L'enfant de la transaction
L’enfant de la transaction
(naissance calculée)
Je ne peux me présenter à vous sous mon vrai nom.
Mentir est un gros pêché, je le sais très bien, pardon,
surtout pour moi, abbé de trois bourgs aux environs.
Ma vénération me l’interdit du geste de la confession.
L’acte qui entrave cette obligation est trop intense.
Quitte à me dénigrer, j’implore votre clairvoyance.
L’an, les cantons et les individus je les renommerais.
Pour vous qui me lisez, je serais votre père André.
Voici, ce qui me détruit et dont je veux me libérer.
Le foyer Martin, je le connais depuis des années.
Ils étaient d’une bourgade de la Creuse appauvrie.
Louant une maisonnette, volets et porte cramoisis.
René, chef de famille était, et est encore aujourd’hui
épicier ambulant, bien estimé des clients et fier de lui.
Sa conjointe Jeanne fort pratiquant, ne travaille pas.
Deux beaux garçonnets, six et huit ans, fierté du papa.
L’idée de déménager en faisant bâtir une vraie maison
était soudain une priorité, une authentique obsession.
Suite à maintes démarches, les aides méritaient, options.
La troisième naissance devenait la spéculative solution.
D’un commun accord et indubitablement sans amour,
Jeanne, femme féconde, à une petite fille, donnait le jour.
Désordres pour eux, si tranquilles, corvée des biberons.
Câlins et baisers sans conviction, atmosphère bougon.
Un an, le bébé pleure, ses petites fesses si crevassées.
La pelleteuse rouge vrombit, les fondations à creuser.
Le poupon qui a faim, dans le couffin, se met à hurler.
Le camion de matériaux s’arrête à hauteur du chantier.
René, de sa voix puissante fait saisir la fillette désarmée.
Si elle recommence pendant la livraison, je la pincerais,
Ose t-il penser ! La mère maudit sa progéniture obligée.
Les transporteurs ont fini, c’est le verre de vin à déguster.
Les Martin ont déjà soupé, très vite ils s’en iront coucher.
La gosse grelotte, sa couverture tombée, son faciès marbré.
Les gars dorment, dit la maman, vas t’occuper de l’autre.
Je suis exténué, laisses la grogner…j’en ai rien à battre.
Ainsi fut estimé la cadette jusqu’à presque quinze ans.
Les garçons en union et les parents plus que méprisants,
la jeune demoiselle si belle fut retrouvée noyée au matin,
au grand dame de toute la communauté restée pantin.
Les Martin qui paraissaient des parents forts aimérités,
ont eu aucune crainte de l’enquête rapidement effectuée.
Lors des visites d’amis ou autres, ils jouaient le foyer uni
dans leur belle maison à l’odeur d’encens loin du paradis.
L’adolescente aigrie n’avait pas de souvenirs d’enfance,
n’imaginait pas ce qu’est un vrai câlin, un sourire dense.
Nullement aidée pour les devoirs, jamais d’anniversaire.
Elle devait penser à un monde d’amour après la galère.
CHRIS Pour vous
(naissance calculée)
Je ne peux me présenter à vous sous mon vrai nom.
Mentir est un gros pêché, je le sais très bien, pardon,
surtout pour moi, abbé de trois bourgs aux environs.
Ma vénération me l’interdit du geste de la confession.
L’acte qui entrave cette obligation est trop intense.
Quitte à me dénigrer, j’implore votre clairvoyance.
L’an, les cantons et les individus je les renommerais.
Pour vous qui me lisez, je serais votre père André.
Voici, ce qui me détruit et dont je veux me libérer.
Le foyer Martin, je le connais depuis des années.
Ils étaient d’une bourgade de la Creuse appauvrie.
Louant une maisonnette, volets et porte cramoisis.
René, chef de famille était, et est encore aujourd’hui
épicier ambulant, bien estimé des clients et fier de lui.
Sa conjointe Jeanne fort pratiquant, ne travaille pas.
Deux beaux garçonnets, six et huit ans, fierté du papa.
L’idée de déménager en faisant bâtir une vraie maison
était soudain une priorité, une authentique obsession.
Suite à maintes démarches, les aides méritaient, options.
La troisième naissance devenait la spéculative solution.
D’un commun accord et indubitablement sans amour,
Jeanne, femme féconde, à une petite fille, donnait le jour.
Désordres pour eux, si tranquilles, corvée des biberons.
Câlins et baisers sans conviction, atmosphère bougon.
Un an, le bébé pleure, ses petites fesses si crevassées.
La pelleteuse rouge vrombit, les fondations à creuser.
Le poupon qui a faim, dans le couffin, se met à hurler.
Le camion de matériaux s’arrête à hauteur du chantier.
René, de sa voix puissante fait saisir la fillette désarmée.
Si elle recommence pendant la livraison, je la pincerais,
Ose t-il penser ! La mère maudit sa progéniture obligée.
Les transporteurs ont fini, c’est le verre de vin à déguster.
Les Martin ont déjà soupé, très vite ils s’en iront coucher.
La gosse grelotte, sa couverture tombée, son faciès marbré.
Les gars dorment, dit la maman, vas t’occuper de l’autre.
Je suis exténué, laisses la grogner…j’en ai rien à battre.
Ainsi fut estimé la cadette jusqu’à presque quinze ans.
Les garçons en union et les parents plus que méprisants,
la jeune demoiselle si belle fut retrouvée noyée au matin,
au grand dame de toute la communauté restée pantin.
Les Martin qui paraissaient des parents forts aimérités,
ont eu aucune crainte de l’enquête rapidement effectuée.
Lors des visites d’amis ou autres, ils jouaient le foyer uni
dans leur belle maison à l’odeur d’encens loin du paradis.
L’adolescente aigrie n’avait pas de souvenirs d’enfance,
n’imaginait pas ce qu’est un vrai câlin, un sourire dense.
Nullement aidée pour les devoirs, jamais d’anniversaire.
Elle devait penser à un monde d’amour après la galère.
CHRIS Pour vous
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1 commentaire
rivaudais · le samedi 7 mai 2016 à 17:23
* Je pense en effet que c'est par les anecdotes historiques que l'on amène les enfants, mais aussi les grands, à avoir la curiosité nécessaire. Et il y a des anecdotes croustillantes, ou totalement folles, complètement inattendues. Ou alors tellement mignonnes ou romantiques qu'on ne peut que fondre pour elles.
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