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Déraisonnable imaginaire

La Combe

Le mardi 23 octobre 2007 à 22:12, posté par Lilith · 298 lectures

La Combe

Le vent du nord souffle ce matin
Les arbres pleurent
Leurs larmes sèches
Ils se délestent en serpentins
D’une opulente ramure
La tonnelle démêle
Sa lourde chevelure
Qui tombe
Et encombre
L’air d’une poussière, dorée
Crissante sous mes pas.

Quelque chose se passe
Quelque chose trépasse
Qui revient chaque fois
Immuable routine
Loi de perpétuité
Avec ou sans moi
Chaque ronce chaque racine
Percera la cuirasse
De cailloux et cette glaise
Qui colle à mes genoux
Quand je baise la terre
De mes années passées
Ici
Dans la combe
Encastrée sur son puy
De rochers coquilles et porcelaines
Impavide domaine
Des buses et autres bêtes
Timides ou indiscrètes
De geais braillards narquois
De biches et de putois
Qui osent une incursion
Aux alentours de la maison
La nuit, parfois.


Quelque chose se passe
Dans un mystère insondable
Dans la lumière
Dans le silence
Quelque chose s’efface
Sous sa pèlerine d’étoiles glacées
La bicoque impassible et tenace
Ignore le temps
Diffuse au ciel constellé
Son ruban de fumée
Son parfum de genévrier
Les rayons chaleureux
Des lucarnes de ses yeux
Percent l’ombre jusqu’au loin
Sur le chemin
Qu’elle avale en spirale

Quelque chose me tracasse
Le destin manifeste
Un caprice insidieux
Une menace
Une évidence confirmée
Par cet automne majestueux
Comme un geste d’adieu
Débarrasse
Des habitudes et des routines
D’une certitude limpide
Que rien ne viendra bouleverser
La douce quiétude, cabalistique
De la chaumière trop rustique
Qui voulait se faire oublier
Du monde entier

Avec ou sans moi ?
Il va falloir choisir
Si j’en ai le loisir

Ne m’abandonne pas
Petite maison sorcière
Je demeure locataire de ton sein
De tes bras
De tes murs forteresse
Ton corps et mon destin
Etroitement liés
Mon cœur écartelé
Entre la paix et le chagrin
D’une sentence qui me laisse
Impuissante
Face à la loi des hommes
Qui ne comprennent rien
Qui ne soit « Capital »

Horizon incertain
Mes illusions sont déplacées
Combien de temps encore
A parcourir ton univers convoité
Héritage profané


Le vent du nord souffle ce matin
Les arbres pleurent
Sur ma demeure
Qui voulait se faire oublier
Du monde entier

Oubliez la
Oubliez moi.


Lilith
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4 commentaires

Dago Laborel · le mardi 23 octobre 2007 à 23:24

D'abord j'aime bien ton poème qui a du souffle. Ensuite regarde le post Avis à tous que j'ai mis dans le forum du site

Agrippa · le mardi 23 octobre 2007 à 23:43

Très beau texte . Ok Dago , amitié à vous Agrippa

Lilith · le mercredi 24 octobre 2007 à 00:34

Merci Dago ... message reçu :))

wendy · le mercredi 24 octobre 2007 à 13:54

oui, très agréable à lire, merci

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