le dimanche 3 avril 2016 à 18:12
Bref bref... puisse l'antidote gagner sur le poison !
Bises !
http://www.mespoemes.net/cellox
claude · le dimanche 3 avril 2016 à 23:36
- au deuxième quatrain, l' hiver qui a beau camoufler les empreintes mais qui ne doit pas se faire d' illusions car elles apparaîtrons à nouveau à la fonte des neiges.
- au troisième quatrain, j' ai bien aimé " l' incontournable détail qui concrétise mon abandon dans un coin de ta tête "
- au quatrième," ce que la conscience délivre à la mort "
la mort est une délivrance mais en as-ton conscience ?
- le cinquième quatrain est une offrande à l' amour, le chant immortel du coeur en quelque sorte, au delà des visions qu' il transporte.
Belle photo de la danseuse flamenco et la musique de Jesse Cook flamboie dessus l' image.
Il y a un lien aussi je pense avec l' image de cette danseuse et le poème.
Le flamenco, une sorte de rage des sentiments, de violence de l' âme et puis de la douceur et de la sensibilité dans la grâce des gestes. Une parfaite harmonie entre ce paradoxe qui nous habite pour certains en permanence.
Difficile d' atteindre cet " étourdissement " dont tu nous parle Lola
Amitiés
Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 4 avril 2016 à 12:14
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
mespoemes.net/bluegirl · le lundi 4 avril 2016 à 21:30
Si je veux conjurer avec une vision, c'est qu'elle n'est pas positive.
D'ailleurs si tu regardes, pour chaque victoire, j'énonce les casseroles qu'elles traînent, à chaque strophe.
3 participes P. sur un vers, vraiment ?...sans compter qu'il y en a un, 2 vers plus haut et un, 2 vers plus bas ?
L'antidote ici, c'est l'aliénation de mes choix, et si c'est sans doute mieux que le poison, d'empêche que l'aliénation, c'est une psychose avec une forme d'obsession : celle du besoin constant ici, de faire des choix quitte à les réviser si nécessaire. C'est ma façon de ne pas me laisser parasiter par autrui ou moi même.
Pourtant je peux convenir que chacun de mes choix me fait cogiter au delà du raisonnable.
Etre responsable de soi, c'est pas de tout repos !!
Bises-aussi.
Lola.
mespoemes.net/bluegirl · le lundi 4 avril 2016 à 22:23
Comme je te disais, les retours en com sont bien plus positifs que ne l'est le fond du poème, bien plus mitigé.
J'ai commencé à l'expliquer à Loïc ci-dessus, et je poursuis en répondant qu'il n'est question d'harmonie que dans l'onde prisonnière, un mécanisme perso qui veut que les choix que je fais me semblent importants au point d'y consacrer beaucoup d'énergie. une sorte de duel constant avec les illusions gardées par l'hiver...
Or le printemps arrivant tardivement cette année, ça fait bien le lien avec la fonte des neiges, et qu'est-ce que je vais retrouver cette année à la sortie de cet hiver...ou, qu'est-ce qui devancera de mes victoires ou des casseroles que je me trimbale ?
Pas facile en cette période pour moi d'être aussi objective que le reste de l'année, plus propice aux échos du passé.
Quand à l'incontournable détail qui concrétise mon abandon dans un coin de ta tête, pas facile de savoir si je m'adresse juste à moi ou si j'utilise autrui pour matérialiser l'abandon.
Pour la conscience, elle est libératrice ici par rapport à la mort : elle représente la lucidité, et je réfute l'idée que la mort soi libératrice (mais je l'espère), tant qu'on en a pas la preuve.
Le dernier quatrain est aussi ambiguë que les autres : je ne peux composer qu'en reniant (conjurant) une certaine vision de moi, peu flatteuse !
L'étourdissement lui, est un simple échappatoire.
Enfin, quand j'ai trouvé l'image de la danseuse-fleur sur le net, il m'a en effet semblé que ça irait très bien avec le lien de Jessy Cook,
Et si tu as distingué que le pétale rouge (logo de mon site), se referme en laissant apparaître la photo en dessous, (illustration du poème), c'est que tu as été fin observateur !
Merci, bien amicalement,
Lola.
mespoemes.net/bluegirl · le mardi 5 avril 2016 à 01:28
Il n'est question que de l'aliénation de mes choix, mais pas grave si tu as préféré focaliser sur ce qui t'a semblé réconciliateur, toujours très controversé pourtant dans ces vers,
L'illusion que j'évoque est une sorte d'engourdissement où l'hivers nous plonge, et quand le printemps arrive...le réveil est parfois brutal (enfin souvent pour moi).
Comme je disais à Claude...qu'est-ce qui me devancera de mes victoires ou des casseroles que je me trimbale ? Sérieusement, quand je me retourne sur moi, je vois et entends des échos bien peu flatteurs, et je me dis que la distanciation n'est pas toujours réussie avec eux.
Si le choix est toujours au carrefour du doute, vu que j'ai déjà douté pour les 200 ans à venir, il me reste le choix...une sorte d'aliénation de s'imposer de (bien) choisir. Le bon chemin étant ce qui correspond à mes valeurs, un peu comparable à l'Everest !!
Enfin je parle pour moi, je me fixe peut être de trop grands objectifs. je viens de si peu de choses, une espèce de flou artistique.
Bonne semaine, bises.
Lola.
domidom · le mardi 5 avril 2016 à 17:37
Les choix dans une vie ne sont pas toujours à l'image de nos désirs, ce que j'aime, car ce vers exprime beaucoup de choses, (c'est l'abandon dans le coin de ma tête),...
C'est juste un point important face aux choix que l'on aimeraient faire, et que bien souvent, la vie réfute...
Perso, j'ajouterai une chose, ton écriture est devenue magnifique, ton style à beaucoup changé et te lire est toujours un grand moment...
Bisous Lola...
Domie.
Stella · le mardi 5 avril 2016 à 19:02
Amicalement. Stella.
mespoemes.net/bluegirl · le mardi 5 avril 2016 à 23:24
La notion d'abandon est si vaste ici, que j'ai moi même plus d'une interprétation à en donner. Et celle de l'abandon d'une part de mes choix est plausible. En effet, on ne fait pas un choix sans avoir à laisser de coté un aspect dont on s'imagine qu'il est mieux de se détourner, quand quelque chose de mieux se présente.
Ta réflexion est donc bien pensée, même s'il s'agit d'un sentiment d'abandon de l'autre avant tout ici.
Ah, merci pour le compliment sur mon style qui a changé, même si j'aurais aimé savoir ce que tu trouves qui a changé.
Bisous ma Domie.
NATHALIE,
Ne te dévalorise pas, je reconnais que ce poème en particulier n'est pas évident à commenter. C'est juste que ceux qui l'ont fait me connaissent un peu, et ils savent bien que je leur pardonne d'emblée toute erreur d'interprétation...il ne tiendrait qu'à moi d'écrire des poème plus "limpides" (et je le fait assez souvent), mais j'écris ici aux cotés de mon subconscient, lol !!
Et justement ce poème est d'autant plus confus que c'est seulement à la fin de la troisième strophe que j'ai connu le thème de mon poème !!
En tout cas, connaissant un peu ta sensibilité à fleur de peau, je n'ai aucun doute que mes mots ont fait naître des émotions chez toi, et j'en suis touchée.
Bien amicalement.
Lola.
guillaume · le vendredi 8 avril 2016 à 22:57
mespoemes.net/bluegirl · le vendredi 8 avril 2016 à 23:20
Bein non il n'y a rien de mauvais goût à mon sens dans ton commentaire, juste une bouteille à la mer...et ça tombe bien car tu es dans le monde BLEU de Lola !!
Clin d’œil amical...prends soin de toi !
Lola.
guillaume · le samedi 9 avril 2016 à 13:51
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