Le silence des murmures
Au hasard des mots les tiens semblaient vrais,
Noyés dans les remous de ton amour,
Au hasard de l'eau le fleuve renait
En arrière-pensées...mais à qui le tour
D'être le témoin et sous quels traits...
Regagner les sources au cœur du désert,
Me laissant chuter quand tu renonçais,
Depuis nos chapitres, à chaque repère,
Prisonnière de ce que tu reniais,
Caché dans ton château de pierres.
Par ce frêle radeau
Où j'étais l'otage,
Et la force des mots
Qui ont fait naufrage.
Construire, puis regarder
S'effondrer les murs
Pour enfin garder
Le silence des murmures.
Noyés dans les remous de ton amour,
Au hasard de l'eau le fleuve renait
En arrière-pensées...mais à qui le tour
D'être le témoin et sous quels traits...
Regagner les sources au cœur du désert,
Me laissant chuter quand tu renonçais,
Depuis nos chapitres, à chaque repère,
Prisonnière de ce que tu reniais,
Caché dans ton château de pierres.
Par ce frêle radeau
Où j'étais l'otage,
Et la force des mots
Qui ont fait naufrage.
Construire, puis regarder
S'effondrer les murs
Pour enfin garder
Le silence des murmures.
11 commentaires
vertflo · le dimanche 19 octobre 2025 à 23:27
''Construire, puis regarder
S'effondrer les murs
Pour enfin garder
Le silence des murmures.''
En quelque sorte ces quatre phrases sot le résumé de la vie, de notre vie.
On construit plein de choses avec notre sueur, notre sang et nos larmes et puis on les regarde, on les admire parfois où on les déteste selon nos humeurs, les lieux et les circonstances.
Et puis petit à petit on regarde cela s'effondrer comme un château de cartes ou de sable.
Les murs finissent par tomber, comme tombent aussi les masques et il ne reste plus de ça qu'un espace vide et silencieux.
Tout juste des murmures qui eux mêmes deviennent silencieux à leur tour.
Oui, d'une certaine manière, la vie nous prend en otage et ne nous libère qu'au moment de notre mort.
Nous sommes comme des prisonniers qui gardent un espoir de retrouver une certaine liberté pour refaire le monde mais en réalité, nous payons toujours le prix fort sans jamais être libéré de nos soucis quotidiens et de la souffrance que souvent la vie nous inflige.
Il est très important pour profiter encore du reste que la vie peut nous donner, il est très important de donner la parole au silence.
Tu commences ton poème par :''Au hasard des mots...''
Oui, les mots que nous disons, les mots que nous écrivons font partie du hasard.
Nous croyons calculer un mot avant de l'écrire ou de le prononcer mais en réalité, les mots viennent toujours vers nous par hasard, rien n'est calculé.
Cela est valable surtout pour la poésie.
Que ferions-nous si les mots ne venaient pas comme ça par hasard nous troubler et nous bousculer dans nos pensées ?
bien à toi
Amitié
Bises
Claude
rainbow · le lundi 20 octobre 2025 à 14:35
"La parole est d'argent mais le silence est d'or" !!!! Ton sublime poème fait la part belle aux
mots qui peuvent être des maux !!! La beauté et la puissance des mots sont incroyables !!!! 'Si un mot peut tout changer
je le trouverai' : tu es La Princesse des Mots !
Je t'embrasse,
Pierre ( DreamPoems )
worrell02 · le mardi 21 octobre 2025 à 20:41
Les mots peuvent, hélas être à double tranchant..guérisseurs ou instigateurs de maux.
Mais que ferions nous sans eux?
Amitiés, Ivy
bluegirl2 · le mardi 21 octobre 2025 à 22:57
Tu a vu la métaphore de la vie, et merci vraiment de me dire comment tu l'as perçu.
Cela rejoint beaucoup mon idée d'un relationnel déstructurant, où tout s'effondre comme un château de sable.
Le château où je fus tour à tour princesse, pilier, déserteuse.
Car les masques tombent comme tu le dis, place au vide et aux murmures qui s'amenuisent.
Payer le prix fort ne devrait-il pas être un bon prétexte pour se libérer ?
Je ne crois pas aux hasards, ni même celui des mots. Je pense qu'ils sont calculés en fonction de nos apprentissages, avec un passage par le subconscient, ça fait du bonheur comme des ravages.
Le hasard des mots est un brin ironique, car pour qu'il y ai un impact il faut bien une intention et un receveur.
Que serions-nous sans le trouble et le chahut des mots ? sans doute plus de paix et de recueillement, plus de retenue, de concrétisation...
Bises amicales Claude.
Lola.
bluegirl2 · le mardi 21 octobre 2025 à 23:09
Je savais que l'impact des mots risquait de te faire venir sur ma page, et j'en suis ravie.
Sans eux, il nous restent les onomatopées, le langage du corps, le silence, et autre chose à (ré)inventer !!
Amicalement, Lola.
worrell02 · le mercredi 22 octobre 2025 à 14:13
Au plaisir de te lire.
Amicalement, Ivy
José · le jeudi 23 octobre 2025 à 07:50
Pourtant, au milieu d'elle, on peut réfléchir, discerner, décider. Décider de se battre pour cet amour qui nous a un temps comblé et que l'on a peut-être soi-même un peu négligé, mis à mal, ou décider de jeter l'éponge, de "regarder s'effondrer les murs" avec la désolation que cet effondrement amène par la suite... ce fameux "silence des murmures".
Merci Lola, bonne journée
bluegirl2 · le jeudi 23 octobre 2025 à 21:51
Une mauvaise manip et ma réponse à ton commentaire s'est effacée...je reprends...
Comme j'expose la part douloureuse des mots dans ces vers, il y a beaucoup d'arrières pensées, et quelques échos qui s'amenuisent avec le temps.
Pourtant si j'entends encore parfois quelques murmures de l'être aimé qui n'est plus, je sais que c'est dans ma tête.
Le temps de faire le deuil d'une relation où je me suis épuisée, et ensuite de celui avec qui j'ai partagé quelques années de vie.
Je fus tour à tour princesse, pilier et déserteuse.
Bien amicalement,
Lola.
bluegirl2 · le jeudi 23 octobre 2025 à 21:56
Le retour en poésie permet de concrétiser les mots retenus.
Merci de me faire signe que tu es là.
Amitiés, Lola.
bluegirl2 · le jeudi 23 octobre 2025 à 22:19
Tu as trouvé des crises presque normales de couple en me lisant, et merci d'exprimer ton ressenti sur ma page.
Alors qu'il pouvait s'agir de crises autres que conjugales, tu as vu juste.
Là où se battre pour porter une relation n'est plus acceptable, c'est quand on est seul à le faire et qu'on s'épuise.
S'il y a un désarroi dans le silence des murmures, c'est aussi leurs échos qui ressassent l'amour, le renoncement, puis la mort qu'il faut surmonter.
Je suis endeuillée depuis janvier, et même quand on s'y attend, la mort nous réserve toujours ses parts de surprise.
Merci à toi, bien amicalement,
Lola.
vertflo · le vendredi 24 octobre 2025 à 22:40
Tu dis :: ''je pense que nos mots sont calculés en fonction de nos apprentissages avec un passage par le subconscient ''
Oui, par rapport à moi qui ai écrit le contraire, à y réfléchir, je pense que tu as raison aussi.
En effet le subconscient est très important dans ''l'affaire'', j'ai peut-être tendance à le négliger, mais il est bien là et tu as bien fait de le souligner car in sinueusement, c'est lui qui est aux commandes.
Ah ! il s'en passe des choses en permanence dans notre tête, ça tourne souvent en boucle avant de pouvoir se libérer de quelques brides de pensées fastes ou néfastes d'ailleurs.
Perso comme tu sais que j'ai une petite fille handicapée qui ne parlera jamais, les mots ont une grande importance pour moi.
Je te jure que c'est cruel quand tu parles à une personne et que celle là ne peut malheureusement pas te répondre.
C'est là que je m'aperçois du vide qu'il peut y avoir dans la vie sans parler et dire des mots.
D'ailleurs comme on le sait les mots guérissent souvent les maux, nous en avons besoin pour éclaircir des situations et nous libérer d'arrières pensées que nous refoulerions toujours en notre fort intérieur si nous ne pouvions pas les exprimer.
A bientôt de te lire à nouveau
Amitié
Bises
Claude
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.