Esprit D' Eau

A mon amie Lola, amoureuse de la mer comme moi.
ESPRIT D'EAU
Fleurs coulant dans le sable, et pensées dans la mer,
L’esprit croissait au fil de respirations vives
Ou de cris d’oiseaux fous cisaillant les brins d’air
En retouchant le ciel. Il n’était de dérives
Que celles qui disaient « Je passe sur la peau
Comme une étrave écarte un flanc qui se referme ».
Ainsi en allait-il de l’insouciant drapeau,
Une ombre sur les flots loin de la terre ferme :
Il claquait un instant, plus fort que le tonnerre
Et plus insignifiant qu’une brume en été ;
Pour s’abîmer enfin, et sur l’onde éphémère
Ne restait qu’un soupçon du combat reflété.
C’étaient les jours de gloire où tout passe en semant
Dans sa chute un serment que la nuit n’est plus noire
Qu’avant l’aube. Et pourtant, l’aube trouva l’amant
Sur cette île insolente où règne la mémoire ;
Ses arbres étaient forts, leurs racines de fonte,
Leurs branches courbant d’or sous le poids des lingots !
Mais que pouvaient les fruits face à l’onde qui monte
Quand la tempête naît au cœur d’anciens échos.
Tourmentes et fracas, flanqués de leurs cohortes
D’acide dispersées aux vents lourds et puissants
Brisant les toits des jours dont on fermait les portes
En pensant faire un mur d’une fumée d’encens.
Si l’on en croit la vague et le temps qui s’enfuit,
Un rivage impassible éteindra ce qui gronde ;
Et entre deux assauts, on ne verra, sans bruit,
Que le vent caressant les cheveux bleus du monde.
C’est dans l’or d’un moment que s’emmêle et s’écrit
Une fable d’aurore, où, le temps qu’elle dure,
S’entre-apprennent le rude orage de l’esprit,
Le ciel qui ne dit mot et la mer qui murmure.
Juin 2012 - Jeu 23 Mai 2013
Pink Floyd, "Marooned" : http://www.youtube.com/watch?v=ENr_0BN214k
ESPRIT D'EAU
Fleurs coulant dans le sable, et pensées dans la mer,
L’esprit croissait au fil de respirations vives
Ou de cris d’oiseaux fous cisaillant les brins d’air
En retouchant le ciel. Il n’était de dérives
Que celles qui disaient « Je passe sur la peau
Comme une étrave écarte un flanc qui se referme ».
Ainsi en allait-il de l’insouciant drapeau,
Une ombre sur les flots loin de la terre ferme :
Il claquait un instant, plus fort que le tonnerre
Et plus insignifiant qu’une brume en été ;
Pour s’abîmer enfin, et sur l’onde éphémère
Ne restait qu’un soupçon du combat reflété.
C’étaient les jours de gloire où tout passe en semant
Dans sa chute un serment que la nuit n’est plus noire
Qu’avant l’aube. Et pourtant, l’aube trouva l’amant
Sur cette île insolente où règne la mémoire ;
Ses arbres étaient forts, leurs racines de fonte,
Leurs branches courbant d’or sous le poids des lingots !
Mais que pouvaient les fruits face à l’onde qui monte
Quand la tempête naît au cœur d’anciens échos.
Tourmentes et fracas, flanqués de leurs cohortes
D’acide dispersées aux vents lourds et puissants
Brisant les toits des jours dont on fermait les portes
En pensant faire un mur d’une fumée d’encens.
Si l’on en croit la vague et le temps qui s’enfuit,
Un rivage impassible éteindra ce qui gronde ;
Et entre deux assauts, on ne verra, sans bruit,
Que le vent caressant les cheveux bleus du monde.
C’est dans l’or d’un moment que s’emmêle et s’écrit
Une fable d’aurore, où, le temps qu’elle dure,
S’entre-apprennent le rude orage de l’esprit,
Le ciel qui ne dit mot et la mer qui murmure.
Juin 2012 - Jeu 23 Mai 2013
Pink Floyd, "Marooned" : http://www.youtube.com/watch?v=ENr_0BN214k
20 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 24 mai 2013 à 19:25
bluegirl · le samedi 25 mai 2013 à 14:28
Loin de la terre ferme la tempête et son fracas sont les reflets de nos vives tourmentes, et celui ou celle qui n'a pas gouté ce sel, na pas gouté au soulagement que procure la terre ferme, aussi insolente soit-elle!
Et comme quoi le repit vient souvent lorsqu'on ne l'attend plus, et d'une direction aussi innatendue que les vents indociles...
Si tu as commencé à écrire ce poème avec l'intention de me le dédicacer, le temps que tu as prit pour l'écrire est semblable à la brise marine, et ne se compte pas. Je suis ravie de cette belle immersion dans tous les cas.
Bises amicales. Lola.
domidom · le samedi 25 mai 2013 à 15:00
Ceci dit, un très beau poème que j'au eu beaucoup de plaisir à lire, même si bien sur, il t'était adressé personnellement.....
A bientôt, Domie....
http://www.mespoemes.net/domidom
mesreves(Béatrice) · le samedi 25 mai 2013 à 16:41
http://www.mespoemes.net/mesrevesBonjour Loïc
joli poème! est ce vous également qui avez peint ce joli tableau au dessus de votre poème si c'est le cas, impressionnant! Béatrice
salus · le samedi 25 mai 2013 à 18:07
http://www.mespoemes.net/salus
Élégant et musical, on se laisse emporter...
larose · le samedi 25 mai 2013 à 18:53
Je me laisse entraîner par le courant des mots bleus, très beau!!! Merci pour ce beau partage!!! Bonne journée et bon week-end!! biz
didou · le samedi 25 mai 2013 à 20:33
amitiés didou
Loïc · le dimanche 26 mai 2013 à 01:08
Amitiés !
worrell02 · le dimanche 26 mai 2013 à 23:28
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 28 mai 2013 à 18:54
.... annoncée d'entrée de jeux dans une construction intéressante du premier quatrain où chaque mot a son importance : "les brins d'air" qui font penser à des "brins de mers". Le "ils n'étaient que dérives" qui n'est pourtant qu'un second hémistiche du vers, arrive comme une cassure. Isolé, il met en valeur l'idée. Très fort !
Un 2ème quatrain sur le mode interpelatif qui casse encore subtilement la lecture (la "casse" n'a rien de péjoratif, elle destructure tout en laissant la structure du poème).
Et puis chaque quatrain est ainsi. Comme doté d'une vie autonome mais faisant partie d'un tout. De la belle ouvrage, dont, bien sûr tu va modestement renier la qualité. Pourtant je l'ai lu et relu et relu. Il est assez envoûtant. Et je dis ça faisant abstraction de toute amitié. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
ptiteliline · le mercredi 29 mai 2013 à 18:44
----
http://www.mespoemes.net/ptiteliline
Loïc · le jeudi 30 mai 2013 à 15:59
Quant au reste des quatrains, oui, ils ont leur vie propre, et trop, d'ailleurs. J'ai été incapable de faire une progression réussie, comme dans mon poème "Le Dernier Bateau", qui était assez similaire par certains côtés. Résultat : heureusement que tout est lié par l'appartenance à la longue métaphore que je fais entre l'esprit et la mer, parce que sinon ça part un peu dans tous les sens.
Ça y est, j'ai renié la qualité ! Contrat rempli. Mais je ne le trouve pas nul non plus. J'ai quelques tournures sympa et un travail très correct sur les sons (à mon sens), surtout vers la fin.
LOLA : Comme tu as la même fascination que moi pour la mer, tu sais à quel point il est facile de faire un parallèle entre l'esprit et la mer. Entre le calme plat, les tempêtes qui grondent, et la terre qui peut se prêter à de nombreuses métaphores, le sujet est cadeau (après, *réussir* ce parallèle est déjà moins évident...).
Pour ce qui est de la "purification par l'immersion", j'ai préféré ne pas en parler. Ici la communion n'était pas censée être physique ; j'ai même corrigé la version initiale du vers 1 avant de poster : il disait "et les pieds dans la mer". C'est mieux comme ça. Mais pas de doute, je suis capable de passer une journée entière dans l'eau !
Quant au temps passé à l'écrire... Je ne sais vraiment pas pourquoi, une fois les deux derniers quatrains écrits en premier, j'ai eu autant de mal à écrire le reste. Probable qu'en fait, ils se suffisent à eux-mêmes ?
Quant à la dédicace, je ne peux plus te dire si c'était une intention d'origine ou si c'est venu après suite à nos conversations sur la mer, mais elle est bien entendu à la fois sincère et logique.
Amitiés à tous deux !
Loïc · le jeudi 30 mai 2013 à 16:22
BEATRICE : Oui, le tableau du logo (pas l'illustration du poème donc, mais l'image au-dessus) est bien de moi. J'ai passé des mois infernaux de travail acharné à le réaliser, jusqu'à en avoir les mains meurtries autant que couvertes de peinture comme une seconde peau, et... ah, attends... on me parle dans l'oreillette... oui, la régie me dit d'arrêter de mentir... OK. Alors, le tableau du logo est une toile géante de Vladimir Kush, un fan de Dali, et elle s'appelle "Metaphorical Journey". Pfff... si on ne peut même plus s'approprier les oeuvres des autres, où va le monde.
SALUS : Merci pour l'appréciation !
LAROSE : Merci, et bon week-end à toi aussi (celui de cette semaine !).
DIDOU : Un com bref qui montre que tu saisis le rapport entre les deux... Après, je ne sais pas si les vagues font de l'esprit, mais au moins elles nous parlent.
IVY : Neptune is back, avec encore plus d'eau qu'avant. Décidément, il faut que j'arrête l'eau ; sans modération, c'est mauvais pour la santé.
LILINE : Merci de ton passage !
Amitiés à tous !
armandstas18 · le jeudi 30 mai 2013 à 17:15
http://www.mespoemes.net/armandstas18 cher Loïc, je suis heureux de te découvrir en tant que poète (merveilleux texte digne des plus grands...) plutôt que par des mails qui te demandent de l'aide et auxquels, tu réponds toujours avec gentillesse et compétence; amitiés, armand
Loïc · le jeudi 30 mai 2013 à 23:57
Bonne chance avec les scans ! Amitiés.
Ivy · le dimanche 9 juin 2013 à 23:08
Sea you ! Smile and wave !
http://www.mespoemes.net/worrell02
Loïc · le lundi 10 juin 2013 à 15:51
bluegirl · le lundi 4 novembre 2013 à 23:37
Je suis passée prendre un bol d'air marin ^ ^
...
Loïc · le mercredi 6 novembre 2013 à 17:20
mespoemes.net/bluegirl · le vendredi 13 octobre 2017 à 20:24
Bisous, Lola.
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