Un Piano Face Au Jardin

Cette maison vide déplore
La solitude d’une chambre
Où la détresse décolore
Des carreaux figés en décembre.
Elle s’y souvient de l'Été,
D’instants moulés dans la tendresse,
Des rêves qu’avait accrochés
A ses rideaux, notre jeunesse.
Emperlant le plafond terni,
Des gouttes disent son épreuve
Avant de tomber de dépit
Comme les larmes d’une veuve.
Quittant cette pauvre mansarde,
Une odeur âcre la poursuit,
Où qu’elle rôde ou se hasarde :
Celle d’un nid sans plus de vie.
Même le chant de sa pendule,
Des heures autrefois comptables,
S’est tu au fond du vestibule
En un silence insupportable.
Mais voilà que le piano gai
Qu’a frôlé les pattes d’un chat,
Réveille de notes heurtées
Son salon qui reprend éclat
Et replonge dans l’atmosphère
De tes longs doigts sur le clavier
Tandis que ton âme solaire
Aux sonates s’abandonnait.
Sur ton petit banc de velours,
Face aux grands arbres du jardin,
Les murs éclaboussés d’amour
Croient te revoir jouer Chopin.
https://youtu.be/pRprR_0406E
La solitude d’une chambre
Où la détresse décolore
Des carreaux figés en décembre.
Elle s’y souvient de l'Été,
D’instants moulés dans la tendresse,
Des rêves qu’avait accrochés
A ses rideaux, notre jeunesse.
Emperlant le plafond terni,
Des gouttes disent son épreuve
Avant de tomber de dépit
Comme les larmes d’une veuve.
Quittant cette pauvre mansarde,
Une odeur âcre la poursuit,
Où qu’elle rôde ou se hasarde :
Celle d’un nid sans plus de vie.
Même le chant de sa pendule,
Des heures autrefois comptables,
S’est tu au fond du vestibule
En un silence insupportable.
Mais voilà que le piano gai
Qu’a frôlé les pattes d’un chat,
Réveille de notes heurtées
Son salon qui reprend éclat
Et replonge dans l’atmosphère
De tes longs doigts sur le clavier
Tandis que ton âme solaire
Aux sonates s’abandonnait.
Sur ton petit banc de velours,
Face aux grands arbres du jardin,
Les murs éclaboussés d’amour
Croient te revoir jouer Chopin.
https://youtu.be/pRprR_0406E
5 commentaires
matsuoka · le dimanche 24 juillet 2016 à 23:06
Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 25 juillet 2016 à 07:07
La notion de temps qui semble s'être figé, arrêté est présente. Avec de belles tournures comme j'aime "odeur de l'adieu", "instants moulés de tendresse", "notes envolées qu'étreint le piano". Oui, c'est une poésie bien délicate, un peu diaphane. Amitiés, José.
Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
domidom · le lundi 25 juillet 2016 à 21:34
Une fois de plus, j'adore...
Amitiés, Domie
José · le mercredi 27 juillet 2016 à 07:42
rivaudais · le jeudi 6 août 2020 à 15:46
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