Lettre à ma désespérée
Arroser la terre de sang, de balles et d'hommes ;
Terminés l'eau, l'engrais, les graines et le soleil.
La mort fleurit sur ces plaines aux corps flétris,
Mes sens disparaissent je ne suis plus que machine.
Mais le soir quand la lune fait pâlir mon visage,
Sa blanche couleur se marrie avec mes larmes.
Et je bois, aigri, à la mémoire de mes hommes
Et je maudis d'effroi l'Etat-major français.
Mon esprit est lourd, ma folie est sourde muette
Les cauchemars m'encerclent je n'ai plus de rêve.
Si demain je tombe coupé par la tranchée,
Enchaîné dans les herbes, l'enfer pour me damner
Alors peut-être que ma vie aura servie ?
Mais mes yeux…ne pourront plus se glisser en toi...
Terminés l'eau, l'engrais, les graines et le soleil.
La mort fleurit sur ces plaines aux corps flétris,
Mes sens disparaissent je ne suis plus que machine.
Mais le soir quand la lune fait pâlir mon visage,
Sa blanche couleur se marrie avec mes larmes.
Et je bois, aigri, à la mémoire de mes hommes
Et je maudis d'effroi l'Etat-major français.
Mon esprit est lourd, ma folie est sourde muette
Les cauchemars m'encerclent je n'ai plus de rêve.
Si demain je tombe coupé par la tranchée,
Enchaîné dans les herbes, l'enfer pour me damner
Alors peut-être que ma vie aura servie ?
Mais mes yeux…ne pourront plus se glisser en toi...
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3 commentaires
rivaudais · le samedi 23 janvier 2016 à 00:27
bluegirl · le samedi 23 janvier 2016 à 21:07
Il y a beaucoup de fièvres et d'images très fortes dans cette lettre de guerrier qui n'a pas perdu de sa sensibilité.
J'aime le poème tout entier, avec une préférence pour le premier quatrain.
Amitiés, Lola
mespoemes.net/bluegirl
Capenoire17 · le mardi 2 février 2016 à 20:16
Salut Rivaudais! Tout d'abord merci pour ce commentaire, ça m'encourage à poursuivre mon cheminement poétique. Concernant ton opinion, l'idée dans ce poème était d'incarner un militaire de la première guerre mondiale déçu, las, aigri. Rêvant d'autres ciels que celui de la guerre. D'où la "révolte" qui émane de ces vers qu'il distille contre l'état-major et les ordres reçus. J'ai voulu créer ce poème dans le cadre du concours de poésie qu'organise mon lycée et qui s'intitule "La place des sentiments dans le premier conflit mondial" ( la famille, les amis etc ). Je trouvais que c'était un bon exercice pour faire jaillir l'écriture. Et de plus, ça permet de se décentrer de soi pour se mettre à la place de quelqu'un d'autre, en l'occurrence le soldat, ce qui permet de tester de nouvelles choses. On peut inventer ce qui nous chante !
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