Du côté sombre

DU CÔTÉ SOMBRE
Je t’écris du côté sombre,
Du versant toujours caché,
Pour soulever le pan d’ombre
Qui te voile un noir rocher.
De ma main timide et gauche
J’aimerais tout avouer,
Tracer ici une ébauche
De mes espoirs échoués.
Les oiseaux de mes nuits blanches
Ont des cris de liberté
Suspendus aux frêles branches
Gardées en captivité.
La détresse sous mes ongles
Pleure comme un peuplier
Et mes cauchemars gris jonglent
Avec des mots prisonniers.
Si, au ciel, l’orage gronde
Les pleurs vont me déchirer,
La colère de ce monde
Nous fera un jour sombrer.
Je te l’écris sans mensonge,
Si tu veux bien m’écouter,
Tout au fond, la peur me ronge…
Trop faible pour la dompter.
Je gémis dès que j’y pense,
Car j’entends le vent souffler
Sur le toit de l’espérance
Entouré de barbelés.
Qui de nous sait la limite
Du venin écervelé,
De ce poison illicite
Qu’on nous force à avaler ?
Il n’est plus aucun contrôle
À la guerre des libertés,
Chacun croit que c’est son rôle
De déjouer la vérité
Car la pire des famines
Est celle de n’écouter
Les peuples qu’on assassine
Au nom de l’égalité.
De nos jours, le sang des roses
Entache le verbe aimer
Et la tiédeur ankylose
Ses pétales parfumés
Je le cris, mais en silence,
Pour ne pas me réveiller…
Dors, dors, dors, et recommence
À hurler sur le papier.
Lucille
Écrit en 2005, après avoir entendu la magnifique chanson de Danielle Masse:
De la main gauche
https://youtube.com/watch?v=hbuU9ni6yHs&si=Xo-GKSWDKiSd-H3e
Je t’écris du côté sombre,
Du versant toujours caché,
Pour soulever le pan d’ombre
Qui te voile un noir rocher.
De ma main timide et gauche
J’aimerais tout avouer,
Tracer ici une ébauche
De mes espoirs échoués.
Les oiseaux de mes nuits blanches
Ont des cris de liberté
Suspendus aux frêles branches
Gardées en captivité.
La détresse sous mes ongles
Pleure comme un peuplier
Et mes cauchemars gris jonglent
Avec des mots prisonniers.
Si, au ciel, l’orage gronde
Les pleurs vont me déchirer,
La colère de ce monde
Nous fera un jour sombrer.
Je te l’écris sans mensonge,
Si tu veux bien m’écouter,
Tout au fond, la peur me ronge…
Trop faible pour la dompter.
Je gémis dès que j’y pense,
Car j’entends le vent souffler
Sur le toit de l’espérance
Entouré de barbelés.
Qui de nous sait la limite
Du venin écervelé,
De ce poison illicite
Qu’on nous force à avaler ?
Il n’est plus aucun contrôle
À la guerre des libertés,
Chacun croit que c’est son rôle
De déjouer la vérité
Car la pire des famines
Est celle de n’écouter
Les peuples qu’on assassine
Au nom de l’égalité.
De nos jours, le sang des roses
Entache le verbe aimer
Et la tiédeur ankylose
Ses pétales parfumés
Je le cris, mais en silence,
Pour ne pas me réveiller…
Dors, dors, dors, et recommence
À hurler sur le papier.
Lucille
Écrit en 2005, après avoir entendu la magnifique chanson de Danielle Masse:
De la main gauche
https://youtube.com/watch?v=hbuU9ni6yHs&si=Xo-GKSWDKiSd-H3e
4 commentaires
imparfaitlibre · le lundi 8 avril 2024 à 10:38
J'ai écouté cette chanson tout à l'heure en allant lire tes réponses et d'ailleurs j'ai copié-collé les paroles dans ma réponse.
Ton poème nous renvoie à cette chanson et c'est vrai que tes mots et ceux de Danielle Masse ont cette similitude qui touche en plein coeur celui ou celle dont l'existence peut sembler tellement différente de celle des autres.
Merci Lucille pour ta confession qui correspond à la pudeur de ton "si j'étais".
Belle journée à vous deux
Bises Lucille
Macha · le lundi 8 avril 2024 à 18:11
Très belle poésie.... je t"écris et écoute la chanson.... elle me touche énormément... pudeur et souffrance...cette chanson me prend aux tripes.... merci du partage ...je t'embrasse amicalment ....macha...
merci d'être là....
Rachelle · le mardi 9 avril 2024 à 00:38
lucille · le mercredi 10 avril 2024 à 01:54
Merci pour votre visite et pour votre appréciation. Ça me touche beaucoup. A bientôt!
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