Moi en toi d’impudique vertu

Sur ton lit de brume moqueuse,
Là où s’éterniseront nos nuits,
Sous une lune un peu voyeuse
Je viendrai sur ton corps alangui.
Tes seins blancs et nus décimeront
L’ennui, sur mes mains aimantes,
Qu’importe le temps, sous nos haillons,
Qu’un ciel noir et muet charpente.
Qu’importent nos instants inventés,
J’irai encore à ta brulure,
Alors tes lèvres viendront jouer
Et j’attendrai ta morsure.
Au-dessus d’un marbre glacé,
Des passants aux larmes retenues
Ne sauront nos désirs enflammés,
Moi en toi, d’impudique vertu.
Nous resterons figés et jouissants
D’éternelles et vagues poses,
Celles d’où gémissent les amants
Dans le secret posthume des choses.
Tu reviendras et je reviendrai
Où vont de funèbres printemps,
Aux ombres dessinant à l’imparfait
Nos lèvres au souffle du vent.
Jailliront de nos corps éblouis
Encore L’écume amoureuse,
Nos sèves des plaisirs impunis,
Au flirt des âmes rêveuses.
**
Bronze de Camille Claudel
*
http://www.atramenta.net/authors/thierry-demercastel/14315
*
Texte protégé par une licence CC BY-NC-ND 3.0
Là où s’éterniseront nos nuits,
Sous une lune un peu voyeuse
Je viendrai sur ton corps alangui.
Tes seins blancs et nus décimeront
L’ennui, sur mes mains aimantes,
Qu’importe le temps, sous nos haillons,
Qu’un ciel noir et muet charpente.
Qu’importent nos instants inventés,
J’irai encore à ta brulure,
Alors tes lèvres viendront jouer
Et j’attendrai ta morsure.
Au-dessus d’un marbre glacé,
Des passants aux larmes retenues
Ne sauront nos désirs enflammés,
Moi en toi, d’impudique vertu.
Nous resterons figés et jouissants
D’éternelles et vagues poses,
Celles d’où gémissent les amants
Dans le secret posthume des choses.
Tu reviendras et je reviendrai
Où vont de funèbres printemps,
Aux ombres dessinant à l’imparfait
Nos lèvres au souffle du vent.
Jailliront de nos corps éblouis
Encore L’écume amoureuse,
Nos sèves des plaisirs impunis,
Au flirt des âmes rêveuses.
**
Bronze de Camille Claudel
*
http://www.atramenta.net/authors/thierry-demercastel/14315
*
Texte protégé par une licence CC BY-NC-ND 3.0
6 commentaires
domidom · le mercredi 5 février 2014 à 21:48
C'était divin, j'ai adoré....
Amitiés, Domie...
Guy · le jeudi 6 février 2014 à 00:00
Elle n'aurait sans doute pas renié cet hommage brûlant!
Amitiés
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 6 février 2014 à 08:10
Voici encore un poème avec des vers, avec des mots comme je les aime, ainsi que ces associations que j'affectionne tant, et qui constituent les variations de ce que j'appelle "la musique des mots". Je ne vais pas toutes les énumérer : "écume amoureuse", "brume moqueuse", "sous nos haillons,
Qu’un ciel noir et muet charpente", etc...
Et en arrière fonds, Camille !!!
Quelle source d'inspiration que ses oeuvres.
Lorsque je me promène (assez fréquemment) dans l'Ile St-Louis, en passant systématiquement devant le porche de l'Atelier de Camille Claudel, j'ai toujours désormais une amicale pensée pour toi. Comme je me trimballe toujours avec mon appareil photo, j'attends le moment (assez rare, pas évident !) où les portes seront ouvertes - cela m'est déjà arrivé - et où je pourrais pénétrer dans la cour pour prendre des photos de l'Atelier de Camille. Les lieux sont restés intacts (comme dans le films avec Adjadi & Depardieu). Je ne manquerai pas de faire moultes photos et de te les envoyer. Bien à toi, Thierry. Amitiés. Philip.
fokouajeancarlos · le jeudi 6 février 2014 à 09:57
oliverjane1950 · le vendredi 7 février 2014 à 10:30
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
Agrippa ( Thierry Demercastel ) · le mardi 11 février 2014 à 21:35
http://www.mespoemes.net/cauria
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