Le Diable Au Corps
Je croyais au silence, aux caches du printemps
Où rouillent à petit les miettes de nos armes ,
Les Autres glanaient l’or pour fondre des instants,
Mais qu’il pleuvait des cris sur mon chemin des Carmes !
Que j’avais pris le temps de voir en larmes l’orge
Dont les lames poussaient sous le plomb de l’ennui ;
Que j’aimais le doux son s’évadant de sa gorge
Lorsque je caressais le monstre sous le lit !
Il avait la dent dure, et creuse, et blanche et vive,
Voulait tout avaler du pain de mes efforts
En susurrant sans cesse « Il faut que je survive,
Conserve pour gardien mon petit diable au corps ! »
Et les ans ont passé, sa force était pour deux,
Et mon cœur était dur, et creux et blanc ; mais garce,
Je n’avais pour gaîté que le rictus de ceux
Qui depuis leur tombeau rient de la bonne farce
Qu’ils jouent à ceux d’en-haut qui croient au renouveau !
J’étais indigne et lâche, et j’en fais voir encore
Même au premier rayon penché sur mon tombeau
Et plantant pour qu’enfin je récolte une aurore…
Le monstre est mécontent, n’aspire pas à l’air :
C’est ainsi qu’il espère en l’ombre me défendre ;
Il voudrait qu’un fond noir traversé par l’éclair
Vienne assassiner l’ange hésitant à m’attendre !!
Si vous cherchez un jour, de l’ange ou du gisant,
Lequel était la femme et… lequel était l’homme,
Vous verrez seulement deux ombres s’embrassant
Sous terre, à l’air libre, où c’est possible, en somme,
Un petit diable au corps accroché à leur sang.
09/16
https://www.youtube.com/watch?v=VGv7YyFNKog
Note aux anciens ami-e-s, ici c'est mespoemes/cecilie maintenant...
je ne trouve plus le mot de passe de mon ancien site. :( Bises à tous !
Où rouillent à petit les miettes de nos armes ,
Les Autres glanaient l’or pour fondre des instants,
Mais qu’il pleuvait des cris sur mon chemin des Carmes !
Que j’avais pris le temps de voir en larmes l’orge
Dont les lames poussaient sous le plomb de l’ennui ;
Que j’aimais le doux son s’évadant de sa gorge
Lorsque je caressais le monstre sous le lit !
Il avait la dent dure, et creuse, et blanche et vive,
Voulait tout avaler du pain de mes efforts
En susurrant sans cesse « Il faut que je survive,
Conserve pour gardien mon petit diable au corps ! »
Et les ans ont passé, sa force était pour deux,
Et mon cœur était dur, et creux et blanc ; mais garce,
Je n’avais pour gaîté que le rictus de ceux
Qui depuis leur tombeau rient de la bonne farce
Qu’ils jouent à ceux d’en-haut qui croient au renouveau !
J’étais indigne et lâche, et j’en fais voir encore
Même au premier rayon penché sur mon tombeau
Et plantant pour qu’enfin je récolte une aurore…
Le monstre est mécontent, n’aspire pas à l’air :
C’est ainsi qu’il espère en l’ombre me défendre ;
Il voudrait qu’un fond noir traversé par l’éclair
Vienne assassiner l’ange hésitant à m’attendre !!
Si vous cherchez un jour, de l’ange ou du gisant,
Lequel était la femme et… lequel était l’homme,
Vous verrez seulement deux ombres s’embrassant
Sous terre, à l’air libre, où c’est possible, en somme,
Un petit diable au corps accroché à leur sang.
09/16
https://www.youtube.com/watch?v=VGv7YyFNKog
Note aux anciens ami-e-s, ici c'est mespoemes/cecilie maintenant...
je ne trouve plus le mot de passe de mon ancien site. :( Bises à tous !
Note : 8/10
(1 vote)
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13 commentaires
guillaume · le mercredi 3 mai 2017 à 05:01
Cili · le mercredi 3 mai 2017 à 11:08
Merci de ton appréciation, qui sera aussi transmise au co-auteur ! Une belle journée à toi. :)))
guillaume · le mercredi 3 mai 2017 à 13:22
Loïc · le mercredi 3 mai 2017 à 21:35
Original comme poème ; je n'ai pas saisi le retournement final tout de suite, mais en relisant les deux derniers quatrains j'ai compris. Sauvée de toi-même par l'amour, pas vrai ? Enfin, *tous les deux* plutôt puisque vos rôles sont interchangeables.
Donc dans tout ça, le monstre sous le lit responsable de tant de vide et de méchanceté, je ne sais pas ce que c'est exactement pour vous... La hargne de la solitude ? Pourtant on le retrouve dans les effusions à la fin... Je sèche.
Autre chose incomprise : pourquoi "chemin des Carmes" ?
Quoi qu'il s'en soit, belle poésie à deux avec Victor Hugo en forme, avec des vers plus longs que d'habitude. Toujours un plaisir de te lire !
Note : Pour la musique, vous ne vous entendriez pas sur "Closest Thing To Crazy" de Katie Melua ? Ce n'est pas très métal (je fais le Signe de la Bête) mais irrésistible, oui !
Bonne soirée Cili !
http://www.mespoemes.net/cellox
mespoemes.net/bluegirl · le mercredi 3 mai 2017 à 22:47
C'est devenu un jeu, et ça sent que vous vous êtes amusé à écrire ce poème.
En fait vous semblez vous être piégés avec grand plaisir !
Voilà un retour plus que plaisant...bises à vous deux.
Lola.
mespoemes.net/bluegirl · le mercredi 3 mai 2017 à 22:48
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 4 mai 2017 à 10:13
Ah, un retour très sympathique, sur le site.
Nous sommes gâtés, après celui de Loïc et de Lola.
Mais venons-en à ton poème :
Ton (ou plutôt "votre", avec la complicité/participation de l'énigmatique Mister G !) poème aux mots qui claquent, au mots qui hurlent parfois silencieusement (!!) nous basculent et nous bousculent dans un speeding ride à bord d'un rollercoaster où chaque vers nous secoue. Mais à chaque tour, le coeur, loin de cogner plus fort, laisse apparaître l'inconcevable forme des mots, mais des sentiments aussi, pour une fusion salvatrice de ce/ces diablotins qui s'accrochent, et s'accrochent encore à leur destin façonné. Façonné par les jours d'avant. Façonné par les jours à venir. Des lendemains à retrouver, quoi !!!
Une superbe poème ! Tu es priée (et Mister G, too !) de tremper plus souvent ton inspiratrice plume dans ton encrier et de poser tes mots (tes maux aussi, pourquoi pas) sur les pages de notre cher site.
Bravo. Good shot !
Take it easy and take care, Cili.
Amicalement. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
elise289 · le jeudi 4 mai 2017 à 21:05
te voilà, de retour avec un poème écrit en pactisant avec ton cher démon...
un poème sanguinaire , fiévreux mais aussi un peu coquin et joueur.
Qui vampirise l'autre vers après vers?
Un poème délicieux,où l'on voit devine brulant dans les feux d'un doux enfer.
Au plaisir de dévorer tes vers petite diablesse!!
Elise
Cili · le samedi 6 mai 2017 à 01:52
Je vais venir te commenter tes oeuvres, c'est promu. Bises à toi ! merci !
Cili · le samedi 6 mai 2017 à 02:03
Merci de ton appréciation sur nos mots, on est bien sur nos montagne russes comme à la fête... touche du bois ! :) 6 ans presque...
A bientôt Philip !
Cili · le samedi 6 mai 2017 à 02:08
Bises à toi !
Cili · le samedi 6 mai 2017 à 02:18
L'origine du monstre, du diable diablotin etc, c'est pour nous deux un passé assez glacé avant de se rencontrer, ça aigrit et les mauvais réflexes ont la vie dure. Ils s'aiment bien même quand on ne les aime pas... Bestioles à dresser !!!
Bises poétiques et à bientôt Loïc !
Cili · le samedi 6 mai 2017 à 03:11
Mais merci !! :)
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