VOLUBILIS
J’ai souvenir des soirs brûlants de plein été,
Quand tu puisais ton musc aux élans de la Terre,
Et que je titubais habité d’un sang ivre,
Dans le sourire et l’œil complices d’Astarté.
Longtemps, de ton amour, je fus le locataire
Et toi, tout à la fois, ma dryade et ma wivre.
Fille sauvage au corps souple comme un serpent,
Tu grimpais lentement à l’instar des lianes
Sur leur support ; car toi, passiflore ou glycine,
Quand tu t’entortillais gémissant et rampant
Autour de moi, le souffle envoûtant des savanes,
Alimentait mon trouble à ton humeur câline.
Ma folie s’apaisait dans les combats sereins
Des gestes alanguis et lents comme les lierres
Qui caressent la sylve éternelle, à l’envie,
Telle ma main tremblante attardée sur tes reins,
Avant que maint envol, en fermant les paupières,
Ne s’estompe en l’azur de l’âme inassouvie.
Quand tu puisais ton musc aux élans de la Terre,
Et que je titubais habité d’un sang ivre,
Dans le sourire et l’œil complices d’Astarté.
Longtemps, de ton amour, je fus le locataire
Et toi, tout à la fois, ma dryade et ma wivre.
Fille sauvage au corps souple comme un serpent,
Tu grimpais lentement à l’instar des lianes
Sur leur support ; car toi, passiflore ou glycine,
Quand tu t’entortillais gémissant et rampant
Autour de moi, le souffle envoûtant des savanes,
Alimentait mon trouble à ton humeur câline.
Ma folie s’apaisait dans les combats sereins
Des gestes alanguis et lents comme les lierres
Qui caressent la sylve éternelle, à l’envie,
Telle ma main tremblante attardée sur tes reins,
Avant que maint envol, en fermant les paupières,
Ne s’estompe en l’azur de l’âme inassouvie.
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15 commentaires
Marie-Claude ( scarlatine) · le dimanche 15 mars 2015 à 13:40
amitié
très beau dimanche
Salus · le dimanche 15 mars 2015 à 15:39
Salus
domi · le dimanche 15 mars 2015 à 16:10
louis · le dimanche 15 mars 2015 à 19:16
Salus · le dimanche 15 mars 2015 à 20:02
Mais elles se doivent utiles autant qu'élégantes ; celle-ci, pour moi, est plus que justifiée !
Si je peux me permettre un avis (éminemment subjectif), ta poésie, qui fais plus que tendre vers le classicisme, gagnerait, pour moi, à élider tout "e" muet...sauf raison majeure ! Et vu tes capacités littéraires, ça devrait t'être relativement facile !
d'autre part, je ne rencontre pas, dans mes dictionnaires habituels, cette orthographe du mot "wivre" que, comme Marcel Aymé, j'écris "Vouivre", où as-tu trouvé ça ?
Amitié,
Salus
Salus · le dimanche 15 mars 2015 à 21:21
louis · le lundi 16 mars 2015 à 01:15
J’ai dit plus haut : « j’ai retrouvé ». Car je connaissais déjà ce mot sous cette orthographe qui peut en avoir plusieurs :wivre, guivre, vuivre, ou encore vouivre. (L’emploi de « wivre » m’affranchit de surcroît des problèmes synéro-diérétiques et, partant, me fait retomber sur mes « pieds »).
A l’origine, je tiens ce mot de la lecture d’un auteur que j’affectionne particulièrement et dont je suppose que tu as déjà remarqué l’intérêt que je lui portais.
Il s’agit de Joris-Karl Huysmans (1848-1907), auteur inclassable au puissant talent d’évocation et à l’écriture d’une richesse inouÏe au plan lexical.
J’ai lu quasiment toute son œuvre et parfois certains ouvrages 3 ou 4 fois.
Je te recommande notamment « Là-Bas » et « A Rebours », incontournables.
Je serais fort étonné que cet auteur te laisse indifférent.
Amitié
Micheline 1940 · le lundi 16 mars 2015 à 08:01
Bien amicalement,
M.
Salus · le lundi 16 mars 2015 à 13:22
Je connaissait "Guivre", je l'ai utilisé, pour ses connotations moyenâgeuses,
mais pas les autres !
La multiplicité des orthographes ne m'étonne pas, vu la charge évocatrice du mots, et l'histoire qu'on peut lui supposer...
..."synéro-diérétiques", tu exagères ! d'autant que si "guivre" se prononce en synérèse, il en sera de même pour "Vouivre" et tous les dérivés, ça ne change rien à ton tempo.
Quand à Joris-Karl Huysmans, et bien, j'essayerais de m'en rappeler, tu as fini par aiguiser ma curiosité !
Salut et cordialité,
Salus
Salus · le lundi 16 mars 2015 à 13:27
-Je connaissais
- du mot
(et peut-être, je vois pas tout !)
domidom · le lundi 16 mars 2015 à 14:02
De plus, il m'a rappelé une certaine chanson, bien lointaine, dont j'ai oublié et l'auteur et le titre, je ne me souviens que de ce vers....;
(Les Volubilis en cache l'entrée), J'ai plus la mélodie en tête que les paroles...
Les Volubilis sont des fleurs grimpantes superbes, elles s'accrochent, s'enroulent, elles rampent comme une femme amoureuse....
Étrange comparaison me diras-tu...
Mais sur l'instant, c'est la vision qu'elles m'inspirent....
J'ai adoré te lire...
Amitié, DomiE...
louis · le mardi 17 mars 2015 à 19:21
Merci à mes commentateurs et commentatrices pour la visite.
Salus: Concernant Huysmans, tu as tout sur le net. Quant au mot "wivre" sous cette orthographe, c'est bien de cet auteur que je le tiens, mais je ne sais plus dans quel bouquin, où les archaÏsmes sont nombreux.
louis · le mercredi 18 mars 2015 à 19:38
Huysmans, La Cathédrale, chap XIV, p 423
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE° · le vendredi 27 mars 2015 à 10:30
Bien que le volubilis soit une fleur que l'on voit couramment de par chez nous, elle a une origine lointaine, et se trouve en Asie notamment. Tout cela pour te dire qu'avec ton poème, l'on se trouve dans une ambiance de la lointaine Asie, faite de couleurs, de senteurs et d'odeurs. Ah, et puis l'évocation dans ton commentaire du Grand Huysmans ! Ah, nous sommes comblés, Richard. Bonne continuation mon ami. Bien à toi. Philip.
louis · le samedi 28 mars 2015 à 09:35
A bientôt de te lire. Amitiés.
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