Rue des boiteux

J’habite rue des boiteux, au bas de la rue,
Une demeure aux volets sombres et vieux,
Avec un jardin d’arbres, et de fleurs ténues,
Ou s’entremêlent les ronces, au vent capricieux.
Sur la longue allée qui mène à la maison,
Des graviers d’un vieil ocre, où l’herbe pousse,
Que regarde une statue, avec dérision,
Dont les bras cassés sont couverts de mousse.
Sur le perron les huit marches sont fissurées,
Elles sont de marbre dont le blanc a jauni,
Une grande porte en bois s’ouvre sur l’entrée,
Sur un vase renversé, de fleurs sans vie.
A l’étage supérieur la lumière est pâle,
Dans la chambre rose dont le lit est défait
Flotte ici et là comme un parfum de santal,
Semblant sortir lentement de ton portrait.
Sur le toi et moi dont le velours est râpé
J’ai laissé ta robe, depuis bientôt un an,
Ma main l’effleure souvent aux soirs muets
Comme la mort effleure un dernier printemps.
Je meurs, mon absente, depuis longtemps déjà.
Quel est ce vaisseau si mystérieux
Gonflant les voiles hideuses de ton trépas,
Quelle est cette mer dont la vague sans feu
S’échoua sur ta tombe où je vais souvent,
Où j’ai mis dans un joli vase bleu
Des roses jaunes et des roses safran,
Puis ces quelques mots: aujourd’hui il pleut ?
http://youtu.be/cieDqWrBOdA
07/03/2012
Une demeure aux volets sombres et vieux,
Avec un jardin d’arbres, et de fleurs ténues,
Ou s’entremêlent les ronces, au vent capricieux.
Sur la longue allée qui mène à la maison,
Des graviers d’un vieil ocre, où l’herbe pousse,
Que regarde une statue, avec dérision,
Dont les bras cassés sont couverts de mousse.
Sur le perron les huit marches sont fissurées,
Elles sont de marbre dont le blanc a jauni,
Une grande porte en bois s’ouvre sur l’entrée,
Sur un vase renversé, de fleurs sans vie.
A l’étage supérieur la lumière est pâle,
Dans la chambre rose dont le lit est défait
Flotte ici et là comme un parfum de santal,
Semblant sortir lentement de ton portrait.
Sur le toi et moi dont le velours est râpé
J’ai laissé ta robe, depuis bientôt un an,
Ma main l’effleure souvent aux soirs muets
Comme la mort effleure un dernier printemps.
Je meurs, mon absente, depuis longtemps déjà.
Quel est ce vaisseau si mystérieux
Gonflant les voiles hideuses de ton trépas,
Quelle est cette mer dont la vague sans feu
S’échoua sur ta tombe où je vais souvent,
Où j’ai mis dans un joli vase bleu
Des roses jaunes et des roses safran,
Puis ces quelques mots: aujourd’hui il pleut ?
http://youtu.be/cieDqWrBOdA
07/03/2012
14 commentaires
didou · le dimanche 18 mars 2012 à 16:13
estrella28 · le dimanche 18 mars 2012 à 17:41
On te suit aisément dans l'allée et dans cette demeure, c'est si imagé
merci pour cette lecture
amitiés estrella
http://www.mespoemes.net/estrella28
Loïc · le dimanche 18 mars 2012 à 20:43
Amitiés Thierry !
domidom · le dimanche 18 mars 2012 à 22:09
Ce vers à lui seul, représente le vide qui traverse ton coeur depuis son départ pour le grand voyage.... Chaque jour, cette pluie qui tombe, représente le flot de larmes qui coule de tes yeux.....
Elle était ton Soleil, sans elle, il n'existe plus rien, partout la vie s'est arrêtée....
Un poème profond et très émouvant....
Mes amitiés....Domie...
marcek · le dimanche 18 mars 2012 à 23:18
Naeja · le lundi 19 mars 2012 à 11:25
Amitiés
Naeja
lesprosesdeslim · le mardi 20 mars 2012 à 08:29
en lisant ce beau et émouvant poème, j'ai eu cet étrange sentiment que tu me tenais par la main pour me faire découvrir doucement l'intimité douloureuse de ce que furent sans doute ces moments terribles et indicibles où tu perdis l'être aimé...
Il n'y a pas de mots, en effet, pour dire une telle douleur! Pourtant, à chacun de tes pas, durant ce court cheminement à l'entrée de ta demeure, on a le sentiment que tout respire encore sa présence. Même au sein de la maison, l'on perçoit toujours le doux bruit de ses pas, le parfum lourd et indélébile de ses passages évanescents... La tristesse du lit dans la chambre à coucher, la table des repas que tu n'as sans doute pas desservie, le volet qui bat toujours à cette fenêtre entrouverte...
"Puisqu'en cette saison des parfums et des roses,
j'aspire, oh mon coeur! à l'ombre où tu reposes.."(Victor Hugo)
.Merci de nous avoir fait l'honneur de lire en toi. Amicalement. Slim.
Coco · le mardi 20 mars 2012 à 12:46
Becs
oliverjane1950 · le mercredi 21 mars 2012 à 21:46
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 26 mars 2012 à 13:08
D'abord, pardonnes-moi d'avoir "zappé" ton poème il y a quelques jours. Il y a tant de poèmes postés que des fois on "saute une ligne" !
Pour en venir à ton poème, il est apaisant. Certes, j'adore mon Paris que j'aime mettre en vers, mais Paris c'est Paris, frénétique et tourbillonnant. Alors, ce coin tranquille que tu décris joliment, me donne envie de m'y promener. Eh bien, cette promenade, je la fais à travers tes vers. Voilà, je me pose, je m'apaise, je contemple tes façades de pierre et sa corolle de végétation. En te lisant, je pense à Emile Verhaeren, à certains de ses poèmes "tranquilles". Belle transition que ton poème, puisque je me mets tout doucement à relire Marcel Proust. Amitiés. Philip.
Agrippa (Thierry Demercastel) · le lundi 26 mars 2012 à 20:48
http://www.mespoemes.net/cauria
imparfaitlibre · le lundi 2 avril 2012 à 20:04
merci Thierry pour ce moment de lecture qui va de la vie au coma et du coma à la mort!!!
Amitié sincère----
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Thierry · le lundi 2 avril 2012 à 20:17
belespoirs · le lundi 24 septembre 2012 à 06:59
http://www.mespoemes.net/belespoirs
un poème merveilleux avec un ressenti poignant comment survivre à l’être cher ?
une page douloureuse de la vie
merci du partage
amitiés
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