LE DELTA
Tout se tait. L’air est calme et l’azur indolent.
Dans les champs de roseaux chantés des félibriges,
S'étale, à l'horizon, un paysage lent
Plombé dans un silence à donner des vertiges.
Au bord du fleuve trouble aux couleurs de ciment
S'avance le troupeau parmi les hautes tiges;
Le bruit de son pas lourd frappant le sédiment,
Réveille, en profondeur, le temple et ses vestiges,
Apollon et les dieux dans la glaise endormis.
Cependant, sur l'étang, les flamands impassibles,
Plongent, pour se nourrir, leurs cous longs et flexibles
Dans l'eau grasse où rien ne les peut troubler, hormis
Le vol de l'aigle noir dont l'oeil perçant les guette
Pour faire son repas, délaissant leur squelette
Dans les champs de roseaux chantés des félibriges,
S'étale, à l'horizon, un paysage lent
Plombé dans un silence à donner des vertiges.
Au bord du fleuve trouble aux couleurs de ciment
S'avance le troupeau parmi les hautes tiges;
Le bruit de son pas lourd frappant le sédiment,
Réveille, en profondeur, le temple et ses vestiges,
Apollon et les dieux dans la glaise endormis.
Cependant, sur l'étang, les flamands impassibles,
Plongent, pour se nourrir, leurs cous longs et flexibles
Dans l'eau grasse où rien ne les peut troubler, hormis
Le vol de l'aigle noir dont l'oeil perçant les guette
Pour faire son repas, délaissant leur squelette
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8 commentaires
Salus · le mardi 27 janvier 2015 à 21:33
Vie emmêlée au grand espace ouvert
Sur chaque étoile exquise, et l’univers….
Ô gigantesques flots ! Diramations nacrées …
- Dernier quatrain de "Urus" (le delta du Rhône)
domidom · le mardi 27 janvier 2015 à 22:21
Ta poésie est belle, fluide, délicate, ce sonnet est vraiment superbe, parfaitement imagé, chaque vers est comme une invitation...
Superbe...
Amitiés, Domie...
louis · le mercredi 28 janvier 2015 à 09:54
C'est un comble ! Pour un naturaliste de formation, je ne connaissais pas ce terme. Mon dictionnaire dit : partage d'un fleuve en branches ou en bras. Génial !
Ensuite: "Urus". J'ai beau chercher sur le net, je ne trouve ni l'œuvre, ni l'auteur. Serait-ce Christophe Salus ?
Peux-tu m'éclairer ?
Je remercie, en tous cas, lecteurs et lectrices de ce pseudo-sonnet.
Salus · le mercredi 28 janvier 2015 à 12:55
C'est bien de moi, amoureux de Camargue et de préhistoire ;
avant que le sort ne le désigne au site, je te passe ce texte,
parmi mes tout premiers...
Urus
Ô temps immémoriaux du delta souverain !
Aux Camargues épaisses balayées,
Ces rivages marins de terres déployées,
Sous l’eau qui sourd d'un principe utérin..
Dans cette immense plaine agitée et violente,
Une bête immobile, au souffle amer,
Songeusement, la tête vers la mer,
Regardait le ciel fluide aboucher l’eau mouvante…
Là, l’esprit de la Crau respirait les mistrals !
Des bourrasques pleines d’oiseaux crachés
Dans l’air salin des grands hivers hachés
Par la nuit fauve et lente et les soleils australs.
Et tout ici commence, avance et recommence,
Danse au mouvoir secret d'avalaisons,
Au souffle prodigieux d’exhalaisons
Du long fleuve épandant sa sereine démence ;
L’alchimique est ici ! Le paradis brutal,
La terre libre alors d’humanité,
Où Nature créa, d’éternité,
Un élan d’absolu dans un creuset vital !
Par les matins d’air calme avalés par la brume,
Des Orients où le monde sancit,
Venait la vague et les sons imprécis
De géants à fanons s’ébrouant dans l’écume..
Dans un long jour bleu d’eau, vif, et de sel enfui,
Le temps d’amour, fatal, et d’agonie,
S’allongeait une heure étale, infinie,
Pour l’urgence éternelle où le printemps reluit.
Sous les stridulations de milliards d’insectes,
Le déclin lourd des étés séraphins
Nimbait d’or roux les palustres confins,
L’éveil mystérieux de faunes circonspectes…
Et les troupeaux dolents, menés d’un instinct sûr,
En remontant paissaient les noirs méandres,
La touffe rêche où se mêlaient les cendres
D’une éruption lointaine obscurcissant l’azur.
Graus vierges enlacés aux rias échancrées,
Vie emmêlée au grand espace ouvert
Sur chaque étoile exquise, et l’univers….
Ô gigantesques flots ! Diramations nacrées …
louis · le mercredi 28 janvier 2015 à 18:37
Je vois surtout que tu es plus prolixe que je ne le suis avec mon pseudo-sonnet.
Merci et amitiés.
Salus · le mercredi 28 janvier 2015 à 20:20
on dira ton sonnet - tout à fait digne d’intérêt - "irrégulier" plutôt que "pseudo"...
Marie-Claude ( scarlatine) · le mercredi 28 janvier 2015 à 22:07
quel beau sonnet , je n'en reviens pas !
amitié
douce soirée
Micheline 1940 · le dimanche 8 février 2015 à 03:57
Amicalement,
Micheline.
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