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Tous les matins de l'amour ont... un soir

Le vendredi 25 janvier 2013 à 10:52, posté par gisele.aurore · 77 lectures

Pierre,

Tous les matins de l'amour ont... un soir, et le nôtre est arrivé ,avec le retour de Rozenn dans ton existence et avec l'arrivée de notre mise en retrait de la vie professionnelle. Tu aurais voulu être le premier à l'avoir, afin de t'y installer en toute tranquillité , libre de ma présence et de mes réactions surtout . Moi , à l'inverse, je la souhaitais en même temps que toi. Ainsi, nous aurions pu mettre des activités en partage. Mais cela, tu ne le souhaitais plus , comme au début de notre rencontre où tu me voulais toujours, et avec plaisir , auprès de toi. Les derniers mois, je l'ai bien ressenti, et avec tristesse, tu préférais me savoir ailleurs et donc sans toi mais plus exactement, toi sans moi.Sans moi parce que tu avais Rozenn à qui tu téléphonais au moins une fois par jour , hors de ma présence . Je ne me suis douté de rien les premiers mois.Comme on peut être naïve quand on aime trop! Et puis j'ai compris. Tu en as parlé à mots couverts .Et j'ai compris .Mon coeur s'est senti liquéfié de douleur.
Sur mes gardes désormais, je t'ai entendu, écouté et finalement surpris , le téléphone à l'oreille, caché dans un coin de la cabane du jardin. En moi , tout s'est effondré, tout espoir a disparu. Je suis revenu 20 ans en arrière , le jour où j'ai découvert , dans la cave à Plougonvelin une quantité incalculable de bouteilles d'alcool vides et entassées là dans ce coin au sol en terre où nous n'allions jamais.
J'ai eu honte pour toi. L'humiliation a été indicible.Mais je ne pouvais plus me mentir , ni accepter que vous continuiez à me prendre pour quelqu'un d'aussi stupide. J'étais face à la vérité et il me fallait l'accepter tout de suite et réagir pour me sauver d'une chute au fond du gouffre. Je me suis isolée dans la chambre pour rassembler mes idées fracassées brutalement. Depuis des semaines , tu m'écartais soigneusement de ta vie et de cette relation avec ta cousine qui avait su ,selon toi, te réconforter de la perte de ton père. Mais comment pouvais je savoir que tu souffrais tant puisque tu n'as jamais évoqué ton père, jamais montré la moindre souffrance la moindre nostalgie? Tu étais pareil à toi-même, gardais tes mêmes horaires pour pratiquer tes mêmes activités en dehors de ton travail, riais de la même façon et n'évoquais jamais ton père.Et puis est venue cette affreuse période où tu t'es éloigné franchement de moi.Accablée, j'ai subi ,dans un silence qui montrait à quel point je voulais refuser tout ce , qu'avec un cynisme terrible, tu m'as imposé.Tu devais bien te douter de ma souffrance. Tu connaissais suffisamment mon hypersensibilité que tu me reprochais régulièrement. Mais « ailleurs » était devenu une obsession. Comme tu m'as fait mal, toi qui disais m'aimer!


Gisèle
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