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Au cœur de la terre ( Bleus )

Le mercredi 18 janvier 2017 à 23:08, posté par glotte · 156 lectures

C'était la peur
Et le passé
C'était le temps
D'être conscrit

C'est à l'école
Qu'ils sont venus
Dans le gymnase
En rang de trois

Des uniformes
Et des drapeaux
Des épaulettes
Et des pochettes

Des rubans bleus
Et des médailles
Des rubans tristes
Et le poitrail

La voix cassée
Portait au loin
La marche à suivre
L'embarquement

Et les tableaux
Des officiers
Montraient les cartes
Les sous-marins

À l'extérieur
Dans les cornets
Le son étrange
Des manivelles

La feuille de route
Était scellée
Dans le métal
Bien accroché

Les satellites
Et les tranchées
Fermaient les yeux
Des guerres soudaines

Les barbelés
Étaient portés
Par des civières
De chaque côté

Les gens courraient
Vers les montagnes
Ils fabriquaient
Des bancs de sables

Les bouches d'aciers
Décapsulaient
En tourbillon
Par la pression

La maladie
Se propageait
Les rats sortaient
Les gens tombaient

Et les citées
Le long des plages
Disparaissaient
À chaque jour

Tous les oiseaux
Criaient autour
Ils se croyaient
Sur un bateau

Les bombardiers
Laissaient tomber
Des coques étranges
Dans les roseaux

De leurs histoires
Tous les navires
Quittaient la terre
En direction
De la lumière
De notre école

Et dans la rue
Claquaient au sol
Les rangs de deux
De leurs sabots

La terre cassait
Le feu criait
Mais dans la foule
Les rubans bleus

Les miradors
Clamaient au loin
Le tremblement
Des mers profondes

Et l'eau montait
Creusant la terre
En rejetant
Les nuages gris
Des sons de pierres

Et les marées
Ne pouvaient plus
Se retourner
Quand les glaciers
Sont descendus

Dans la forêt
Les arbres morts
Prenaient racines
Le long des côtes

Ils respiraient
Et ils nageaient
En soubresauts
De coups de feuilles

Le clapotis
Durant la nuit
Faisaient le bruit
D'une noyade

Les ouragans
Dans les sillons
Sortaient de l'eau
Jusqu'aux navires

Ils se collaient
La tête en bas
Enchevêtrés
Comme un collier

La foudre était
Comme un aimant
Elle se coiffait
Aux toits d'acier

Et la grisaille
De l'armature
Flambait au ciel
Ses filaments

Un général
Est arrivé
Ils ont coupé
La projection

Un homme si fier
De ses étoiles
D'une prestance
De jamais vu

Les officiers
L'applaudissait
Il devait-être
D'un grand respect

Il raconta
Un procédé
Pour faire sortir
Le mat de terre

Une mécanique
Est installée
Ils ont besoin
De volontaires

Ils vont creuser
Le fond des mers
Jusqu'au noyau
Pour libérer
La nouvelle terre

C'est l'heure d'aller
J'ai mes photos
Mes uniformes
Et mon passé