La mort du fleuve.
Voici que meurt le fleuve en un dernier sursaut
Qui lui racla le lit et lui rasa la berge.
Le ciel vomit son fiel et fait saigner l’auberge,
Arrache l’arbuste et le nid du bécasseau.
C’est l’éternel oued, fleuve de mon berceau ;
Le soleil de ses feux embrase puis submerge
La vallée au romarin, plus bas, de l’alberge ;
Sur la grève se meurt la truite du ruisseau.
Devant toi la montagne encor belle et sauvage
Sa terre rouge que chaque orage ravage,
Le torrent la déchire et dévaste ses fleurs.
Sourds aux cris de l’Atlas du haut des belles cimes
Que regretterons-nous ? Tout au fond des abîmes.
Le fleuve est mort ; la vue a perdu ses couleurs.
Avril 2017.
Qui lui racla le lit et lui rasa la berge.
Le ciel vomit son fiel et fait saigner l’auberge,
Arrache l’arbuste et le nid du bécasseau.
C’est l’éternel oued, fleuve de mon berceau ;
Le soleil de ses feux embrase puis submerge
La vallée au romarin, plus bas, de l’alberge ;
Sur la grève se meurt la truite du ruisseau.
Devant toi la montagne encor belle et sauvage
Sa terre rouge que chaque orage ravage,
Le torrent la déchire et dévaste ses fleurs.
Sourds aux cris de l’Atlas du haut des belles cimes
Que regretterons-nous ? Tout au fond des abîmes.
Le fleuve est mort ; la vue a perdu ses couleurs.
Avril 2017.
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8 commentaires
aurorefloreale · le jeudi 29 juin 2017 à 18:02
Aurorefloreale
Omar · le jeudi 29 juin 2017 à 22:34
Merci pour votre appréciation aurorefloreale.
domidom · le vendredi 30 juin 2017 à 16:03
Très beau sonnet... J'aime beaucoup votre deuxième strophe...
Amitiés poétiques...Domie
Omar · le vendredi 30 juin 2017 à 17:23
Merci Domie pour votre lecture et à vous aussi toutes mes amitiés.
Micheline 1940 · le vendredi 30 juin 2017 à 18:01
Votre poème est triste mais beau, et comme vous le savez déjà, la tristesse sied parfaitement à la poésie, puisqu'elle en est l'essence même !
À bientôt Poète de l'Atlas !
Amitiés poétiques,
Micheline.
Omar · le samedi 1 juillet 2017 à 00:12
Un de mes amis du Lycée d’Azrou et originaire d’Ifrane écrivait dans « Chronologie d’une recherche caractérisée: La sculpture du Lion d’Ifrane », un opuscule consacré à l’histoire de cette sculpture : « ….Nous nous sommes retrouvés, mon père et moi, devant ce monument qui me paraissait, à mon âge, d’un aspect massif et grandiose. Et je ne peux franchement décrire cette angoisse qui m’avait subitement contracté la poitrine devant cette colossale sculpture. Je m’accrochais de plus en plus à la main de mon père. L’appréhension que me faisait sa vue s’était, peu à peu, dissipée en voyant d’autres enfants de mon âge roder autour du fameux lion sans aucune crainte d’être dévorés. » (Mohammed EL AOUENE)
Et, Mireille LABAIGNERIE-MUSSEAU, sa coéditrice de cet opuscule, écrivait encore dans la préface de ce document : « Insolite ! Surprenant ! Un lion en majesté, de belle taille gîte aux abords d’Ifrane, intemporel, tranquille et mystérieux, une énigme… Puissante symbolique au Maroc et de l’Atlas. Fauve dompté ou protecteur ? » […]
« Quoi qu’il en soit, notre lion impassible sous le soleil africain demeure indifférent […] ; sa notoriété laissée à l’imaginaire de chacun, a dépassé son Pygmalion. » Ou encore faudrait-il s’en tenir à la légende du sorcier Ahmed Benza de Meknès qui transforma le méchant lion de l’Atlas en pierre à la demande des habitants dont il faisait ses proies. À Ifrane, donc, le lion est toujours là. Il garde la place qui s’embellit tout autour. Les enfants se bousculent encore pour monter sur son dos et les adultes s’y appuient pour une photo souvenir. C’est, comme il se dit souvent, la « Kaaba » du Maroc.
Ifrane est toujours une belle ville avec ses toits aux faîtes aigus à obtus et qui lui consacrent son look européen. Elle a été, pendant deux années de suite, classée parmi les plus belles villes du monde et les plus propres.
Quand aux lacs, les sécheresses des vingt cinq dernières années ont eu raison de certains comme le Lac d’Aït Aoua vers Immouzzer ou encore celui d’Aguelmam Sidi Ali (Lac de mon enfance) après Timahdit, vers Midelt. Mais, heureusement, il y a eu récupération ces dernières années.
Enfin je ne puis quitter sans vous dire combien je suis humblement heureux que la poésie m’ait permis de rencontrer votre chemin sur ce beau site.
Micheline 1940 · le vendredi 7 juillet 2017 à 14:34
Bien amicalement,
Micheline.
Caravansérail
le mardi 18 février 2014, à 17:43. Posté par Micheline
POÈMES À LA SUITE
L
CARAVANSÉRAIL
Dans un vieux pays de légende,
Sur le chemin de Samarkand,
Dormait un caravansérail
Qui semblait construit de corail.
Milliers de vies sont passées.
Hommes, femmes, grandes idées,
Malandrins et coupe-jarrets,
Aux sables mêlés de secrets.
L'air chaud transporte des complaintes,
Musiques mêlées à des plaintes,
Qui viennent, vont, comme la mer,
Au triste goût de doux-amer.
Le vent coule aux bois des persiennes,
Me portant contes et antiennes,
Le cri rauque du dromadaire
Au maître parle en solitaire.
Je perçois les pleurs et supplies
De l’enfant qu’on prive d’oublies.
Le sable fuit dans ces contrées
Chargées d'émotions châtrées.
Reverrons-nous demain, peut-être,
D’un pays loin du périmètre
Retourner longues caravanes
De l’Atlas aux dunes persanes ?
Aux doux creux des vallons en franges,
Les sommets des dunes étranges
Déclinant, vont à l’Orient
S’endormir, là-bas, doucement.
J’ai quitté mon ciel lumineux
Protégeant mes jours bienheureux,
Pour l’autre, ô combien, si discret
Habité de tous mes regrets.
Page 54
Le 09 Mai 2013
M.A.B.M.
Droits Réservés
Omar · le dimanche 9 juillet 2017 à 16:12
J'ai lu et relu avec un énorme plaisir ce beau poème -CARAVANSERAIL- Et ce "chemin vers Samarkand" me rappelle Omar Khayyâm. Vous m-honorez avec cette belle dédicace sur ma page. Je vous en remercie et je mettrai ce poème, qui est très beau, parmi mes préférés.
à très bientôt Micheline.
Amitiés.
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