O Mer
Rien ne m'attire, ô Mer, autant que ton écume,
Qu'un appel d'infini résidant en ton sein,
Que ton ressac plus doux que l'écho de l'enclume
De la forge sonnant au village lointain.
Tes embruns lénitifs apaisent mon thorax,
Ta vague vient masser mes chevilles tordues
Et mes membres marqués aux griffes du smilax,
Trop souvent entravés sur des routes ardues.
Dans les soirées d'hiver, habité par mon rêve,
Malgré les oripeaux dont je me suis vêtu,
A l'abri de la dune ou marchant sur la grève,
Je me sens indigent, humble, petit et nu.
Ton vent palpe mes joues comme une main de femme;
Je sens couler en moi l'indicible frisson
Où viennent se tarir tous les sanglots de l'âme
Et les plaintes du corps, enchaîné, en prison.
J'aimerais bien, parfois, voyager aux abysses,
Dans des langes de flots, bercé dans tous les sens,
Pareil au nouveau-né dont on talque les cuisses
Pour éveiller en lui l'usage de ses sens;
Ou dans les tourbillons immenses de ses bondes
Aspiré dans le fond des maelstroms prédateurs
Comme le lancinant vertige de ces rondes
Que font, en Orient, les derviches tourneurs.
La Mer est un julep, la Mer est une ivresse,
Un alcool où je bois le vin du souvenir,
Car elle est Mère aussi, bien plus qu'une maîtresse,
Originel bouillon de mon premier soupir.
Son ventre est bien plus doux que celui des Sirènes
Et la vie espérant de futures moissons
A l'archéen naquit, bien avant les sphyrènes.
Ne suis-je pas né sous le signe des Poissons?
Qu'un appel d'infini résidant en ton sein,
Que ton ressac plus doux que l'écho de l'enclume
De la forge sonnant au village lointain.
Tes embruns lénitifs apaisent mon thorax,
Ta vague vient masser mes chevilles tordues
Et mes membres marqués aux griffes du smilax,
Trop souvent entravés sur des routes ardues.
Dans les soirées d'hiver, habité par mon rêve,
Malgré les oripeaux dont je me suis vêtu,
A l'abri de la dune ou marchant sur la grève,
Je me sens indigent, humble, petit et nu.
Ton vent palpe mes joues comme une main de femme;
Je sens couler en moi l'indicible frisson
Où viennent se tarir tous les sanglots de l'âme
Et les plaintes du corps, enchaîné, en prison.
J'aimerais bien, parfois, voyager aux abysses,
Dans des langes de flots, bercé dans tous les sens,
Pareil au nouveau-né dont on talque les cuisses
Pour éveiller en lui l'usage de ses sens;
Ou dans les tourbillons immenses de ses bondes
Aspiré dans le fond des maelstroms prédateurs
Comme le lancinant vertige de ces rondes
Que font, en Orient, les derviches tourneurs.
La Mer est un julep, la Mer est une ivresse,
Un alcool où je bois le vin du souvenir,
Car elle est Mère aussi, bien plus qu'une maîtresse,
Originel bouillon de mon premier soupir.
Son ventre est bien plus doux que celui des Sirènes
Et la vie espérant de futures moissons
A l'archéen naquit, bien avant les sphyrènes.
Ne suis-je pas né sous le signe des Poissons?
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4 commentaires
Guy · le samedi 17 mai 2014 à 10:34
Pour les vagues par contre, ayant vécu un peu à Marseille, je préfère celles de Vendée, ou celles des Côtes d'Armor où j'ai passé la semaine!
Un beau poème où l'on s'enivre avec toi de cette mer originelle. Merci.
Amitiés. Guy
http://www.mespoemes.net/renato
louis · le samedi 17 mai 2014 à 15:32
Je te remercie d'avoir lu cette composition qui ne vaut que ce qu'elle vaut. Elle fait partie de mon "grimoire" général. Bien entendu, cette évocation ne s'adresse pas qu'à la Méditerranée, mais, d'une façon générale à la masse liquide qui entoure le globe! Quant aux sphyrènes, ces poissons seraient plus à leur place dans nos assiettes et j'ai déjà eu l'occasion de les déguster sous le nom de barracuda!
Pour l'amour du beau, j'ai hâte de lire tes futurs poèmes.
Amitiés. Richard.----
http://www.mespoemes.net/louis
oliverjane1950 · le samedi 17 mai 2014 à 23:15
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
micheline1940 · le dimanche 18 mai 2014 à 08:33
http://www.mespoemes.net/micheline1940
J'ai tant aimé votre texte, et la Mer m'est, comme à Vous, précieuse ou bien cruelle, apaisante ou turbulente, et du matin au soir, changeante et envoûtante ...Et du soir au matin sa contemplation nous porte aux confins de l'horizon qui fuit ! Bien amicalement, Micheline.
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