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Les yeux clos

Le bureau de Pére. ( extrait )

Le lundi 1 juin 2015 à 21:54, posté par Vincent · 117 lectures

Le bureau de Pére .


Au sortir de la salle à manger, un grand couloir, lumineux, pavé de marbre blanc aux filaments gris. Sur les murs, quelques portraits de famille, aux mines tristes accrochés depuis la nuit des temps, témoins figés de nos allers et venues, de nos courses folles, de nos glissades. Ce corridor étroit menait à une baie donnant sur le parc. Sur la droite, une porte, massive à demi vitrée. Selon la légende, elle serait le seul vestige du Château de Frémontpré D’Argonne, dont la construction daterait du 12 ième siècle La lumière, les jours de plein soleil, la rendait majestueuse, les ombres adoucissaient ses formes brutes. Le bois, habilement vernis, composait avec des reflets dorés en nuances de roux et de brun. A chaque heure de la journée, un ton différent, une atmosphère singulière, apaisante, souvent, possessive parfois, jouait de surprises en étonnements !
Derrière ces vitres gravées et opaques « Le bureau de Père » !

Quatre mots sonnant comme un défi ! Celui d'y entrer malgré tout et de ne pas y être inviter surtout!

C'était un no man’s land, une terre inconnue. Plus que cela, le bureau de Père était un donjon, à la fois mystérieux et attirant! A chaque passage dans cette coursive, Marie-Louise et moi, tournions, instinctivement le regard vers cet antre, l’esprit soucieux. Nous pouvions y pénétrer qu'en deux occasions, à l’arrivée du relevé de notes mensuel et lors de réprimandes. En dehors de cela, cette pièce nous était interdite. Seul, Guillaume, le Majordome en assurer l’entretien. Pour y accéder, un protocole rigoureux avait été mis en place, nous nous en amusions avec Mère, sans pour cela nous en détourner.

Le dernier dimanche du mois, après la grand-messe, Frère Paul déposait nos relevés de notes et appréciations à la maison. Frère Paul était le distingué Abbé directeur du collège St Jean Baptiste de la Salle de Frémontpré d’Argonne. C'était un « grand gaillard » originaire des Pyrénées à l’appétit solide, roulant les « r »à vous faire mal aux oreilles. Ses mains pouvaient remplacer le battoir des lavandières du village et sa voix, lourde de ténor portait au-delà de la plaine ! Il avait fait le choix de l'enseignement, après dix ans d'évangélisation dans divers contrées plus ou moins lointaines. Cela plaisait à Père et sa curiosité se traduisait, souvent en longues balades imagées, à chacune de ses visites.....................................................................

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l'innocence )
www.lesyeuxclos.fr
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1 commentaire

domi · le mardi 2 juin 2015 à 07:42

description du corridor, personnages, c'est très bien écrit ! un monde austère, (mais sans appuyer), avec beaucoup de réalisme et de chaleur humaine malgré tout...

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