La Réserve ( Avec Cili )

Texte écrit avec la complicité de notre poétesse Cili,
qui travaille dans une réserve naturelle !
Caressant leurs cœurs squelettiques,
Quelques caciques de métier
Font tinter l’air de leur chantier :
Honneur aux hommes homériques !
Il en faudra pour tous les goûts !
Coupons ceci, coulons cela,
Bétonnons jusqu’à l’au-delà,
Changeons les gouttes en égouts !
Préférons la faux à la faune
A l’aune de nos ambitions !
Il faut fondre les fondations !
Où en est le dernier pylône ?
Meurs ! Meurs ! ourdissent leurs usines,
Résonant à vous rendre sourd,
Frappant la peau d’un tempo lourd
Sous le plomb gris de leurs machines.
Chut ! Sois notre passé ! Qu’on sache
Que totale est notre victoire
Quand on sacre « conservatoire »
Ce qui n’est pas mort sous la hache !
Réfugie-toi dans ta réserve
Ton paradis ignifugé
Perversement préservé
Par les yeux vert-d’eau de Minerve !
Le poison, promis ! pause aux portes ;
Car dans ton micro-coffre-four,
On fermera à double tour
Les souvenirs que tu emportes…
Meurs ! Meurs ! ourdissent leurs usines
Résonant à vous rendre sourd,
Frappant la peau d’un tempo lourd,
Sous le plomb gris de leurs machines.
Amis de la mort ! Fêtons ceux –
Eh mais… qu’est-ce dans mon champagne ?
Il vole donc à la campagne
Un dernier démon diarrhéeux !?
Et qui laisse pousser cette herbe
Sur la route de l’an dernier ?
C’était la route du pionnier
Nous la voulions noire et imberbe !
Et dans ma loge, un rat des champs !?
Que l’on verse à cette vermine
La formule qui l’extermine !
Rien ?... Sont-ils devenus mutants ?
Mourez ! Mourez ! murmure l’air
Avec la patience écrasante
De ce qui chante, éclot et hante
Toute ancienne ruine de fer.
Ne vous étonnez pas qu’on serve
La vie sans votre invitation,
Rouille et lierre et fleurs au béton :
Vous êtes dans notre réserve !
Mer 17-Sam 20 Mai 2017
Tryo, "L'Hymne de nos Campagnes" (forcément) !
https://www.youtube.com/watch?v=srb0lAK5wbA
Compte de Cili : http://www.mespoemes.net/cecilie
qui travaille dans une réserve naturelle !
Caressant leurs cœurs squelettiques,
Quelques caciques de métier
Font tinter l’air de leur chantier :
Honneur aux hommes homériques !
Il en faudra pour tous les goûts !
Coupons ceci, coulons cela,
Bétonnons jusqu’à l’au-delà,
Changeons les gouttes en égouts !
Préférons la faux à la faune
A l’aune de nos ambitions !
Il faut fondre les fondations !
Où en est le dernier pylône ?
Meurs ! Meurs ! ourdissent leurs usines,
Résonant à vous rendre sourd,
Frappant la peau d’un tempo lourd
Sous le plomb gris de leurs machines.
Chut ! Sois notre passé ! Qu’on sache
Que totale est notre victoire
Quand on sacre « conservatoire »
Ce qui n’est pas mort sous la hache !
Réfugie-toi dans ta réserve
Ton paradis ignifugé
Perversement préservé
Par les yeux vert-d’eau de Minerve !
Le poison, promis ! pause aux portes ;
Car dans ton micro-coffre-four,
On fermera à double tour
Les souvenirs que tu emportes…
Meurs ! Meurs ! ourdissent leurs usines
Résonant à vous rendre sourd,
Frappant la peau d’un tempo lourd,
Sous le plomb gris de leurs machines.
Amis de la mort ! Fêtons ceux –
Eh mais… qu’est-ce dans mon champagne ?
Il vole donc à la campagne
Un dernier démon diarrhéeux !?
Et qui laisse pousser cette herbe
Sur la route de l’an dernier ?
C’était la route du pionnier
Nous la voulions noire et imberbe !
Et dans ma loge, un rat des champs !?
Que l’on verse à cette vermine
La formule qui l’extermine !
Rien ?... Sont-ils devenus mutants ?
Mourez ! Mourez ! murmure l’air
Avec la patience écrasante
De ce qui chante, éclot et hante
Toute ancienne ruine de fer.
Ne vous étonnez pas qu’on serve
La vie sans votre invitation,
Rouille et lierre et fleurs au béton :
Vous êtes dans notre réserve !
Mer 17-Sam 20 Mai 2017
Tryo, "L'Hymne de nos Campagnes" (forcément) !
https://www.youtube.com/watch?v=srb0lAK5wbA
Compte de Cili : http://www.mespoemes.net/cecilie
18 commentaires
Plumeflore · le lundi 22 mai 2017 à 23:15
belle poésie origine!
Marc!
Micheline 1940 · le mardi 23 mai 2017 à 07:06
Voilà un texte qui donne à réfléchir aux pauvres êtres que nous sommes devenus, prisonniers de la ville béton, où quelquefois, la Nature arrive à émerger d'un compact macadam ! Une jolie petite fleur peut en sortir, frêle et tremblante, et pourtant, le miracle est là, parvenant malgré toute vraisemblance à percer et fleurir ! Le miracle de vie ! J'ai apprécié ce texte vrai et fort, remuant nos consciences.
Mes compliments pour Cili et vous-même, cher Loïc ! Comme aussi,
mes amitiés à vous deux !
Micheline.
A : .Sujet : Tr : fleurs de cactus s’épanouissant > Xin mời...
https://www.youtube.com/embed/_hwDdE0Gu4E
Loïc · le mardi 23 mai 2017 à 16:25
Non, heureusement, on est nombreux à aimer et respecter (par les actes !) ce qui reste de notre environnement, qui de toutes façons nous reprendra tout un jour.
C'est ce qu'*elle* dirait !!
Amitiés Marc !
Loïc · le mardi 23 mai 2017 à 16:31
Quant au reste, Cili pourrait vous expliquer mieux que moi le nombre de centaines de milliards d'euros qui passent chaque année dans l'entretien de nos bâtiments attaqués de toutes part. La nature laisse aucun répit à ce qui essaie de la grignoter, et il faut voir Cili s'émerveiller qu'une racine en grandissant abatte un mur non entretenu. Elle, elle est pour la racine, bien sûr !
Je parle en nos deux noms parce qu'elle est très occupée en ce moment, mais elle fera sans doute une apparition.
Merci de notre part à tous deux, Micheline ! Amitiés.
Plumeflore · le mardi 23 mai 2017 à 16:45
Je veux des fleurs, du foin, des mauvaises herbes qui n'en sont pas d'ailleurs et puis des livres encore des livres, je fais gaffe que Marie ne lise pas ce que j'écris car les livres elle n'en peut plus la pauvre, il ne reste qu'une salle sans livre la cuisine partout ailleurs c'est des châteaux forts de livres!! bon j'arrête promis!!
bonne soirée!
Marc!
Don Kameleon · le mardi 23 mai 2017 à 18:04
Amicalement.
Don.
www.mespoemes.net/kameleon
domidom · le mercredi 24 mai 2017 à 16:00
Un joli poème que l'on prend plaisir à parcourir, on s'y promène avec délice et aussi avec un peu de frayeur, déjà le deuxième quatrain donne le ton, j'ai
passé n agréable moment de lecture ce fut un réel bonheur...
A bientôt....
Amitiés Domie
Loïc · le jeudi 25 mai 2017 à 13:52
Amitiés Don !
Loïc · le jeudi 25 mai 2017 à 13:58
Bises Domie !
Loïc · le jeudi 25 mai 2017 à 14:03
Bon ermitage Marc !
mespoemes.net/bluegirl · le jeudi 25 mai 2017 à 14:10
Cili et Loïc,..waaah, j'en redemande !
Juste un "bémol", (mais j'ai l'habitude de penser "autrement", lol), je ne perçois pas ce qui est apaisant...la dénonciation ?...moi ça me fait frisonner. Pas sur la forme, c'est bien amené : super premier quatrain (le septième et l'avant dernier aussi pour ne citer qu'eux !)
Une pensée particulière à Cili et bisous à vous deux !
Lola.
Loïc · le jeudi 25 mai 2017 à 14:58
La fin est plutôt de moi, le premier et septième plutôt de Cili (là où il y a BEAUCOUP de jeux de sons, c'est sa patte, même si j'en fais aussi) et l'idée d'utiliser un refrain aussi.
Loïc · le jeudi 25 mai 2017 à 14:59
elise289 · le samedi 27 mai 2017 à 11:53
Révoluterre ce poème à 2 mains!
A la fois conquérant et plein de beauté sur le regard porté à la nature..
Les mots sont semés comme des petites graines qui donne envie de croire que la nature reprend toujours ses droits!
Le vrai ,l'authentique se trouve t'il pas à la source de nos propre racines ?
Vous avez planté le décor:
une alchimie humaniste et faite de complicité qui fait plaisir à lire.
Belle illustration .
bon choix musical qui tombe à pic!
Prenons nos pioches!citoyens!
Prenons nos pioches..
Refrain quand tu nous tiens!mérite d'être mis en chanson ..
Ah !merci aussi pour l'originalité de certain mots quej'avais sortie de mes tiroirs cérébraux .
J'ai eu besoin du dictionnaire du jardinier,bien sûr!
Bises très terre à terre pour le coup!
Elise
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 28 mai 2017 à 13:13
Je n'avais pas eu le temps de prendre le temps d'un introspectif voyage dans votre poème commun et d'y semer un commentaire, à la veille d'une de mes moultes errances.
Me voici enfin.
Mais, que dire après tous ces commentaires qui précèdent ! Ca m'apprendra à m'absenter.
Alors allons-y :
Sur le fond, je vais commencer par une banalité, mais ô combien en rapport avec le poème.
Je reviens tout juste d'un mini séjour dans les parcs naturels des Ballons d'Alsace, puis au coeur de la Fôret Noire.
Au loin, une biche timide a même pointé le bout de son nez, avant de disparaître, effrayée par la présence de l'Homme, à moins que ce ne sois le bruit du moteur de ma voiture ! Mais Dieu que les fleurs étaient belles, comme la montagne était belle aussi.
Alors, ô ami(e)s, je me garderai bien de faire le moindre pas dans "votre réserve". Elle n'y souffre aucune autre présence. Pour rien au monde je ne la ferai mourir. Je ne la ferais souffrir.
Au pied d'une ferme de la Swartzwald, il m'a semblé apercevoir l'ombre furtive d'un gros rat des champs. Le bienheureux ! Je devais continuer mon chemin en longeant le Rhin, passant près de la centrale nucléaire de Fessenheim, et traverser la zone industrielle de Bâle avant d'entrer dans la ville. La vitre était fermée, je n'ai pas entendu le hurlement féroce des usines, à vous rendre sourd, oui. Sourd aux couleurs de la nature, aussi.
Alors, outre le fond original de votre poème à deux mains (et non pas à quatre, comme au piano), qui mérite à lui seul un grand bravo, un grand merci pour le message que contient, avec une si intéressante originalité, votre poème.
Mais je ne suis que l'écho retardataire, ici, de ce que tous les ami(e)s vous ont écrit avant moi.
Amitiés à toi, Loïc, ainsi qu'à toi, Cili.
Take it easy and take care. Philip
(mespoemes.net/philipchevalier)
Loïc · le lundi 5 juin 2017 à 13:26
Enfin... je dis "on s'en fiche", mais j'en connais une qui ne se fiche pas de la disparition ou de la mise en danger de n'importe quelle sous-espèce n'arrivant pas à s'adapter à l'homme ! mais la gladiatrice du dodo (l'animal éteint, oui !!) n'est pas loin et elle en sait plus que moi.
Bises Élise !
Susan (Coquelicot ) · le mercredi 29 novembre 2017 à 07:50
Un poème très beau où je l’avoue, cette réalité me fait peur…
Même si je suis une amoureuse de la ville, cette nature, j’en ai besoin pour me ressourcer !
Je me demande toujours quand l’homme aura compris qu’il faut la respecter, j’ai en tête de bien tristes paysages où malheureusement les déchets sauvages y règnent et c’est hélas ainsi dans toutes les régions !
Mais pour être positive, j’ai enfoui dans mon cœur, d’agréables souvenirs, en forêt de Fontainebleau où des sangliers se promenaient entourés de marcassins…
La rencontre d’une biche en Alsace …
Et l’année dernière en bordure du lac du Loch Ness, je n’y ai pas vu le monstre, mais un cerf …C’était magique !
Merci Loïc, en espérant que ce poème fera réfléchir. Bises. Susan
www.mespoemes.net/susanchevalier
Loïc · le mardi 5 décembre 2017 à 19:46
C'est à cette résistance obstinée que ce poème est dédié, à travers les deux derniers quatrains. Rassure-toi, nous sommes des parasites sur le dos d'une grosse bête qui n'en mourra pas pour autant.
Bises Susan !
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