Ces Exemples d' Eux

CES EXEMPLES D’EUX
Une âme suit la goutte au doigt de l’étamine,
S’abandonnant enfin au chevet du pistil
Tandis qu’au fond du ciel gronde l’air qu’illumine
La sauvage lueur d’un argent volatil ;
Une pièce au comptoir invite un autre verre ;
L’œil court de flamme en flamme allumée dans le bar ;
Qui rit donc, et de quoi ? S’épaissit le mystère
Face au tumulte heureux abreuvé de nectar ;
Il a suffi d’un cri pour que l’hôpital, blanc
Comme une page vide où s’abat la folie,
Souffle à l’homme insomniaque affalé sur un banc
Qu’en un violent instant s’est dédoublée sa vie,
Et l’amour se surprend à dévoyer la brute,
En lui montrant enfin qu’elle est plus que le roc
Lâché par une serre et piégé dans la chute :
Même une aile embrasée retardera le choc…
***
Ils sont tous un peu çà, un peu là, un peu seuls,
Un peu saisis d’un rien, les sens noués en gerbe ;
Vibrant sitôt qu’un son vient frôler leurs linceuls
Dans l’appel d’un enfant ou dans le chant de l’herbe :
Et malgré les édits, eux voient bien, eux voient mieux
Préférant les feux brefs aux âtres qui grésillent ;
Même si leur beauté n’existe que par eux,
C’est grâce à leur beauté qu’ils savent quand ils brillent.
Jeu 10 - Sam 12 Février 2011
Une âme suit la goutte au doigt de l’étamine,
S’abandonnant enfin au chevet du pistil
Tandis qu’au fond du ciel gronde l’air qu’illumine
La sauvage lueur d’un argent volatil ;
Une pièce au comptoir invite un autre verre ;
L’œil court de flamme en flamme allumée dans le bar ;
Qui rit donc, et de quoi ? S’épaissit le mystère
Face au tumulte heureux abreuvé de nectar ;
Il a suffi d’un cri pour que l’hôpital, blanc
Comme une page vide où s’abat la folie,
Souffle à l’homme insomniaque affalé sur un banc
Qu’en un violent instant s’est dédoublée sa vie,
Et l’amour se surprend à dévoyer la brute,
En lui montrant enfin qu’elle est plus que le roc
Lâché par une serre et piégé dans la chute :
Même une aile embrasée retardera le choc…
***
Ils sont tous un peu çà, un peu là, un peu seuls,
Un peu saisis d’un rien, les sens noués en gerbe ;
Vibrant sitôt qu’un son vient frôler leurs linceuls
Dans l’appel d’un enfant ou dans le chant de l’herbe :
Et malgré les édits, eux voient bien, eux voient mieux
Préférant les feux brefs aux âtres qui grésillent ;
Même si leur beauté n’existe que par eux,
C’est grâce à leur beauté qu’ils savent quand ils brillent.
Jeu 10 - Sam 12 Février 2011
17 commentaires
worrell02 · le samedi 12 février 2011 à 08:41
Savoir qui on est, c'est là l'essentiel.
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
alto · le samedi 12 février 2011 à 09:22
http://www.mespoemes.net/alto
domidom · le samedi 12 février 2011 à 11:29
Très beau poème, pour moi, une vision sur le mystère...
A bientôt mon ami Loïc...
Loïc · le samedi 12 février 2011 à 11:47
Alto : ou bien la lumière nous trouve, puisqu'on ne peut pas se forcer à la voir.
Domidom : "rire de qui et de quoi", oui !! l'important est de s'amuser (bien que comme disait Desproges, "on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde").
Amitiés à tous trois, merci de votre passage !
aristio · le samedi 12 février 2011 à 19:26
Je les plains en reconnaissant que l'ambiance des bistrots du dimanche me fait un peu mal au coeur!
Beau poème cher Loic!
Amitié!
Thierry
http://www.mespoemes.net/aristio
imparfaitlibre · le samedi 12 février 2011 à 19:30
amitiés sincères cher Loïc.---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Loïc · le samedi 12 février 2011 à 23:12
Imparfait, "Voir une beauté dans tout état de chose" : nul doute que je suis parti, en faisant très attention de ne pas plagier, d'un de mes poètes favoris, William Blake ; la citation ci-dessous est celle de mon profil depuis Mars :
"To see a World in a grain of sand
And a Heaven in a wild flower
To hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour." (William Blake)
("Voir un monde dans un grain de sable
Et le divin dans une fleur sauvage
Faire tenir l'infini dans la paume de sa main
Et l'éternité en une heure.")
Merci à tous deux de votre passage !
flocons · le samedi 12 février 2011 à 23:49
http://www.mespoemes.net/flocons
voilà j'ai trouvé ton site et bravo pour ton ecriture!
merci pour le conseil bonsoir
foliedouce · le dimanche 13 février 2011 à 00:59
José · le dimanche 13 février 2011 à 15:01
vesta · le dimanche 13 février 2011 à 15:47
Loïc · le lundi 14 février 2011 à 00:25
Amitiés à tous !
imparfaitlibre · le lundi 14 février 2011 à 01:22
amitiés sincères.---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
fanfan23 · le lundi 14 février 2011 à 07:58
http://www.mespoemes.net/fanfan23
Très beau poème surnageant dans les mystères et le sombre de la nuit.J'ai adoré ces inconnus qui se rencontrent
dans des tavernes sombres et floues
buvant un verre dans cet énigmatique
décor.J'ai beaucoup apprécié ce très beau poème.Merci du partage.ton ami lyamine
Loïc · le lundi 14 février 2011 à 11:05
Lyamine : les tavernes sombres et floues m'évoquent également la gaieté, celle qui ne durera que quelques heures par semaines pour certains.
Amitiés, et merci de votre passage (ou re-passage !)
altlivia · le lundi 14 février 2011 à 11:37
Les deux dernières strophes sont elles magnifiques, et là, ça m'a parlé.
----
http://www.mespoemes.net/altlivia
Loïc · le lundi 14 février 2011 à 11:43
Merci de ton passage !
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