Le prisonnier
Ce sont de vilaines portes qui ornent ta pièce et ton esprit errant,
un parfum âcre d’ennui et d’oisiveté s’entête à devenir troublant
et là, dans un coin, un petit lit solitaire s’agite de tes insomnies ;
seule, une fenêtre sombre et exigüe laisse parfois échapper tes rêveries…
Les nuits sont bien longues pour toi qui ne dors plus jamais,
tu as beau songer à tous ces chers visages que tu as tant aimés,
ton esprit est pris d’assaut par tant de visions vilaines et répétées
de sorte qu’à ton réveil tu te sens pareil à du vieux fumier au loin jeté !...
Et c’est bientôt sur une cour étroite et pavée que tu dois marcher,
trainant péniblement tes pieds fatigués, par des chaines attachés,
inlassablement, pour d’interminables et tristes rondes machinales,
le dos courbé, la tête fléchie, sans volonté aucune, le visage pale…
La vie, à tes yeux, est, depuis, pareille à un long jour triste et monotone…
Ah ! Ce grand arbre déserté de ses feuilles mortes un soir d’automne !
C’est alors que tu fermes les paupières pour échapper à l’horrible pénombre
et ignorer cet instant chargé de la grande misère qui habite ton ombre.
Et, sans doute, te diras-tu, le chemin sera long et meublé de soucis,
tes craintes, ton désarroi et tes aspirations ont enfin réussi
à percer la pénombre et à t’éclairer sur les hommes dans ce qu’ils sont :
ce ne sont assurément pas des romantiques ni des innocents…
Les souvenirs, alors, foisonnent, envahissant ta pauvre tête endolorie,
et ton cœur, battant la chamade, semble sortir d’un corps tout meurtri
tandis que tes oreilles, aux aguets, percevront en vain la voix d’un ami…
tu te rappelleras, hélas, de cette sinistre cellule, je le crains, toute ta vie !
Pourtant, songes-tu, l’espoir, pareil à un grand éclair dans le ciel noir,
parviendra un jour à briser les chaines toutes lourdes de mon désespoir
avant d’inonder, d’air et de lumière, mon âme soudain ivre de bonheur
et de forcer les geôles d’un monde enfin libéré de tous ses pénibles heurts.
Slim le poète.
un parfum âcre d’ennui et d’oisiveté s’entête à devenir troublant
et là, dans un coin, un petit lit solitaire s’agite de tes insomnies ;
seule, une fenêtre sombre et exigüe laisse parfois échapper tes rêveries…
Les nuits sont bien longues pour toi qui ne dors plus jamais,
tu as beau songer à tous ces chers visages que tu as tant aimés,
ton esprit est pris d’assaut par tant de visions vilaines et répétées
de sorte qu’à ton réveil tu te sens pareil à du vieux fumier au loin jeté !...
Et c’est bientôt sur une cour étroite et pavée que tu dois marcher,
trainant péniblement tes pieds fatigués, par des chaines attachés,
inlassablement, pour d’interminables et tristes rondes machinales,
le dos courbé, la tête fléchie, sans volonté aucune, le visage pale…
La vie, à tes yeux, est, depuis, pareille à un long jour triste et monotone…
Ah ! Ce grand arbre déserté de ses feuilles mortes un soir d’automne !
C’est alors que tu fermes les paupières pour échapper à l’horrible pénombre
et ignorer cet instant chargé de la grande misère qui habite ton ombre.
Et, sans doute, te diras-tu, le chemin sera long et meublé de soucis,
tes craintes, ton désarroi et tes aspirations ont enfin réussi
à percer la pénombre et à t’éclairer sur les hommes dans ce qu’ils sont :
ce ne sont assurément pas des romantiques ni des innocents…
Les souvenirs, alors, foisonnent, envahissant ta pauvre tête endolorie,
et ton cœur, battant la chamade, semble sortir d’un corps tout meurtri
tandis que tes oreilles, aux aguets, percevront en vain la voix d’un ami…
tu te rappelleras, hélas, de cette sinistre cellule, je le crains, toute ta vie !
Pourtant, songes-tu, l’espoir, pareil à un grand éclair dans le ciel noir,
parviendra un jour à briser les chaines toutes lourdes de mon désespoir
avant d’inonder, d’air et de lumière, mon âme soudain ivre de bonheur
et de forcer les geôles d’un monde enfin libéré de tous ses pénibles heurts.
Slim le poète.
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13 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 31 janvier 2012 à 11:41
domidom · le mardi 31 janvier 2012 à 11:58
Pendant toute notre vie, même sans chaînes et barreaux, nous sommes prisonnier de notre propre vie, prisonnier de nous même, de nos pensées, de nos rêves, et c'est vrai que bien souvent, la vie est tellement triste qu'elle ressemble au néant, à la mort, il est vrai aussi que souvent les souvenirs nous aident à vaincre l'angoisse et la solitude, pourtant, l'espoir d'un jour meilleure nous donne la force et le courage de nous battre et d'avancer...
Au plaisir de te lire cher Slim
Amitiés...Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
lesprosesdeslim · le mardi 31 janvier 2012 à 20:39
merci pour ce gentil commentaire qui me prouve encore une fois combien tu restes attentif à ce que j'écris. Au plaisir de te lire. Amitiés. Slim.
lesprosesdeslim · le mardi 31 janvier 2012 à 20:46
c'est avec un réel plaisir que je me rends compte combien profondément tu as su t'imprégner de mon poème et comme tu as réussi à le faire tien.Tu lui as parfaitement donné sa véritable portée et permis de rayonner au delà de toutes mes espérances. Rien que pour tout cela, je te dis mille fois merci. Amitiés. Slim.
salam · le mardi 31 janvier 2012 à 22:19
qu'Il libère les opprimés.
Merci beaucoup pour la portée de tes messages. Au plaisir de te lire bientôt.
lilorev · le jeudi 2 février 2012 à 02:29
Très belle écriture qui saisit avec justesse la solitude et les désillusions de la vie.
L’un de tes vers, « le dos courbé, la tête fléchie, sans volonté aucune, le visage pale… , m’a rappelé quelques vers de Victor Hugo dans « Demain dès l’aube » :
« Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. »
Finalement la douleur est une prison qui souvent isole bien plus que des barreaux. Merci pour ce partage que j’ai pris plaisir à lire.
Amitiés. Lilo
lesprosesdeslim · le vendredi 3 février 2012 à 09:16
Puisse Dieu écouter tes gentils voeux et nous ouvrir à tous les portes du pardon et de la miséricorde.Amicalement Slim.
lesprosesdeslim · le vendredi 3 février 2012 à 09:30
ton commentaire est d'autant plus émouvant que tu as su l'embellir d'un passage emblématique de Victor Hugo, ce génie de la poésie française. Je n'imaginais pas que "le prisonnier" pouvait à ce point te toucher.L'intérêt que tu lui as porté m'honore à plus d'un titre. Amicalement. Slim
lesprosesdeslim · le vendredi 3 février 2012 à 10:02
A la lecture de tes derniers poèmes, je n'ai pu m'empêcher d'écrire pour toi un vers de Mallarmé "Le vent, dans la plaine, suspend son haleine,
Verlaine? il est caché dans l'herbe, Verlaine, le vent dans la plaine retient son haleine..."
Il faut que tu saches que mon espace de lecture t'est désormais offert, ce qui, je l'espère, pourra te permettre de recevoir tous les commentaires de nos amis poètes.Avec toutefois une petite pointe d'angoisse:je crains que, pour commenter tous tes beaux poèmes, tes amis ne soient quelque peu offusqués par la petitesse de cet espace!...C'est te dire chère Lola combien sont à nos yeux merveilleux et tristes dans le même temps les poèmes que tu nous as dédiés. Et combien dans nos coeurs tu restes chère et nécessaire à tous tes amis poètes. Amicalement Slim.
salam · le vendredi 3 février 2012 à 19:33
salam · le vendredi 3 février 2012 à 19:37
Reste aux amis de se faire leur propre idée.
Encore merci Slim, j'apprécie vraiment.
Bonne soirée.
lilorev · le vendredi 3 février 2012 à 23:41
Je te confirme que j'ai bien été touchée par ton "prisonnier". Et tout l'honneur est pour moi, j'ai pu lire quelques-uns de tes poèmes et j'aime beaucoup ton écriture. Alors au plaisir de te lire. Amitiés. Lilo
lesprosesdeslim · le samedi 4 février 2012 à 09:12
Dans la nature, les parfums ont de tout temps eu ce bonheur de pouvoir être transportés grâce au vent jusqu'aux confins inespérés de l'imagination. Avec" serment ",il y a eu non seulement un transport des sens mais aussi ce tressaillement du coeur qui en dit long sur la véritable portée de ton écriture et le sens aigu de tes approches humaines.Merci pour ce grand partage. Amitiés. Slim.
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