dix-huit heures ( de la série "mort sous X"
Dix-huit heures
Il est dix huit heures, il fait déjà nuit.
Les ombres sont mortes avec le jour.
La lumière s’allume derrière les huis.
La lune se lève et me dit bonjour.
Les étoiles apparaissent une à une.
La rousse automne frissonne.
Une fille de joie, sur le pavé, fume.
Sur le tapis, le chat ronronne.
Une petite vieille mange sa tranche de jambon
A la table de la famille dispersée.
Elle rêve de mourir pour rejoindre son cher Léon
Et d’en finir de ses douleurs et ses joies oubliées.
Sur le Pont Neuf un homme se penche.
Il regarde, de la Seine, les eaux noires.
Il sait qu’il ne verra pas le soleil dimanche
« Quand on se noie, commence-t-on par boire ? »
Un cœur s’arrête en salle à "Trousseau"
Massage, réanimation, le petit corps est mort.
Sur l’oscilloscope, s’est éteint le faisceau.
Le Patron dit, « préparez-le » et sort.
Le «bistro» est content. C’est jour de paie.
Le pastis coule à flots, tandis que la femme attend
Se résignant à ne pas foutre le camp, quand il bégaye,
Et la cogne, à cause des allocs et des enfants.
Il est dix huit heures, il fait déjà nuit.
Les ombres sont mortes avec le jour.
La lumière s’allume derrière les huis.
La lune se lève et me dit bonjour.
Il est dix huit heures, il fait déjà nuit.
Les ombres sont mortes avec le jour.
La lumière s’allume derrière les huis.
La lune se lève et me dit bonjour.
Les étoiles apparaissent une à une.
La rousse automne frissonne.
Une fille de joie, sur le pavé, fume.
Sur le tapis, le chat ronronne.
Une petite vieille mange sa tranche de jambon
A la table de la famille dispersée.
Elle rêve de mourir pour rejoindre son cher Léon
Et d’en finir de ses douleurs et ses joies oubliées.
Sur le Pont Neuf un homme se penche.
Il regarde, de la Seine, les eaux noires.
Il sait qu’il ne verra pas le soleil dimanche
« Quand on se noie, commence-t-on par boire ? »
Un cœur s’arrête en salle à "Trousseau"
Massage, réanimation, le petit corps est mort.
Sur l’oscilloscope, s’est éteint le faisceau.
Le Patron dit, « préparez-le » et sort.
Le «bistro» est content. C’est jour de paie.
Le pastis coule à flots, tandis que la femme attend
Se résignant à ne pas foutre le camp, quand il bégaye,
Et la cogne, à cause des allocs et des enfants.
Il est dix huit heures, il fait déjà nuit.
Les ombres sont mortes avec le jour.
La lumière s’allume derrière les huis.
La lune se lève et me dit bonjour.
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