Les Nefs Pt. 3 : Le Bord Du Monde

LES NEFS III : LE BORD DU MONDE
Il est un désert d’eau sur la lame égoïste
Dont les légendes même ont quitté l’établi :
Le vent meurt sous la voile, et la terre n’existe
Que dans le dernier conte à survivre à l’oubli.
C’est l’océan qu’on fait, non celui qu’on subit
Qui règne sous l’étrave ; et de vastes colonnes
Portent les temples où, pillant le temps qui fuit,
Les sirènes ont pris le restant des automnes.
C’est au tour de l’hiver de descendre sur l’eau.
L’abîme n’était rien qu’une étape éphémère,
Embrasser la noirceur d'un fugitif berceau
De gestation élu sous une stèle amère.
Le froid claque en surface et réveille les joues ;
De nouvelles saisons – jurées ? imaginaires ? –
S’annoncent sur le vent, sans renier sur les proues
Les traces des combats des vaisseaux sanguinaires.
Au-delà de l’écho des empires perdus
Se moquant, sur les ponts, des illusions intactes
Tempêtent des accords qu’on pensait révolus
Renaissant un instant au flanc des cataractes.
Le bord du monde approche et les embruns explosent ;
Les nefs vibrent enfin aux partitions brûlées
Qui chantent dans les mâts ; leurs diapasons composent
La seule note écrite aux vagues oubliées :
S’il n’y a qu’un plongeon, qu’il soit vers l’abandon !
Non les tristes replis de la douleur acquise
Mais l’échelle à gravir vers l’espace ou le fond,
Qui nous laisse choisir si la vie est de mise.
Sam 10 - Sam 17 Décembre 2010
Il est un désert d’eau sur la lame égoïste
Dont les légendes même ont quitté l’établi :
Le vent meurt sous la voile, et la terre n’existe
Que dans le dernier conte à survivre à l’oubli.
C’est l’océan qu’on fait, non celui qu’on subit
Qui règne sous l’étrave ; et de vastes colonnes
Portent les temples où, pillant le temps qui fuit,
Les sirènes ont pris le restant des automnes.
C’est au tour de l’hiver de descendre sur l’eau.
L’abîme n’était rien qu’une étape éphémère,
Embrasser la noirceur d'un fugitif berceau
De gestation élu sous une stèle amère.
Le froid claque en surface et réveille les joues ;
De nouvelles saisons – jurées ? imaginaires ? –
S’annoncent sur le vent, sans renier sur les proues
Les traces des combats des vaisseaux sanguinaires.
Au-delà de l’écho des empires perdus
Se moquant, sur les ponts, des illusions intactes
Tempêtent des accords qu’on pensait révolus
Renaissant un instant au flanc des cataractes.
Le bord du monde approche et les embruns explosent ;
Les nefs vibrent enfin aux partitions brûlées
Qui chantent dans les mâts ; leurs diapasons composent
La seule note écrite aux vagues oubliées :
S’il n’y a qu’un plongeon, qu’il soit vers l’abandon !
Non les tristes replis de la douleur acquise
Mais l’échelle à gravir vers l’espace ou le fond,
Qui nous laisse choisir si la vie est de mise.
Sam 10 - Sam 17 Décembre 2010
15 commentaires
Agrippa · le vendredi 17 décembre 2010 à 17:16
http://www.mespoemes.net/cauria
aristio · le vendredi 17 décembre 2010 à 17:33
J'adore ton style!
Bravo!
toute mon admiration Loic!
Merci!
A bientot!
Thierry
http://www.mespoemes.net/aristio
imparfaitlibre · le vendredi 17 décembre 2010 à 17:44
toute ma sincère amitiés cher Loïc
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Loïc · le vendredi 17 décembre 2010 à 17:50
Imparfait : ma trilogie disparate est l'illustration de quelques points forts d'un voyage. L'image du bord du monde signifie l'instant où on cesse d'être sûr de ce que réserve l'avenir, en bien ou en mal. Je te souhaite également un nouveau monde !
Amitiés à tous trois
----
http://www.mespoemes.net/cellox
domidom · le vendredi 17 décembre 2010 à 18:12
Je n'ai pas lu les deux premiers, ce que je vais faire en début de semaine, car, pour apprécier pleinement, il faut avoir lu les précédents je suppose...
Magnifique poésie mon cher ami.
A bientôt..
alto · le vendredi 17 décembre 2010 à 19:12
tu pratiques volontairement ... Salut !
http://www.mespoemes.net/alto
Loïc · le vendredi 17 décembre 2010 à 19:35
Alto : eh oui, c'est dit, j'ai fait mon choix ! Mais je continue d'apprécier les poèmes qui respectent ces règles supplémentaires.
Merci de votre passage !
imparfaitlibre · le samedi 18 décembre 2010 à 02:09
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
orbel · le samedi 18 décembre 2010 à 04:28
Magnifique
vs591 · le samedi 18 décembre 2010 à 09:10
Comme un ami me disait : " Mille chemins s'ouvrent à moi et pourtant je n'en prendrai qu'un seul, celui de la vie! "
Vincent
http://lesyeuxclos.fr
http://www.mespoemes.net/vs591
Balladin84 · le samedi 18 décembre 2010 à 10:37
ttp://www.mespoemes.net/palaisroyal84
osaintamouro · le samedi 18 décembre 2010 à 11:27
J'ai aimé les périples de cette Nef
Sur l'Océan houleux de nos propres Angoisses, "L'Angoisse " d'un Monde finissant...qu'une Puissante Main viendra, face à l'impuissance Humaine, prodigieusement trans-Former!
Très belle lecture avec un sens profond à peine voilé!
Je viendrai le relire...
Ce beau poème!
Amitié de:
SAINT-AMOUR.
http://www.mespoemes.net/osaintamouro
Loïc · le samedi 18 décembre 2010 à 18:25
Vincent : oui, j'ai envie d'autre chose ; mais ce n'est pas seulement une question de vouloir, mais d'être prêt. Et bien entendu, je précise que mon "bord du monde" n'est aucunement une porte ouverte à la mort, il ne fait que mettre en opposition le choix entre la vie et la non-vie.
Balladin : Tu me compares à V. Hugo ? Mais il faut comparer ce qui est comparable... VH n'était qu'un pitoyable amateur, tandis que je suis un aède confirmé. Soyons juste en toutes choses. De plus, il est mort. La honte de son infériorité lui est donc heureusement épargnée.
Saint-Amour : un monde est en effet en train de finir, mais je ne ressens aucune angoisse, plutôt l'anticipation du voyage !
Merci à tous de votre passage !
nyctal · le mardi 21 décembre 2010 à 00:22
Poétiquement,
Nyctal
domidom · le jeudi 23 décembre 2010 à 11:37
Superbe!!!
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