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SQUARE DES POETES

Marie Noël

Le vendredi 22 juillet 2011 à 06:12, posté par hello · auteur : Marie Noël · 3 052 lectures

Illustration du poème « Marie Noël »
Marie Noël, de son vrai nom Marie Rouget, est un poète et écrivain français, née le 16 février 1883 à Auxerre, décédée dans cette même ville le 23 décembre 1967.
Elle resta célibataire et s’éloigna très peu de sa ville natale.

Chanson

Quand il est entré dans mon logis clos,
J'ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L'hiver dans les doigts, l'ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j'étais là sans être ?

Et je cousais, je cousais, je cousais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu faisais ?

Il m'a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs, dans la salle,
Qu'ils semblaient, - si gais, si légers, si doux, -
Deux petits oiseaux caressant la dalle.

De-ci, de-là, j'allais, j'allais, j'allais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu voulais ?

Il m'a demandé du beurre, du pain,
- Ma main en l'ouvrant caressait la huche –
Du cidre nouveau, j'allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.

Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu cherchais ?

Il m'a fait sur tout trente-six pourquoi.
J'ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid et du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…

Et je causais, je causais, je causais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu disais ?

Quand il est parti, pour finir l'ourlet
Que j'avais laissé, je me suis assise…
L'aiguille chantait, l'aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise…

Et je cousais, je cousais, je cousais…
- Mon cœur, qu'est-ce que tu faisais ?

Marie Noël

2 commentaires

rivaudais · le samedi 23 juillet 2011 à 00:55

----Décidément Hello ne cesse -sans le vouloir ou savoir sans doute, de me faire plaisir. J'ai un faible pour Marie Noël (et René Guy Cadou et quelques autres dont la simplicité d'écriture apparente révèle en réalité une belle maîtrise de la langue, servie par un sens musical tout aussi appréciable et un sens de l'image qui émeut et porte à rêver. Ce poème est un de ceux que je préfère. Je l'ai appris -sans effort- et le récite volontiers bien qu'il soit pensé au féminin et devrait être dit par une femme. Quelle justesse de ton, tout et suggéré plus que dit et tout est clair ! (Et mérite pourtant des relectures). Mais Marie Noëlle n'est pas une inconnue.Elle séduit de son vivant et plus encore depuis s amort de nombreux acteurs dont beaucoup l'ont inclus dans leurs récitals. Après mon retour de vacances je tâcherai de retrouver un poème d'Andrée Bourcois-Macé, qu'on surnommait la Marie Noëlle bretonne et qui mérite, elle aussi, qu'on ne l'oublie pas.
http://www.mespoemes.net/rivaudais

andré de saint jean · le samedi 23 juillet 2011 à 11:07

Marie-Noelle n'est pas une inconnue
mais une déclassée si l'on veut bien voir et peser la qualité de son oeuvre exemplaire.
Clarté, pureté, originalité de sa voix.
Déclassée, délaissée oui!
Les éditeurs l'ignorent Les anthologies la citent à peine.
Sa voix trop claire risquerait de faire de l'ombre(?) à l'obscurantisme en temps réel qui fait fuir le lectorat moyen (!) de lapoésie.
Andrée Bourçois-Macé est apparemment totalement absente du cercle poétique. on cite d'elle 'le prix Andrée Murat pour petites suites.
et une biographie sur un abbé Bourgeois-Macé. A creuser!!!!

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