Je t’écris

Je t’écris du fond de ma pensée où des soleils noirs éclairent comme un sanglot.
Il est né des feuilles mortes tombées ici et là dans les bras du vent, de cet hiver interminable qui ne voulait pas mourir, de cette fleur sous juillet qui vint à sombrer sous de mélancoliques lunes, de cet arbre trop vieux peut-être qui vint à tomber un soir d’orage.
Il est né d’un amour adolescent dont il ne reste plus que le bruit des vagues sur le rivage.
Je t’écris au bord d’un grand désespoir ; c’est mardi et la pluie s’est arrêtée, mais le ciel est si noir qu’il se prend pour la nuit ; les heures, qui infiniment s’allongent, étouffent les horloges et je me perds dans un dédale d’absence.
Je t’écris d’un silence déchiré, cette aube naissante qui sans cesse façonne la vie, celle dont la clarté nous mène vers l’éphémère.
Je t’écris au bord d’un océan de murmures où vont se perdre les automnes, sous de vieux nuages qui ne savent plus pourquoi ils voyagent, de cette fenêtre qui s’ouvre et qui se ferme, comme ces yeux si las, si vieux. Une saison emporte l’autre vers ce jardin fané de l’enfance qui se fige, où tout n’est plus qu’ombre, où se meurt l’ancolie.
Je t’écris au seuil d’un silence si bavard qu’il en dissipe d’étranges brumes.
Je t’écris en un vaste soupir où des muses anciennes ne dansent plus, de cette barque invisible qui file vers l’inaccessible.
Je t’écris et il se fait bien tard, on dirait que le jour se blottit au creux de la nuit pour en retenir les choses en-allées.
Je t’écris de cette phrase qui cherche la rime, mais qui ne vient pas, qui ne vient plus, de ce quelque part qui se prend à rêver comme rêvent parfois les poètes maudits. Je t’écris et je ne sais si c’est de mon encre ou de mon sang que ma plume soudain s’est mise à pleurer.
Mais je ne sais ton adresse ni ton nom.
Il est né des feuilles mortes tombées ici et là dans les bras du vent, de cet hiver interminable qui ne voulait pas mourir, de cette fleur sous juillet qui vint à sombrer sous de mélancoliques lunes, de cet arbre trop vieux peut-être qui vint à tomber un soir d’orage.
Il est né d’un amour adolescent dont il ne reste plus que le bruit des vagues sur le rivage.
Je t’écris au bord d’un grand désespoir ; c’est mardi et la pluie s’est arrêtée, mais le ciel est si noir qu’il se prend pour la nuit ; les heures, qui infiniment s’allongent, étouffent les horloges et je me perds dans un dédale d’absence.
Je t’écris d’un silence déchiré, cette aube naissante qui sans cesse façonne la vie, celle dont la clarté nous mène vers l’éphémère.
Je t’écris au bord d’un océan de murmures où vont se perdre les automnes, sous de vieux nuages qui ne savent plus pourquoi ils voyagent, de cette fenêtre qui s’ouvre et qui se ferme, comme ces yeux si las, si vieux. Une saison emporte l’autre vers ce jardin fané de l’enfance qui se fige, où tout n’est plus qu’ombre, où se meurt l’ancolie.
Je t’écris au seuil d’un silence si bavard qu’il en dissipe d’étranges brumes.
Je t’écris en un vaste soupir où des muses anciennes ne dansent plus, de cette barque invisible qui file vers l’inaccessible.
Je t’écris et il se fait bien tard, on dirait que le jour se blottit au creux de la nuit pour en retenir les choses en-allées.
Je t’écris de cette phrase qui cherche la rime, mais qui ne vient pas, qui ne vient plus, de ce quelque part qui se prend à rêver comme rêvent parfois les poètes maudits. Je t’écris et je ne sais si c’est de mon encre ou de mon sang que ma plume soudain s’est mise à pleurer.
Mais je ne sais ton adresse ni ton nom.
5 commentaires
Rêveuse · le dimanche 8 juillet 2018 à 20:51
Quel texte puissant et magnifique!
Cela m'arrive aussi d'écrire..... à un inconnu et cet écrit est remarquable
à beaucoup d'égards!
belle soirée à vous, bien amicalement !
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 9 juillet 2018 à 09:19
Quel plaisir de te lire de nouveau.
Avec ton écriture aussi "puissante et magnifique" comme le souligne rêveuse.
Ce spleen exprimé avec un choix de mots souvent en demi-teintes, mais si justes et si expressif.
Reviens plus souvent sur notre cher site, avec d'aussi beaux écrits.
Amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
debbie · le lundi 9 juillet 2018 à 13:05
Belle journée
Debbie
Thierry · le mardi 10 juillet 2018 à 15:31
guillaume · le samedi 11 août 2018 à 16:38
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