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Jean-Baptiste FOUCO

Poètes !

Le vendredi 7 mars 2014 à 18:51, posté par Jean-Baptiste FOUCO · 498 lectures

Illustration du poème « Poètes ! »
J’ai appris à rêver en lisant les poètes

Je me souviens j’avais douze ans

Ma mère venait dans la chambre en souriant

Pour allumer la lampe et fermer la fenêtre



J’étais le compagnon de fugue de Rimbaud

Les fleurs du mal poussaient dans mon jardin d’enfant

Les chants de Maldoror faisaient crisser ma peau

J’osais imaginer Verlaine m’embrassant



Et avec Heredia sur d’éclatants vaisseaux

Poussés par l’alizé sur la mer des merveilles

Je partais conquérir tout l’or de Cipango

En rêves d’aventures sous de nouveaux soleils



Dans les aubes blanchies que le givre illumine

J’allais main dans la main avec le vieil Hugo

Puis rue de la Lanterne où sont les tristes mines

Nerval Prince d’Aquitaine me regardait de haut



Dans les bouges fumeux dans les cours de miracles

Pleurant avec Villon sur les neiges d’antan

Avec l’Apollinaire dans le flou du spectacle

Rêvant ô tour Eiffel les amours triomphants



Pour Atkins sonnèrent les cloches de Tipperary

Saint-Pol-Roux pria aux funérailles des poètes

L’amour Stuart Merrill à Atkins tu le dis

Chanson pour une vie que la guerre a défaite



Quand Péguy présentait Paris à Notre-Dame

Que Cendrars songeait à Jehanne de France

Les Gertrude Hoffmann girls fatales et femmes

Disaient à Eluard le gouffre de leurs danses



J’ai appris à rêver en vous lisant mes frères

Belleau et son désir Deschamps et sa ballade

Rutebeuf qui pleure sur sa femme dernière

Carco à Whitechapel cherchant sa désirade



L’amour comme un courant amer Marie Noël

Pâle amour mortel de Guillaume Flamant

Le joli mois de Mai quand les filles sont belles

Dans Paris fait chanter Jean-Baptiste Clément



Paul Fort va chantant le printemps sur un autel

Aragon va dansant chez les gens de Bohême

Jean de Sponde épousant la camarde cruelle

Lorsque Ronsard d’une rose fleurit un poème



Compagnons des routes incertaines,

Je vous aime, je vous aime !



Si je devais ici vous dire une prière

Elle aurait la couleur des mots de Valéry

Lorsque la nuit blanchit sous l’éclat d’astres clairs

Et que tremble la Parque aux vides infinis.



Je rêverai toujours en te lisant poète !

Je me souviens j’avais…


Texte protégé par une licence CC BY-NC-ND 3.0
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2 commentaires

domidom · le lundi 10 mars 2014 à 13:39

Quelle superbe promenade avec tous nos grands maîtres.....
Je comprends mieux pourquoi, et comment, tu as attrapé le virus de la poésie...
J'ai adoré te lire, et je l'avoue, plusieurs fois....
Merci pour cette magnifique balade...
Amitiés, Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

jeanbaptistefouco · le mardi 11 mars 2014 à 06:48

@Domie.
Merci à toi Domie, je te souhaite une belle journée :)
http://www.mespoemes.net/jeanbaptistefouco

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