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Poèmes d'Henri Durtal

Absences

Le vendredi 1 mars 2024 à 15:47, posté par Henri DURTAL · 118 lectures

Alzheimer te guettait déjà durant le jeu:
Tu oubliais parfois de défendre ta reine,
Victime malgré toi d’une absence soudaine,
Excusant ton erreur par ce match sans enjeu.

Peu à peu tu perdais ta concentration;
Tu répétais aussi souvent même message
Ou cherchais les mots dont tu n’avais plus usage;
On craignait de pouvoir capter ton attention.

Puis le mal empira, il fallut s’éloigner,
Quitter cette maison, ce charmant lieu de vie
Où tu avais connu un amour qu’on envie,
Des années de bonheur, la douceur d’un foyer.

L’ultime jeu d’échecs ce fut avec la mort;
Longtemps tu résistas, allant de « pat » en «pat ».
Elle finit pourtant par un « échec et mat »,
Car c’est pour les humains l’inévitable sort.

Nous pleurons aujourd’hui le départ d’un ami
Dont les petits oublis et les moments d’absences
Se transforment soudain en intime présence
Au fond de notre coeur où sa mémoire luit.
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9 commentaires

Macha · le vendredi 1 mars 2024 à 17:03

Bonjour Henri....
Une poésie poignante.... quand elle vole la mémoire des personnes qui nous sont chères et les voir se dégrader ainsi.... ça fait très mal... et l'issue est ce voyage pour l'éternité.... merci de ce partage.... amicalement macha....

lesmotsbleus · le vendredi 1 mars 2024 à 21:17

Bonsoir, émouvant témoignage, très joliment écrit, la dégradation de quelqu'un de proche est toujours marquante. Très très beau partage. Bonne soirée.

José · le samedi 2 mars 2024 à 20:03

Bonsoir Henri,
un beau texte; le jeu des échecs adapté à l'humaine existence avec comme adversaires la vie et la mort est bien trouvé!
Bonne soirée

henridurtal · le dimanche 3 mars 2024 à 19:07

Merci Macha, lesmotsbleus et José. Cette maladie touche de plus en plus nos proches quand on vieillit et condamne à des fins très tristes.
Pour ce qui est du jeu d'échecs, il y a une film de Bergman où le héros joue aux échecs avec la mort personnifiée. (référence)

vertflo · le mardi 5 mars 2024 à 00:03

Bonsoir Henri

Oui? José a raison, l'idée du jeu d'échec est bien adaptée à ce texte.
La vie effectivement n'est pas une ''partie'' de plaisir, nous ne sommes que des pions qui avancent et reculent et finissent par s'enfermer dans leur Tour, là où résignés ils doivent attendre la mort.
Tu as traité ce sujet de la maladie avec beaucoup de délicatesse tout en parlant du sort qui nous attend.
Dans la vie, nous avons beaucoup de surprises, mais celle là, la dernière, nous la connaissons d'avance.
Ma maman est décédée il y a plus d'un an et elle était atteinte de la maladie d'Alzheimer.
Ce n'est pas la mort qui fait peur, avant tout, c'est la dégradation et la dépendance.
Merci pour avoir abordé ce sujet, pas facile a traiter en poésie.
Bonne soirée
Claude

vertflo · le mardi 5 mars 2024 à 00:04

excuse le point d'interrogation après Oui au début
C'est une faute de frappe

henridurtal · le dimanche 10 mars 2024 à 09:28

Merci,Claude, pour ton commentaire. Je compatis pour ce qui est de ta maman: oui, c’est la dégradation qui accompagne cette maladie qui est le plus difficile à supporter. Pour ce qui est du jeu d’échec avec la mort, l’allusion était au film « Le dernier sceau » si tu as l’occasion de la revoir.

henridurtal · le lundi 11 mars 2024 à 11:53

Erratum : « le revoir ».

henridurtal · le mardi 12 mars 2024 à 03:56

Erreur: pardon, Claude, le film de Bergman est «  Le Septième Sceau »!

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