La Mille- Et- Unième Histoire

Un vieux poème de 2003 retrouvé... Il est en néo, donc avis à.
LA 1001e HISTOIRE
Schéhérazade, allant un beau soir contempler
Le monde, de sa tour à tous les vents offerte,
Avise une colombe échouée à ses pieds,
Les ailes déchirées et d’huile recouvertes.
« Approche, dit l’oiseau, je t’offre ma mémoire.
Je n’irai pas plus loin, car le ciel me relâche
Et le sol m’aura bue quand tombera le soir ;
C’est à toi qu’il revient de poursuivre ma tâche.
« J’apporte les leçons des mythes et des contes
D’une époque à venir que tu ne verras pas,
Où de hauts faits coulés dans la plus basse honte
Font la fierté des chiens, des fous et des prélats.
« J’ai vu de hautes tours d’où des djinns fous de rage
Commandaient sans effort aux pluies de météores,
Lames de corail feu transperçant les nuages
Pour raser des contrées en écho d’un seul sort.
« Cent fois j’ai vu voler de glorieux éphémères,
Voulant aller plus haut sur des ailes de cire
Qu’ils ne pouvaient aller sur des ailes de fer :
Pas un ne survécut à son propre délire.
« J’ai vu l’ultime instant où les âmes s’écroulent,
Quand la torche noircit un mur souillé d’ordures
Au son de mots haineux qui entraînent les foules
Et promettent l'amour au milieu des injures.
« Cent fois des voix usées brandirent des récits,
Des contes de sagesse exposant mille erreurs,
Tachés du sang des mains qui les avaient écrits ;
Mais chacun d’eux brûla au bûcher de la peur.
« J’ai vu des charognards se disputer le ciel,
Des derviches déçus quitter la farandole,
Des rêves étranglés se soumettre à l’appel
De faux dieux incarnés par de fausses idoles.
« Cent fois j’ai attendu que l’on tire un couteau,
Non pour tuer son pair, mais pour oser inscrire
Des lettres enlacées sur le tronc d’un bouleau,
Avant que l’amertume étende son empire.
« J’ai espéré en vain ; les étoiles se voilent,
Et rien ne leur rendra leur éclat de jadis.
Chaque jour le soleil se fait un peu plus pâle
Et cèdera un soir à l’éternelle nuit. »
Sur cette prophétie, le vent saisit l’oiseau
Qui tombe de la tour telle une feuille blanche.
Du doigt, Schéhérazade esquisse quelques mots :
« Quant à moi, si je pleure à la chute d’un ange,
« Cent fois j’ai oublié la fin d’une colombe :
Car pour chaque oiseau mort d’avoir perdu espoir
Dix autres chanteront, avant que la nuit tombe,
Les vertiges d’une mille-et-unième histoire. »
Lundi 22 Décembre 2003
LA 1001e HISTOIRE
Schéhérazade, allant un beau soir contempler
Le monde, de sa tour à tous les vents offerte,
Avise une colombe échouée à ses pieds,
Les ailes déchirées et d’huile recouvertes.
« Approche, dit l’oiseau, je t’offre ma mémoire.
Je n’irai pas plus loin, car le ciel me relâche
Et le sol m’aura bue quand tombera le soir ;
C’est à toi qu’il revient de poursuivre ma tâche.
« J’apporte les leçons des mythes et des contes
D’une époque à venir que tu ne verras pas,
Où de hauts faits coulés dans la plus basse honte
Font la fierté des chiens, des fous et des prélats.
« J’ai vu de hautes tours d’où des djinns fous de rage
Commandaient sans effort aux pluies de météores,
Lames de corail feu transperçant les nuages
Pour raser des contrées en écho d’un seul sort.
« Cent fois j’ai vu voler de glorieux éphémères,
Voulant aller plus haut sur des ailes de cire
Qu’ils ne pouvaient aller sur des ailes de fer :
Pas un ne survécut à son propre délire.
« J’ai vu l’ultime instant où les âmes s’écroulent,
Quand la torche noircit un mur souillé d’ordures
Au son de mots haineux qui entraînent les foules
Et promettent l'amour au milieu des injures.
« Cent fois des voix usées brandirent des récits,
Des contes de sagesse exposant mille erreurs,
Tachés du sang des mains qui les avaient écrits ;
Mais chacun d’eux brûla au bûcher de la peur.
« J’ai vu des charognards se disputer le ciel,
Des derviches déçus quitter la farandole,
Des rêves étranglés se soumettre à l’appel
De faux dieux incarnés par de fausses idoles.
« Cent fois j’ai attendu que l’on tire un couteau,
Non pour tuer son pair, mais pour oser inscrire
Des lettres enlacées sur le tronc d’un bouleau,
Avant que l’amertume étende son empire.
« J’ai espéré en vain ; les étoiles se voilent,
Et rien ne leur rendra leur éclat de jadis.
Chaque jour le soleil se fait un peu plus pâle
Et cèdera un soir à l’éternelle nuit. »
Sur cette prophétie, le vent saisit l’oiseau
Qui tombe de la tour telle une feuille blanche.
Du doigt, Schéhérazade esquisse quelques mots :
« Quant à moi, si je pleure à la chute d’un ange,
« Cent fois j’ai oublié la fin d’une colombe :
Car pour chaque oiseau mort d’avoir perdu espoir
Dix autres chanteront, avant que la nuit tombe,
Les vertiges d’une mille-et-unième histoire. »
Lundi 22 Décembre 2003
16 commentaires
aristio · le dimanche 26 décembre 2010 à 18:16
L'espoir est éternel mon ami Loic comme tu le décris si bien!
Bravo à toi pour ces instants de lecture magnifique!
Toute mon amitié!
Thierry
http://www.mespoemes.net/aristio
alto · le dimanche 26 décembre 2010 à 18:25
des tolérances que"tolère", mais n'impose pas l'école "néo-classique "!Elle ne fut pas composée sur le verglas!car(je crois bien qu')aucun alexandrin ne boite ! (et ça donne encore envie de danser même à un éclopé...)De beaux restes ! Salut !
http://www.mespoemes.net/alto
Loïc · le dimanche 26 décembre 2010 à 20:54
Alto : Pas de problème de métrique, non, mais un alexandrin "boiteux" tout de même : le dernier, avec un E prononcé à la césure. Mais ce poème devait être mon 4e ou 5e... erreur de jeunesse !
Amitiés à vous, merci de votre passage !
imparfaitlibre · le dimanche 26 décembre 2010 à 21:13
Un long et trés beau néo mon cher Loïc que j'ai réussi à lire jusqu'au bout!!! un exploit quand on connait mes soucis de concentration....
amitié !! héhé--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
worrell02 · le dimanche 26 décembre 2010 à 21:29
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Loïc · le lundi 27 décembre 2010 à 00:32
Ivy : mes poèmes faisaient leurs premiers pas, rien d'étonnant alors s'ils vacillaient un peu ! Et il reste encore de la route au bébé, plus dans la métrique, mais tout le reste.
Merci de votre passage !
orbel · le lundi 27 décembre 2010 à 06:18
Amitié
estrella28 · le lundi 27 décembre 2010 à 08:32
amitiés estrella
http://www.mespoemes.net/estrella28
Loïc · le lundi 27 décembre 2010 à 15:16
Estrella : j'espère que tu as profité, car ma période "fables" s'est finie en 2009. On attend ton poème... un conte de nouvel an ?
Amitiés
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http://www.mespoemes.net/cellox
claude · le lundi 27 décembre 2010 à 18:57
Balladin84 · le mardi 28 décembre 2010 à 09:07
Amitiés.
www.mespoemes.net/palaisroyal84
Loïc · le mardi 28 décembre 2010 à 14:16
Un sheikh ? où ça ? Ah pardon, il faut se baisser. Quant à la subtilité sur ce genre de sujet, j'ai fait un peu mieux depuis, heureusement.
Balladin : ce n'est pas la 1001e Histoire... elle n'est que prédite (enfin... espérée...). Quant à la longueur, pas de doute, 12 quatrains, ça pèse. C'était ce que je faisais à l'époque ("L'Homme et le Chien", "Venise Engloutie"...). Les fables sont difficiles à boucler en 6 quatrains.
Merci de votre passage !
domidom · le mercredi 29 décembre 2010 à 16:44
Magnifique ce poème, bien inspiré et surtout très bien écrit...
La colombe dite de la paix, et aussi la colombe de l'espoir.
Le fond de ce poème est génial...
Bien qu'un peu long, j'ai adoré te lire...
Amitiés..
Loïc · le jeudi 30 décembre 2010 à 13:31
Désolé pour la longueur.
Merci de ton passage !
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http://www.mespoemes.net/cellox
Goug · le lundi 10 janvier 2011 à 19:24
http://www.mespoemes.net/myworld/
Loïc · le jeudi 13 janvier 2011 à 23:33
Merci de ton passage Goug !
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