Micro- Ondes ( Poème Classique De Grande Qualité )

MICRO-ONDES
C’est la fête aujourd’hui, car j’ai mon micro-ondes
Et le mode d’emploi qu’il me faut là bûcher :
Rien que l’avoir en main me fait faire des rondes,
Il faut que je vais voir comment tout va marcher.
J’apprends déjà qu’il pèse au moins treize kilos
Que jamais il ne faut que votre enfant le touche ;
Et qu’il peut arriver des trucs pas rigolos
S’il met un élément du moteur dans sa bouche.
Mais après ça devient bien plus intéressant :
Pour s’en servir il faut d’abord ouvrir la porte
Et dedans y placer un plat bien nourrissant
Que le plateau de verre – attention – supporte.
Quand le four est fermé, vite il faut appuyer
Sur le bouton de marche en haut là-bas à droite,
Et choisir la chaleur qu’on voudra déployer
Pour que ça ne soit pas trop cuit, trop froid, trop moite.
Ensuite on peut lancer la cuisson de la chose
Qu’on a placée au fond de ce bel instrument
Et attendre la fin, sans être trop morose,
Pour déguster enfin le sublime aliment.
Mais je m'arrête ici, vous avez trop souffert !
Car il faut bien noter que ce poème ignoble
Qui en classique honnête ainsi vous est offert
N’a nulle poésie aux ceps de son vignoble.
Lundi 27 Juin 2011
Cette petite mascarade inoffensive ( ?) prévue de longue date
n’a pour but que de rappeler que le classique, ici respecté à la lettre,
n’est pas de la poésie en soi ; il n’en est qu’un outil parmi des centaines d’autres.
Dans ce poème, ceux qui sont habitués à ciseler trouveront tout ce qui
est haïssable dans un écrit téléphoné (ces 5 quatrains ont été écrits en 20 minutes),
avec toutes les horreurs que sont les sacrifices à la rime, les mots bouche-trou pour
atteindre le compte de pieds, et bien sûr la platitude de l’absence de poésie.
Moralité : jamais on ne peut décider de la valeur d’un poème
en se basant seulement sur le format employé pour l’écrire.
Et au cas où les adeptes du libre voudraient se jeter dans la brèche,
j’ajoute que ça vaut pour tous les styles !
La poésie se trouve bien au-delà des choix formels (et le libre en est un aussi).
C’est la fête aujourd’hui, car j’ai mon micro-ondes
Et le mode d’emploi qu’il me faut là bûcher :
Rien que l’avoir en main me fait faire des rondes,
Il faut que je vais voir comment tout va marcher.
J’apprends déjà qu’il pèse au moins treize kilos
Que jamais il ne faut que votre enfant le touche ;
Et qu’il peut arriver des trucs pas rigolos
S’il met un élément du moteur dans sa bouche.
Mais après ça devient bien plus intéressant :
Pour s’en servir il faut d’abord ouvrir la porte
Et dedans y placer un plat bien nourrissant
Que le plateau de verre – attention – supporte.
Quand le four est fermé, vite il faut appuyer
Sur le bouton de marche en haut là-bas à droite,
Et choisir la chaleur qu’on voudra déployer
Pour que ça ne soit pas trop cuit, trop froid, trop moite.
Ensuite on peut lancer la cuisson de la chose
Qu’on a placée au fond de ce bel instrument
Et attendre la fin, sans être trop morose,
Pour déguster enfin le sublime aliment.
Mais je m'arrête ici, vous avez trop souffert !
Car il faut bien noter que ce poème ignoble
Qui en classique honnête ainsi vous est offert
N’a nulle poésie aux ceps de son vignoble.
Lundi 27 Juin 2011
Cette petite mascarade inoffensive ( ?) prévue de longue date
n’a pour but que de rappeler que le classique, ici respecté à la lettre,
n’est pas de la poésie en soi ; il n’en est qu’un outil parmi des centaines d’autres.
Dans ce poème, ceux qui sont habitués à ciseler trouveront tout ce qui
est haïssable dans un écrit téléphoné (ces 5 quatrains ont été écrits en 20 minutes),
avec toutes les horreurs que sont les sacrifices à la rime, les mots bouche-trou pour
atteindre le compte de pieds, et bien sûr la platitude de l’absence de poésie.
Moralité : jamais on ne peut décider de la valeur d’un poème
en se basant seulement sur le format employé pour l’écrire.
Et au cas où les adeptes du libre voudraient se jeter dans la brèche,
j’ajoute que ça vaut pour tous les styles !
La poésie se trouve bien au-delà des choix formels (et le libre en est un aussi).
19 commentaires
larose · le lundi 27 juin 2011 à 22:14
C'est une onde qui nous traverse, comme les rivières qui scintillent en millier d'étoiles, cela touche notre coeur c'est comme celui ou celle que l'on choisi c'est une chose qui nous dépasse!!!
Voilà belle soirée à toi
amitiés
Loïc · le lundi 27 juin 2011 à 22:27
La poésie est dans les mots avant d'être dans les rimes ou quoi que ce soit d'autre ; quel que soit la forme choisie, elle ne pourra rien pour le poète si la beauté n'est pas là.
Amitiés
estrella28 · le lundi 27 juin 2011 à 23:03
parfois je trouve que trop de rigeur tue la spontanéité ou alors ,c'est comme une langue étrangèreil faudrait l'avoir apprise depuis l'école, sinon nous ferons toujours de erreurs sur les hiatus les diérèses,et je ne sais quoi, il faut laisser couler les mots comme des notes de musiques!
très amicalement Loïc
estella
rejane · le lundi 27 juin 2011 à 23:15
----
http://www.mespoemes.net/rejane
Loïc · le lundi 27 juin 2011 à 23:22
Tout ce que je veux faire ici, c'est remettre la poésie entière à l'honneur, pas taper sur une de ses déclinaisons en particulier.
Je suis bien placé pour dire que la rigueur ne tue la spontanéité que si on LAISSE la rigueur tuer la spontanéité ; il est tout à fait possible de concilier les deux.
Je sens que le propos de ce poème est pris dans le mauvais sens, malgré mes précautions. Je le répète : la forme libre implique autant de dangers que la forme classique (voir la page "Débats" que je mentionnais plus haut), mais pas les mêmes. Ici, je voulais parler de l'essence poétique ! Pas de la supériorité d'une forme sur l'autre ! Je pensais que mes notes en fin de poème étaient clairs.
La forme IMPORTE PEU : j'ai vu de mauvais poèmes en classique (y compris certains des miens), et j'en ai vu en libre également ! Il n'y a pas de vainqueur de ce côté-là ; s'il y a un combat, il est stérile et sectaire ! Je ne veux PAS discuter de la forme, mais du fond.
D'où vient la poésie ? Comment elle se manifeste ? Enfin toutes les questions qui ne sont JAMAIS résolues en un claquement de doigts par le choix du libre, du classique, ou des formes intermédiaires ! Il faut voir plus loin que ces choix superficiels...
Amitiés
Loïc · le lundi 27 juin 2011 à 23:23
imparfaitlibre · le lundi 27 juin 2011 à 23:30
je suis d'accord, on peut tout écrire en classique sans que cela soit de la poésie!!! J'attendais ce micro-onde avec une certaine impatiente!!! rire
Néanmoins, sans vouloir jouer les pointilleuses!!!!
-vers 3 = 13 pieds....
-vers 22= 11 pieds!!!
remarque que 13+11=24 que tu divises par 2 et tu as bien 2X12... finalement si on se base sur la calcul des pieds uniquement, dans l'ensemble tu as bon!!! rire
Là où je suis tout à fait d'accord avec toi, c'est que l'écriture est avant tout un appel du coeur alors quelque soit sa forme, si les mots sont sincères, toute poésie est belle à lire et à découvrir!!!
Sauf ton micro-onde!!!! rire
Un bon moment d'humour et pour ça, merci Loïc.
Amitiés sincères--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Loïc · le lundi 27 juin 2011 à 23:58
J'ai déjà changé le vers 3 suite au com de Réjane. Quant au 22, j'ai oublié "il" avant "faut" ! Honnête erreur de distraction. C'est réparé.
Pour mon micro-ondes, la supercherie est finalement totale : j'ai perdu le mode d'emploi du mien, j'ai donc dû utiliser un PDF quelconque trouvé sur Internet !
Oui, la poésie est là pour essayer de repousser les limites du dicible, au-delà des choix d'expression. Classique ou libre, qu'importe ? Aucun des deux n'est, en soi, gage de qualité. J'ai comme cette idée dingue (parce que quasiment irréalisable) que l'idéal serait un jour qu'à travers un poème, on comprenne à la perfection ce que l'auteur veut communiquer. Mais dans la mesure où il ne le sait pas exactement lui-même, comment le savoir, même en en parlant avec lui ?
Amitiés !
domidom · le mardi 28 juin 2011 à 11:15
Boutade!!!!!!!
Plus sérieux....
Je suis tout à fait d'accord avec toi, toute poésie à son charme, vrai aussi que c'est une agréable façon de s'exprimer, de dire haut et fort tout son ressenti, que se soit en libre, néo ou autre, tous les styles ont leurs charmes, mais quand je vois des écrits pleins de couleurs, de métaphores et d'émotion, je me dis...
(Dommage qu'il ne soit pas en classique, il serait merveilleux), ceci ne veut pas dire que je ne le trouve pas magnifique dans son style....
Nous sommes sur ce site pour nous enrichir, et nos partages servent à cela, maintenant, s'il existe des écrits, que pour X raisons on n'aime pas, rien n'oblige quiconque à les lire, ça, c'est le respect et la liberté de chacun.
On peut écrire tout ce que l'on pense, tout ce que l'on désir, à une condition, que les écrits soient correctes et respectent le règlement intérieur....
Alors Messieurs, Mesdames, tous à nos plumes et sans complexe...
Merci mon cher Loïc, d'essayer de vouloir être à l'écoute de tout le monde, et j'imagine que ce n'est pas toujours évident, mais ceci nous prouve que tu es un très bon administrateur.
Amitiés et respects mon cher Loïc...
A bientôt...Domie
Loïc · le mardi 28 juin 2011 à 12:08
Je me corrige sur ce que j'ai dit plus haut quelque part : (la forme que j'affectionne particulièrement) "pour moi c'est le classique, c'est pourquoi je me sens libre de le critiquer sans être pris pour un agresseur" ; je me suis bien sûr mal exprimé, je ne "critique" pas ici le classique, je mets en valeur le fait qu'il ne *suffit pas* à
rendre un texte poétique.
Et je reviens sur autre chose aussi : je disais que le libre n'était pas parodiable : mais si, il aurait suffi que je recopie le mode d'emploi en revenant à la ligne de temps en temps !
C'est la poésie qui compte avant tout dans un poème. Je disais récemment à un nouvel inscrit que malgré le thème usé de son poème, il avait réussi à le rendre intéressant. Après, chacun pourra trouver un poème intéressant là où d'autres le verront sans envergure, mais si on arrive à toucher quelques personnes, le but est peut-être atteint. Le but suivant étant de s'améliorer son expression poétique pour toucher plus de gens encore. Et on ne parle toujours pas de la forme employée ! mais du vocabulaire, des métaphores et des tournures qui, on l'espère, sont au service d'un sentiment puissant au moment de l'écriture.
Merci à toi Domi, bonne journée !
plumeflore · le mardi 28 juin 2011 à 18:07
marie(larose) n'est pas du tout d'accord avec moi elle trouve qu'un poème en classique perd de son souffle, de sa magie!!
amitiés!!!!
Loïc · le mardi 28 juin 2011 à 19:10
Non, un poème classique ne perd pas de son souffle -- sauf, comme c'est mon propos ici, si on fait passer le classique avant la poésie ; mais ce n'est absolument pas une fatalité.
Le but d'un poème classique est simple et compliqué à la fois : simple dans la mesure où on DOIT écrire ce qu'on ressent, comme avec toute autre forme poétique ; compliqué parce qu'il faut être vraiment motivé pour appliquer au message, sans le dénaturer, les règles classiques qui obligent à se creuser la tête pour écrire le poème sans que le message d'origine soit abandonné.
Si un poème classique trahissait obligatoirement le message, on ne parlerait pas, des siècles plus tard, de La Fontaine, Hugo, Rimbaud et Baudelaire. Ils ont réussi l'alchimie. Chacun d'eux a prouvé que c'était possible !
Mais c'est une démarche qui n'est possible, comme je veux le montrer ici, que quand on est certain d'avoir une solide base poétique pour le poème. La forme, libre ou classique, ne sauvera jamais un poème raté.
Alors la grande question est parfois "est-ce que ce poème que j'ai écrit en libre ou en néo serait mieux en classique ?" Mais à l'inverse, bien qu'adepte du classique, je ne peux m'empêcher de me demander ce que les poèmes de Rimbaud et Baudelaire auraient donné s'ils avaient écrit en libre !
Vraiment, il n'y a pas de bien ou moins bien. Dès qu'on établit la supériorité d'un style, on se ferme de facto des portes et la poésie y perd. Je préfère voir tout ça comme un jeu, ou, ainsi que le sujet a parfois été abordé, comme un défi. Si on est intéressé, mettre en classique un poème qui est déjà très bien en libre ou néo peut être une façon d'aller plus loin que ce qu'on fait déjà. Sans aucun gage de qualité supplémentaire ; c'est juste un nouveau territoire.
Si vous avez encore des choses à débattre avec Larose, celle-ci en est une qui est intéressante !
Amitiés
Naeja · le mercredi 29 juin 2011 à 13:29
le lion à rugit, mais la fourmi cro-onde !
Amitiés
Naeja
Loïc · le mercredi 29 juin 2011 à 16:07
J'ai hésité entre prévenir au début, ou expliquer à la fin. J'ai préféré l'explication. Mais il faut lire le poème avant de la voir, et je me fais du souci pour la perception poétique de ceux qui se diront, pendant qu'ils lisent, que ça n'est pas mal du tout !
Amitiés Naeja
violette · le vendredi 20 mars 2015 à 10:56
comme on bousille la bouffe au micro-ondes
Philip de Borg (critique littéraire à Spirou) · le jeudi 27 août 2015 à 16:20
En lisant ce poème, comme vous, j’ai eu l’impression d’être plongé , dans un lieu littéraire étrange, où baignent mille instincts équivoques au sein d’un ésotérique tourbillon.
1/ DU FONCTIONNEL AU FICTIONNEL
L’auteur aurait pu traiter cette thématique qui aujourd’hui fait partie de notre quotidien, sur un mode linéaire, hélas trop coutumier de la littérature actuelle. Mais avec son poème – le tout concentré sur six quatrains, rendez-vous compte ? - l’auteur, avec une magistrale maîtrise du sujet, réussi le pari de nous appeler à repenser la narrativité contemporaine.
L’espace, volontairement limité, que s’est fixé le maestro, pour développer son sujet, l’a conduit à développer un concept, une idée à chaque vers, mais en gardant une cohérence globale saisissante.
Oui, une phrase, une idée ! Tout cela est remarquable. Comment ne peut-on d’ailleurs être saisi par le premier vers, introductif de l’œuvre qui nous interpelle, et résume à lui tout seul une palette de sentiments humains de laquelle émerge la « joie de l’être » que, de mémoire, seul Saint-Jean de la Croix avait su exprimer.
Le poème commence ainsi :
« C’est la fête aujourd’hui, car j’ai mon micro-onde ! ». Je reviendrai sur la qualité prosodique de l’écrit.
Mais ce qui m’interpelle, c’est la force et l’habileté introductive du vers.
Paraphrasant d’ailleurs la pensée de Saint-Jean de la Croix dans ses exégèses scripturaires, l’auteur aurait pu substituer le vers 1 par un : « Delectare in Micro Unda et dabit tibi petitiones crodis tui », car l’allégresse émergeant dans ce vers exprime exactement le même sentiment jubilatoire d’exaltation : « Mettez votre joie dans le Micro-Onde, et il vous donnera tout ce que désire votre cœur ».
Mais, et tout le reste de l’écrit le démontre sans aucune équivoque, le choix du poète est résolu. Pour aider peut-être à la compréhension du message et même, dirais-je, pour rendre préhensible sa dialectique, l’auteur nous « recadre » à chaque vers, dans une généricité qui ne nous permet pas de nous perdre sur d’autres sentiers que la fonction primale de l’objet. Il ne saurait s’agir d’autre chose ici que d’un micro-ondes.
Mais l’habileté poétique ici est confondante, avec le support d’une prosodie envoûtante, dirais-je, due à une « impeccabilité » de la forme (classique, en l’occurrence). Car cette généricité assumée, me permettrai-je de souligner, nous conduit plus loin : nous sommes diaboliquement conduit dans un processus réflectif (et cognitif, donc) de type philosophico-linguistique. Et c’est ce basculement vers une logique philosophique qui se télescope avec la poétique qui va nous conduire, très étrangement sur un chemin parallèle, presque onirique. Sous des apparences concrètes, « terre à terre » pourrais-je dire, eh bien L’ON PASSE DU FONCTIONNEL AU FICTIONNEL !
2/ CRITIQUE DE L’UTILITARISME OU HEDONISME GOURMAND ?
Lorsque vous aborderez le 3ème quatrain, vous serez de nouveau saisis, par le virage d’essence philosophique,
que va prendre le poème :
« Mais après ça devient bien plus intéressant :
Pour s’en servir il faut d’abord ouvrir la porte
Et dedans y placer un plat bien nourrissant… »
Soulignons de nouveau, car ici nous sommes sur un site de poésie, combien la rigueur classique sert le développement de la pensée, comme une accointance avec le sujet (ici ; le futur utilisateur d’un micro-onde, à la fois émerveillé et inquiet, archétype parfait du signifiant de l’objet selon Lacan, révélant la douleur d’exister)
Maîtrise de la forme au service du fond ! Il faut dire qu’ici, la leçon de Malherbe a été comprise, assimilée, transcendée même.
Et je ne suis pas certain que sans la rigueur prosodique de l’œuvre, le lecteur ne puisse comprendre que, par-delà le plaisir – dans une double acception psychanalytique et philosophique – que va ressentir le possesseur du micro-ondes, mais aussi sa crainte d’un inconnu technologique, ce dernier va être porté, SANS EN AVOIR CONSCIENCE, sur les rives d’un eudémonisme durable. Spinoza, s’il eut été encore de ce monde, aurait eu la démonstration ultime de sa philosophie du Bonheur.
Vous aurez, par cet exemple – et je ne dévoilerai pas le reste du poème – compris la maestria de son auteur. L’aspect psychanalytique est totalement émergent, l’on en….prend conscience, si je puis me permettre un trait d’humour. Et l’on a, c’est presque l’essentialité du poème, la conviction que le discours poétique, ici, ne vise pas, à travers l’appréhension du futur utilisateur de l’objet (le micro-ondes) ce qui serait, à tort, le primat d’une non-connaissance accusative. Au passage, cela est de nature à rassurer tous ceux de la vieille école, comme moi, qui ont souffert par le rite de passage que fut l’achat puis l’utilisation de leur premier Smartphone !
Vous le voyez, le poème en question n’est nullement un bavardage métaphysique stérile. Et ‘ailleurs, en quoi serait-il métaphysique, je vous pose la question ?
Mais, une fois de plus, l’auteur du poème, vous l’aurez compris, très habilement détourne ce qui pourrait paraître comme une critique de l’utilitarisme, un utilitarisme « inquiet» pour pointer du doigt un cheminement vectoriel régulier vers un hédonisme gourmand. Très concrètement, qui n’a pas en mémoire les délices de ses premières frites réchauffées le soir au micro-onde ? (« …et dedans, y placer un plat bien nourrissant » dit le poème). Béatitude, disais-je évoquant l’essence eudémonique du poème.
3/ QUAND LE CLASSIQUE SERT LA MODERNITE
C’est sur ce point que je terminerai mon exposé. Eh bien, il se trouve que c’est seulement au milieu de la deuxième décennie de ce millénaire, qu’ENFIN, grâce à l’incroyable intuition d’un auteur, nous voyons apparaître, sur le terrain de la poésie « classique », l’émergence de la VERITABLE modernité littéraire que nous attendions. Des décennies d’attente, de déceptions et, il faut le dire de déplorables exercices de style où la médiocrité côtoyait l’indigence créatrice, chez tant d’auteurs des XVIII° et XIX° siècles, encensés en leur temps, et aujourd’hui encore ! Comment avons-nous pu être dupes de telles supercheries. Désillusions poétiques et romanesques ? L’auteur de « micro-ondes » nous oppose, nous offre un classicisme « frénétique », les bases d’une méta-littérature, d’une méta-poésie qui fixeront les bases des générations à venir. Une réécriture de la Réalité.
Comment aurions-pu imaginer comprendre la fonction d’un micro-ondes (car le poème, vous l’aurez remarqué est aussi une notice d’utilisation de l’appareil) expliquée, sous l’angle poétique, en écriture libre ?
D’aucun auraient écrit, en reprenant la thématique du début de quatrain cité en exemple :
« Ô fièvre de l’intérêt, couvant comme la lave du volcan,
Conduit ton serviteur au courage sublime,
Et au geste inconstant et fatal qui lui fera ouvrir la porte,
Et dans la ferveur rugueuse et coupable de son âme,
Placer le met sacré qui sustentera ».
Certes, dans le poème analysé, l’austérité de la forme classique, déroute et ne facilite
pas la compréhension de la notice d’utilisation.
« Pour s’en servir il faut d’abord ouvrir la porte
Et dedans y placer un plat bien nourrissant »
Voilà qui n’est pas évident à la prime lecture.
C’est, au premier abord, un écran de brumes et d’apparences.
Mais le classique demande des efforts. C’est ce qui en fait la noblesse.
Et là, paradoxalement, est la modernité !
Je ne connais qu’un poète du site qui avait pu nous émouvoir ainsi, en écrivant un jour ces deux vers (en libre hélas !) :
« Si je gagne au loto,
Je m’achèterai une moto ».
Hélas, encore, il a effacé son poème.
(PS : IMPORTANT - autant pour l’auteur de « Micro-ondes » que pour moi, il ne s’agit nullement de critiquer le style classique en poésie. Il est important de le préciser. Vous lirez à la fin de son poème, l’auteur qui précise : « Jamais on ne peut décider de la valeur d’un poème en se basant seulement sur le format employé pour l’écrire. La poésie se trouve bien au-delà des choix formels (et le libre en est un aussi). »
marine · le jeudi 27 août 2015 à 16:38
de bonnes choses
domi/amimots · le jeudi 27 août 2015 à 18:52
il parait qu'on peut faire de la poésie (libre ou classique) avec TOUT, alors si tu le refaisais en gardant le micro-ondes comme sujet, mais, poétique ?
:)
Loïc · le vendredi 28 août 2015 à 18:14
Domi : Eh bien non, c'est faux... La poésie peut s'attaquer à n'importe quel sujet, oui, mais pas par tout le monde ! Et moi, on n'est pas près de me voir faire un poème SINCEREMENT allégorique sur un micro-ondes. Il faudrait demander à Didou, c'est un champion pour ça et il voit des choses que d'autres ne voient pas.
Bonne journée Domi !
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