Marie Noël

Marie Noël, de son vrai nom Marie Rouget, est un poète et écrivain français, née le 16 février 1883 à Auxerre, décédée dans cette même ville le 23 décembre 1967.
Elle resta célibataire et s’éloigna très peu de sa ville natale.
Chanson
Quand il est entré dans mon logis clos,
J'ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L'hiver dans les doigts, l'ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j'étais là sans être ?
Et je cousais, je cousais, je cousais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu faisais ?
Il m'a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs, dans la salle,
Qu'ils semblaient, - si gais, si légers, si doux, -
Deux petits oiseaux caressant la dalle.
De-ci, de-là, j'allais, j'allais, j'allais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu voulais ?
Il m'a demandé du beurre, du pain,
- Ma main en l'ouvrant caressait la huche –
Du cidre nouveau, j'allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.
Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu cherchais ?
Il m'a fait sur tout trente-six pourquoi.
J'ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid et du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…
Et je causais, je causais, je causais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu disais ?
Quand il est parti, pour finir l'ourlet
Que j'avais laissé, je me suis assise…
L'aiguille chantait, l'aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise…
Et je cousais, je cousais, je cousais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu faisais ?
Marie Noël
Elle resta célibataire et s’éloigna très peu de sa ville natale.
Chanson
Quand il est entré dans mon logis clos,
J'ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L'hiver dans les doigts, l'ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j'étais là sans être ?
Et je cousais, je cousais, je cousais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu faisais ?
Il m'a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs, dans la salle,
Qu'ils semblaient, - si gais, si légers, si doux, -
Deux petits oiseaux caressant la dalle.
De-ci, de-là, j'allais, j'allais, j'allais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu voulais ?
Il m'a demandé du beurre, du pain,
- Ma main en l'ouvrant caressait la huche –
Du cidre nouveau, j'allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.
Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu cherchais ?
Il m'a fait sur tout trente-six pourquoi.
J'ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid et du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…
Et je causais, je causais, je causais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu disais ?
Quand il est parti, pour finir l'ourlet
Que j'avais laissé, je me suis assise…
L'aiguille chantait, l'aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise…
Et je cousais, je cousais, je cousais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu faisais ?
Marie Noël
2 commentaires
rivaudais · le samedi 23 juillet 2011 à 00:55
http://www.mespoemes.net/rivaudais
andré de saint jean · le samedi 23 juillet 2011 à 11:07
mais une déclassée si l'on veut bien voir et peser la qualité de son oeuvre exemplaire.
Clarté, pureté, originalité de sa voix.
Déclassée, délaissée oui!
Les éditeurs l'ignorent Les anthologies la citent à peine.
Sa voix trop claire risquerait de faire de l'ombre(?) à l'obscurantisme en temps réel qui fait fuir le lectorat moyen (!) de lapoésie.
Andrée Bourçois-Macé est apparemment totalement absente du cercle poétique. on cite d'elle 'le prix Andrée Murat pour petites suites.
et une biographie sur un abbé Bourgeois-Macé. A creuser!!!!
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