ce que tu n'entendras pas
Ce que tu n’entendras pas
Mais madame, il est mort dans la dignité.
Il est mort dans la misère, c’est la vie...
Elle est morte en odeur de sainteté.
On peut dire qu’il a eu une belle mort,
Y v’nait juste de tirer.
T’as vu le pognon qu’il laisse !
En fait, il n’a pas souffert.
Regarde, on dirait qu’il sourit.
Ce vieux con nous a laissé que des dettes.
On est bien peu de chose, pas vrai ?
C’est un soulagement pour sa femme,
La pauvre n’en pouvait plus à la fin.
Elle a dit que le service de table était pour moi !
La tisane et les clopes ça ne pardonne pas.
C’était, malgré tout, un brave homme
Bien sûr qu’il la trompait,
Mais allez savoir, il avait p’êt’e des raisons,
La boulangère m’a dit...
J’me d’mande s’il n’était pas franc-maçon.
Ça ne m’étonnerait pas à l’entendre causer d’la religion.
Y d’vraient interdire l’alcool dans les boîtes de nuit,
Vous vous rendez compte, y n’avait pas encore vingt ans.
A cet âge la, on peut dire qu’il a bien vécu.
Et dire qu’elle se faisait une joie d’avoir un enfant.
Ses obsèques devraient être sponsorisées par Ricard,
Vu ce qu’il s’enfilait comme jaunes !
T’as vu l’état de la bagnole,
Putain j’ne voudrais pas voir la gueule du mec.
Y parait qu’il s’est pendu parc’qu’elle s’est barrée.
Monsieur X , on a tout fait, soyez courageux.
Pour être incinéré, y d’vait être coco;
Penses-tu, il a envoyé ses gosses dans l’privé.
A viv’ comme y vivait, ça m’étonne pas.
Sûr, qu’il traficotait un peu, mais d’la à se faire flinguer.
A la fin, plus personne n’allait le voir,
C’est bien triste.
Ça leur faisait quand même trop de route.
C’est vrai qu’on l’voyait plus passer,
On l’a r’trouvé étendu sur son lit,
Les gendarmes on dit qu’ce n’était pas beau à voir,
Pensez donc, un mois et par cette chaleur.
Il a laissé une lettre,
Mais monsieur l’maire n’a pas voulu nous dire
Ce qu’il avait écrit.
C’est toujours les meilleurs qui s’en vont.
Il est mort du SIDA ?
J’ne savais pas qu’il était pédé.
Ah ! Il n’était pas pédé ?
Il se droguait, alors ?
Non, transfusé seulement.
Là où il est il emmerdera plus personne.
Mais madame, il est mort dans la dignité.
Il est mort dans la misère, c’est la vie...
Elle est morte en odeur de sainteté.
On peut dire qu’il a eu une belle mort,
Y v’nait juste de tirer.
T’as vu le pognon qu’il laisse !
En fait, il n’a pas souffert.
Regarde, on dirait qu’il sourit.
Ce vieux con nous a laissé que des dettes.
On est bien peu de chose, pas vrai ?
C’est un soulagement pour sa femme,
La pauvre n’en pouvait plus à la fin.
Elle a dit que le service de table était pour moi !
La tisane et les clopes ça ne pardonne pas.
C’était, malgré tout, un brave homme
Bien sûr qu’il la trompait,
Mais allez savoir, il avait p’êt’e des raisons,
La boulangère m’a dit...
J’me d’mande s’il n’était pas franc-maçon.
Ça ne m’étonnerait pas à l’entendre causer d’la religion.
Y d’vraient interdire l’alcool dans les boîtes de nuit,
Vous vous rendez compte, y n’avait pas encore vingt ans.
A cet âge la, on peut dire qu’il a bien vécu.
Et dire qu’elle se faisait une joie d’avoir un enfant.
Ses obsèques devraient être sponsorisées par Ricard,
Vu ce qu’il s’enfilait comme jaunes !
T’as vu l’état de la bagnole,
Putain j’ne voudrais pas voir la gueule du mec.
Y parait qu’il s’est pendu parc’qu’elle s’est barrée.
Monsieur X , on a tout fait, soyez courageux.
Pour être incinéré, y d’vait être coco;
Penses-tu, il a envoyé ses gosses dans l’privé.
A viv’ comme y vivait, ça m’étonne pas.
Sûr, qu’il traficotait un peu, mais d’la à se faire flinguer.
A la fin, plus personne n’allait le voir,
C’est bien triste.
Ça leur faisait quand même trop de route.
C’est vrai qu’on l’voyait plus passer,
On l’a r’trouvé étendu sur son lit,
Les gendarmes on dit qu’ce n’était pas beau à voir,
Pensez donc, un mois et par cette chaleur.
Il a laissé une lettre,
Mais monsieur l’maire n’a pas voulu nous dire
Ce qu’il avait écrit.
C’est toujours les meilleurs qui s’en vont.
Il est mort du SIDA ?
J’ne savais pas qu’il était pédé.
Ah ! Il n’était pas pédé ?
Il se droguait, alors ?
Non, transfusé seulement.
Là où il est il emmerdera plus personne.
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5 commentaires
Michel (Signes de Vie) · le samedi 9 février 2013 à 11:25
http://www.mespoemes.net/signesdevie
Didou · le samedi 9 février 2013 à 12:37
domidom · le samedi 9 février 2013 à 22:42
Amitiés....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
domidom · le samedi 9 février 2013 à 22:45
Amitiés....Domie...
José · le dimanche 10 février 2013 à 07:28
Il y a un côté très choquant (et l'accumulation des réflexions dans le poème le souligne) parce que très déplacé, de s'autoriser de tels propos ou de telles pensées à la mort de quelqu'un...
La pudeur et le respect devraient primer!
Amitiés.
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