Poètes !

J’ai appris à rêver en lisant les poètes
Je me souviens j’avais douze ans
Ma mère venait dans la chambre en souriant
Pour allumer la lampe et fermer la fenêtre
J’étais le compagnon de fugue de Rimbaud
Les fleurs du mal poussaient dans mon jardin d’enfant
Les chants de Maldoror faisaient crisser ma peau
J’osais imaginer Verlaine m’embrassant
Et avec Heredia sur d’éclatants vaisseaux
Poussés par l’alizé sur la mer des merveilles
Je partais conquérir tout l’or de Cipango
En rêves d’aventures sous de nouveaux soleils
Dans les aubes blanchies que le givre illumine
J’allais main dans la main avec le vieil Hugo
Puis rue de la Lanterne où sont les tristes mines
Nerval Prince d’Aquitaine me regardait de haut
Dans les bouges fumeux dans les cours de miracles
Pleurant avec Villon sur les neiges d’antan
Avec l’Apollinaire dans le flou du spectacle
Rêvant ô tour Eiffel les amours triomphants
Pour Atkins sonnèrent les cloches de Tipperary
Saint-Pol-Roux pria aux funérailles des poètes
L’amour Stuart Merrill à Atkins tu le dis
Chanson pour une vie que la guerre a défaite
Quand Péguy présentait Paris à Notre-Dame
Que Cendrars songeait à Jehanne de France
Les Gertrude Hoffmann girls fatales et femmes
Disaient à Eluard le gouffre de leurs danses
J’ai appris à rêver en vous lisant mes frères
Belleau et son désir Deschamps et sa ballade
Rutebeuf qui pleure sur sa femme dernière
Carco à Whitechapel cherchant sa désirade
L’amour comme un courant amer Marie Noël
Pâle amour mortel de Guillaume Flamant
Le joli mois de Mai quand les filles sont belles
Dans Paris fait chanter Jean-Baptiste Clément
Paul Fort va chantant le printemps sur un autel
Aragon va dansant chez les gens de Bohême
Jean de Sponde épousant la camarde cruelle
Lorsque Ronsard d’une rose fleurit un poème
Compagnons des routes incertaines,
Je vous aime, je vous aime !
Si je devais ici vous dire une prière
Elle aurait la couleur des mots de Valéry
Lorsque la nuit blanchit sous l’éclat d’astres clairs
Et que tremble la Parque aux vides infinis.
Je rêverai toujours en te lisant poète !
Je me souviens j’avais…
Texte protégé par une licence CC BY-NC-ND 3.0
Je me souviens j’avais douze ans
Ma mère venait dans la chambre en souriant
Pour allumer la lampe et fermer la fenêtre
J’étais le compagnon de fugue de Rimbaud
Les fleurs du mal poussaient dans mon jardin d’enfant
Les chants de Maldoror faisaient crisser ma peau
J’osais imaginer Verlaine m’embrassant
Et avec Heredia sur d’éclatants vaisseaux
Poussés par l’alizé sur la mer des merveilles
Je partais conquérir tout l’or de Cipango
En rêves d’aventures sous de nouveaux soleils
Dans les aubes blanchies que le givre illumine
J’allais main dans la main avec le vieil Hugo
Puis rue de la Lanterne où sont les tristes mines
Nerval Prince d’Aquitaine me regardait de haut
Dans les bouges fumeux dans les cours de miracles
Pleurant avec Villon sur les neiges d’antan
Avec l’Apollinaire dans le flou du spectacle
Rêvant ô tour Eiffel les amours triomphants
Pour Atkins sonnèrent les cloches de Tipperary
Saint-Pol-Roux pria aux funérailles des poètes
L’amour Stuart Merrill à Atkins tu le dis
Chanson pour une vie que la guerre a défaite
Quand Péguy présentait Paris à Notre-Dame
Que Cendrars songeait à Jehanne de France
Les Gertrude Hoffmann girls fatales et femmes
Disaient à Eluard le gouffre de leurs danses
J’ai appris à rêver en vous lisant mes frères
Belleau et son désir Deschamps et sa ballade
Rutebeuf qui pleure sur sa femme dernière
Carco à Whitechapel cherchant sa désirade
L’amour comme un courant amer Marie Noël
Pâle amour mortel de Guillaume Flamant
Le joli mois de Mai quand les filles sont belles
Dans Paris fait chanter Jean-Baptiste Clément
Paul Fort va chantant le printemps sur un autel
Aragon va dansant chez les gens de Bohême
Jean de Sponde épousant la camarde cruelle
Lorsque Ronsard d’une rose fleurit un poème
Compagnons des routes incertaines,
Je vous aime, je vous aime !
Si je devais ici vous dire une prière
Elle aurait la couleur des mots de Valéry
Lorsque la nuit blanchit sous l’éclat d’astres clairs
Et que tremble la Parque aux vides infinis.
Je rêverai toujours en te lisant poète !
Je me souviens j’avais…
Texte protégé par une licence CC BY-NC-ND 3.0
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2 commentaires
domidom · le lundi 10 mars 2014 à 13:39
Je comprends mieux pourquoi, et comment, tu as attrapé le virus de la poésie...
J'ai adoré te lire, et je l'avoue, plusieurs fois....
Merci pour cette magnifique balade...
Amitiés, Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
jeanbaptistefouco · le mardi 11 mars 2014 à 06:48
Merci à toi Domie, je te souhaite une belle journée :)
http://www.mespoemes.net/jeanbaptistefouco
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