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Une fleur spéciale

Le samedi 10 juin 2017 à 19:27, posté par glotte · 155 lectures

Dans le jardin, une fleur spéciale
Me regardait avec son pot
Elle s’amusait avec les autres
On la voyait sourire un peu

Elle ricanait quand j’lui parlais
De mes problèmes avec mon eau
Quand la citerne poussait le vent
Sa chevelure tombait en mots

Je voyais bien ses yeux alors
Deux petites billes dans une coquille
Avec des cils qui refermaient
La couleur bleue de ses beaux yeux

De temps en temps, elle me parlait
Lorsque le vent tournait autour
Elle s’approchait, elle se penchait
Prenant ma main, me caressant

Je ne sais pas pourquoi les autres
Changeaient de place dans le jardin
À chaque nuit les pas feutrés
Qu’on entendait jusqu’au matin

Dans le jardin, un gros dessin
Avec des lignes de cheveux blancs
Les roses, les vertes et les tomates
Marchaient la nuit jusqu’au matin

Je pensais bien aux écureuils
À des oiseaux ou à des loutres
Mais fait étrange, les fleurs vivaient
Elles sautaient là où elles voulaient

C’est rigolo et j’ai pensé
Qu’elles ont apprises la musical
Vous savez bien lorsque l’on fête
Tournez les chaises et puis s’assoir

Et puis une nuit, j’ai observé
J’ai vu la reine les traverser
Sortir de terre les pattes d’acier
Comme l’amante ou la sauterelle

Elle promenait toutes les roses
Les bleues fuchsias et les moroses
Les vertes pâles et les sans cries
Elle promenait dans son jardin

Les sœurs d’étés, les frères d’allées
En rotation d’une source vive
La pluie des arbres ou l’ombre rose
Elle promenait dans son jardin

Un nouveau peuple qui la suivait
Pour s’approcher de l’être humain
Et puis parler, et puis rougir
De cette terre qui brime la vie

Un beau matin, j’ai vu un jeu
Un damier blanc avec des têtes
Des fleurs de pousse et des entêtes
Des mots croisées jusqu’aux racines

Des fleurs d’autruche la tête en bas
Comme le cerceau et les criquets
La tige en plumes et les frissons
Elles avaient peur d’un tremblement

Je croyais bien à une blague
Un tour de jeu de mes voisines
À une attrape où la folie
Prenait mes yeux pour un lapin

Les doigts de fleurs sortaient de terre
Les mains fugaces en train d’écrire
Les lagons bleus en plein délire
Des cœurs de peaux qui vont mourir

Ces fleurs hélas connurent la peur
Elles sont toutes mortes dans un nuage
Le lendemain avec des traces
D’un entonnoir venu du ciel

J’ai installé une rambarde
De deux par quatre et des allées
Un labyrinthe pour bien comprendre
La danse d’été de mes péchés